02/01/2009
Mini, avec E pour Electric
Le groupe BMW met 500 Mini électriques en location longue durée aux Etats-Unis. Le but est de valider le principe par un test à grande échelle, en usage quotidien. Nous l’avons essayée. Chut. Silence, elle roule !
Reportage exclusif à Munich: Dominique Simonet
BANLIEUE DE MUNICH, SUD DE L’ALLEMAGNE, par une froide après-midi de décembre. Dans le hall tout nickel à l’enseigne de BMW, une automobile Mini nous attend. On ouvre la portière, s’assied devant le volant, place le contacteur à l’endroit dédié et pousse sur le bouton “Start”. Rien ne se passe. Ça commence fort, cette affaire. Et pourtant, elle tourne ! Pas un bruit, pas une vibration, pas une odeur d’échappement, et pour cause : sous le capot, le moteur fonctionne à l’électricité. Nous sommes dans une Mini E, véhicule alimenté par un ensemble de batteries lithium-ion, dont l’état de charge, en pourcentage de capacité, est indiqué sur un grand cadran, devant le nez du conducteur.
Pour l’heure, Mini E (Minnie...) est produite en toute petite série, car le modèle est destiné à un test de grande ampleur : courant 2009, deux cents exemplaires de la Mini E seront mis en service aux Etats-Unis, dans les Etats pilotes de Californie, de New York et du New Jersey tout proche. Pourquoi là-bas ? Parce que les Etats-Unis sont le premier marché de la Mini, contrairement à ce que l’on pourrait penser puisque le véhicule originel, l’Austin-Morris Mini, n’y a pas d’histoire. Aucune nostalgie n’intervient donc dans l’acte d’achat d’un consommateur américain commençant à changer d’attitude par rapport à l’automobile. Le client parfait pour ce véhicule à usage urbain et périurbain, fourni avec un boîtier d’alimentation à placer dans son garage et qui permet de faire le plein des batteries en 2h30. Pas de point de charge à proximité ? Une simple prise électrique fera l’affaire, mais ça prendra la nuit pour charger à fond.
Aux Etats-Unis, la Mini E sera mise en location pour un an, à 850 dollars par mois, contrôles, entretiens et réparations d’usure compris. Le plein d’électricité coûte environ 2 dollars, pour une autonomie d’environ 200 km. Outre un savoir-faire, BMW espère tirer de cette utilisation quotidienne des enseignements susceptibles de mener à la production d’un véhicule de série viable.
En route pour l’avenir, donc. Le véhicule se met en mouvement dans un silence impressionnant. Une fois dans la circulation, un petit sifflement se fait entendre, en fonction de l’accélération, et sinon, le bruit ne vient que des pneumatiques et de l’aérodynamique. A côté de ça, qu’est-ce que les autres voitures font comme potin, et les camions qui, circonstance aggravante, crachent leur gros panache de fumée noire gorgée de particules fines. Dès lors, on se prend à rêver : rouler zéro bruit, zéro émission polluante. D’autant que le présent véhicule affiche des performances non négligeables, avec une puissance et un couple conférant un vrai plaisir de conduire : après un petit creux en début de course du pédalier, l’accélération est franche, nette, au point d’engendrer, sur ces routes hivernales grasses, des pertes de motricité du train avant.
Mais attention, on est en zone semi-urbaine et, tout près, ces braves Munichois de banlieue ne nous ont rien fait, alors pas question de déconner avec une voiture que le passant, piéton, cycliste, motard, n’entend pas venir. Un ingénieur de la marque rigole : “Je dis toujours : c’est une Mini, alors ouvrez les fenêtres et mettez la musique à fond la caisse !” Certes, mais quand il s’agira de produire une auto en grande série, la question du bruit et de la sécurité ne sera pas éludable. Quant à notre Mini, avec sa décoration spéciale “E”, elle ne passe par bonheur pas inaperçue...
Le road-book enjoint de tourner à droite et prendre la B304, direction Dachau. OK. Un panneau rouge propose un “Christbaum aus Bayern”, un arbre de Noël bavarois, c’est de saison. La voiture se faufile, et surprend par son freinage : caractéristique d’un moteur électrique, il suffit de lever le pied de la pédale d’accélération pour ralentir. En zone urbaine, quasi pas besoin d’utiliser les freins, le moteur ralentit efficacement la voiture jusqu’à 5 km/h. En deçà, les freins s’imposent.
À côté de l’atmosphère, le style de conduite d’un tel véhicule, 100 pc électrique, est donc très différent. Mais on s’y habitue vite au point que, quand il s’agit de le rendre au bout d’un circuit de 39 km, le regret pointe. Quoi, il va falloir monter dans une bagnole assourdissante roulant au carburant fossile ? C’est pas complètement dépassé, ce truc ?
12:38 Publié dans Routes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la libre, momento, routes, mini, electric




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