24/01/2009
Les territoires étendus de Tolkien
“Le Seigneur des Anneaux” revient à la faveur d’un jeu d’action saupoudré de réflexion. Adapté de très longue date, ce phénomène heroic fantasy est loin d’être mort.
Saga: Michi-Hiro Tamaï
CINQ ANS APRÈS LE DERNIER VOLET cinématographique de la trilogie du “Seigneur des Anneaux”, la colossale adaptation littéraire de Tolkien par Peter Jackson continue à enfanter de nouveaux projets vidéoludiques. Un cas d’école en matière de jeu vidéo. Il faut dire que la densité de l’univers heroic fantasy de l’auteur britannique se prête à merveille à l’exercice du joystick. Et qu’on peut l’étendre à travers des plongées a priori infinies dans des microcosmes de la saga. A l’image de ce que représente Bilbo le Hobbit face à la trilogie.
Action vue à la troisième personne, stratégie en temps réel, jeu de rôle en ligne massivement multi joueurs, jeu de rôle en solo…, “Le Seigneur des Anneaux” décline ses approches pixélisées au fil de productions aux gameplays pluriels. Une démarche opportuniste de la part d’Electronic Arts (principal détenteur des droits d’adaptation vidéoludique de l’œuvre), mais vue d’un bon œil par les fans grâce à la qualité globale des jeux qui, à défaut d’être brillante, est satisfaisante. Ce qui est assez rare au rayon des adaptations de films en jeux vidéo.
L’univers du “Seigneur des Anneaux” en jeux vidéo, c’est donc une quarantaine de titres qui ruissellent depuis les années 80, donc bien avant les films. Pour faire court, on retiendra que l’univers de Tolkien a été abordé depuis plusieurs points de vue ces dernières années. Le plus évident pour le béotien étant celui de l’action à la troisième personne, ou beat them all. Après une trilogie embrassant ce leitmotiv sur PS2, GameCube et Xbox, les consoles PS3, Xbox 360, Nintendo DS et PC accueillent ce mois-ci “Le Seigneur des Anneaux : L’Age des Conquêtes”.
Ici, le concept beat them all s’anoblit et se voit couronner d’une dose de tactique stratégique. En lieu et place de se rendre d’un point A vers un point B en martelant la manette plus ou moins savamment pour croiser le fer contre des orcs barrant le passage, le joueur se retrouve au beau milieu d’un champ de bataille assez ouvert où les objectifs varient sans jamais se ressembler. Repousser une attaque ennemie, abattre des tours, retrouver un traître, la diversité du gameplay réjouit. Le choix des méthodes pour réussir ces missions – parfois trop librement inspirées de l’univers de Tolkien – varie également. Archer, magicien, soldat, voleur, héros (des figures connues de la saga), à chacun son approche et ses bottes secrètes. Une approche hétéroclite plaisante mais entachée par une réalisation graphique bâclée, une voix off cheap (qui jure avec les vrais extraits de film) et des combats confus, la faute à des mouvements de caméras obligatoirement manuels et limités. Les allergiques à la 3D renâcleront.
Honnête sans être bouleversant, “L’Age des Conquêtes” risque de ne pas faire le poids face à d’autres approches vidéoludiques autrement plus fines du “Seigneur des Anneaux”. Pour les adeptes de stratégie en temps réel, “La Bataille pour la Terre du Milieu II” (sorti en 2006) se pose en indispensable. Le séminal “Age of Empire”, revu en quelque sorte par Tolkien. Si le Gondor semble être le territoire gardé d’Electronic Arts, on notera enfin que, en matière MMORPG (jeu de rôle en ligne massivement multi joueurs façon “Wolrld Of Warcraft”) sur PC, Codemaster occupe le haut du panier. L’éditeur sortait en décembre dernier “Les Mines de la Moria”, extension du très immersif “Seigneur des Anneaux Online : Les Ombres d’Angmar”. Un titre qui fait accéder Tolkien au rang de premier auteur à disposer d’un monde virtuel peuplé en permanence de vrais protagonistes.
Le Seigneur des Anneaux : L’Age des Conquêtes / PlayStation 3, Xbox 360, Nintendo DS et PC / 16 + / Electronic Arts – Pandemic Studio.
15:16 Publié dans Pixels | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la libre, momento, pixels, jeu vidéo, seigneur des anneaux, l'âge des conquêtes




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