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22/02/2009

L'étoile rousse de Berlin

TildaReuters.jpgDécryptage de tapis rouge lors de la Berlinale. Tilda Swinton en présidente et égérie.

Alain Lorfèvre, à Berlin


AVEC TILDA SWINTON PRÉSIDENTE du jury, Dieter Kosslick, directeur du Festival du Film de Berlin, était gagnant sur tous les tableaux. L’ex-égérie de Derek Jarman est applaudie autant dans le cinéma d’auteur que dans le cinéma commercial. Star top-crédibilité, la diplômée de Cambridge en sciences politiques et sociales en a aussi dans la tête, notamment une conscience politique aiguë qui, à Berlin, rime avec culture. L’ancienne sprinteuse de l’école pour jeunes filles de West Heath (où elle partagea les bancs avec une certaine Diana Spencer), a gardé un sens farouche de la liberté. Enfin, Katherine Mathilde Swinton, de son vrai nom, est aussi un spectacle en soi. La rousse diaphane, aux traits androgynes, évoqua, certains soirs, un avatar du David Bowie mythique de la période berlinoise : même coupe ras du cou avec frange ramenée en arrière.

TildaReuters2.jpgPas de low profile, cependant, pour la muse des stylistes amstellodamois Viktor&Rolf. Chaque projection officielle transforma le tapis rouge du Berlinale Palast en catwalk, Madame la Présidente rivalisant d’élégance et d’originalité avec les vedettes d’un soir.

Les courants d’air de la Marlene-Dietrich Strasse, les fantômes du Mur du Berlin, dont les rues avoisinantes épousent l’ancien tracé, inspirèrent peut-être sa préférence pour les attributs martiaux : capote grise, casquette de Feldgrau, chapka d’apparatchik. A moins qu’il ne s’agisse que de quelques réminiscences de ses amours communistes de jeunesse.

Mais bon sang ne saurait mentir. Lorsqu’on est doté d’un arbre généalogique dont les racines remontent au IXe siècle, et qu’on est la fille de sir John Swinton, 7e lord de Kimmerghame et major-général de Sa Majesté, on est doté d’un tel sens inné du maintien, qu’un simple sac suffirait à vous métamorphoser en reine des glaces. N’en déplaise à Cate, Renée, Michelle, Alexandra et les autres, l’étoile (rousse) de la 59e Berlinale, c’était Tilda.

 

LE LOOK DE MADAME LA PRESIDENTE

TildaEPA2.jpgAu cours de la Berlinale, Tilda Swinton aura marqué un grand décalage vestimentaire avec les autres figures féminines présentes auprès d’elle. Comme pour souligner son rôle de présidente du jury, on l’aura vu porter des toilettes élégantes, aux lignes strictes ou au drapé étudié, comme pour ajouter à sa stature hiératique. Loin des fanfreluches et robes satinées, souvent d’actualité lors de ces balades mondaines sur tapis rouge, Tilda a su imposer un style décalé. Toutes ses tenues n’ont d’ailleurs pas créé le même engouement – sa robe à plis gris souris, signée Balenciaga, a laissé notre avis incertain sur l’utilité de certaines tenues à passer d’un podium de couturier à un tapis rouge ultraphotographié. On salue cependant le risque vestimentaire qu’a pris Madame la Présidente pour donner une image d’elle-même un peu plus pointue qu’un simple portrait du glamour. (A.V)

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