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08/03/2009

Chapeau, le chapeau

Chapeau.jpgÀ l’occasion de l’exposition “Hats, an Anthology”, le Victoria Albert Museum de Londres a laissé libre court au modiste Stephen Jones.

Expédition couvre-chefs: Aurore Vaucelle, à Londres


LE MONDE SE DIVISE EN DEUX catégories, ceux dont on dit qu’ils ont une tête à chapeaux et les autres; ce second groupe, qui, dès lors qu’il faut porter un couvre-chef, se sent complètement oublié par la création. Prenons une casquette. Basique, jeune, sportswear : tout le monde rêve de porter une casquette, n’est ce pas ? Eh bien, là encore l’inégalité entre les êtres fait des siennes. Il y aura toujours en effet deux camps, celui des rappeurs et des joueurs de polo, qui l’arborent avec classe et/ou nonchalance. L’autre camp se compose essentiellement de ceux qui, sous la visière, se trouvent soudain un air de ressemblance avec Forest Gump… Et il en va ainsi pour tous les types de galures, du bob à la capeline, en passant par le stetson. Essayer, par exemple, de porter avec élégance une capeline à la Cecil Beaton est de l’ordre de la gageure. Hormis Audrey Hepburn, dans “My fair Lady” pardi. Certaines formes demeurent plus avantageuses que d’autres, et à ce jeu-là, le bob est perdant : sa mollesse, n’embellit pas les faciès.

C’est sur ce sujet aussi dense qu’incongru que l’exposition du Victoria&Albert de Londres brode une belle anthologie, menée par le modiste le plus couru de notre époque Stephen Jones. Complice de la griffe “Comme des garçons”, ou de John Galliano, il apporte son tribut à la mode actuelle, mais c’est sans se départir d’un regard sur l’histoire du costume. Chez Dior Haute Couture, en 2004, il fait défiler non plus un chapeau mais un masque – l’origine du couvre-chef ? –, image saisissante d’un profil d’Anubis sur un ensemble de croco (du Nil ?), signé Galliano.

Si le monde de la création a largement exprimé sa fantaisie à travers le chapeau – le Wash and Go de Stephen Jones, le chapeau Spirale signé Vuitton ou encore les coiffes déjantées du modiste Shilling – l’expo rappelle, à juste titre, que le chapeau illustre un comportement social. On verra tour à tour le calot porté par Carla, lors de son premier voyage de Première Dame et dont on fit tant état ou le bonnet de nuit, précieusement préservé, d’une Reine Tudor des temps passés.

Une dernière anecdote rapportée par l’expo : la reine Elisabeth II ne porte que des chapeaux “made in England”, exception faite lors de ses balades au pavillon de chasse, où elle s’autorise un carré Hermès. Que conclure de cet exemple royal ? Qu’au-delà de la symbolique que cet élément de distinction véhicule (il trône, comme la couronne), le chapeau ne concerne pas seulement les “fashion people” !

Jusqu’au 10 mai 2009 au V&A Entrée 5 £. Infos sur www.vam.ac.uk

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