Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/09/2009

Sauce Andalousie

seville.jpgCroisière à la découverte des charmes de l’Andalousie. Attention aux clichés.

Au fil de l'eau: Christophe Blaivie


VOUS SAVEZ, VOUS, POURQUOI c’est souvent kitsch une croisière ? C’est bien simple, depuis l’époque de “La Croisière s’amuse” et de son commandant Merryl Stubbing, rien n’a changé : des salons – certes confortables – d’une couleur verte pisseuse, de la moquette criarde, des dorures, des vitrines aux souvenirs… Ne parlons même pas des uniformes d’opérette de l’équipage. Bref, notre bateau, la “Belle de Cadix” – construit en Belgique et aménagé dans l’est de la France –, ne fait pas exception à la règle. Pour ne rien arranger, il est neuf, quatre ans, mais fait vieux dans son design. Est-ce parce que les publics cibles de CroisiEurope sont les seniors et les “seniors plus” que l’on ne pourrait pas faire montre d’un peu de contemporanéité ? N’osons même pas parler d’originalité. Ou alors, peut-être, est-ce pour rassurer les croisiéristes, leur dire sublinalement : “Vous êtes chez vous”, tout en espérant que ce soit mieux chez eux ?

Le gros avantage de la croisière, c’est que c’est l’hôtel qui bouge. De ce point de vue, la “Belle de Cadix” est un bateau à taille humaine (environ 150 passagers), si bien que l’on ne se marche pas sur les pieds, du restaurant (excellente cuisine manquant peut-être d’accents locaux) au pont-terrasse, en passant par le bar, endroit stratégique s’il en est pour faire connaissance. L’équipage est avenant. Les gradés sont Européens et le – petit – personnel de bord est Philippin. N’y voyez, paraît-il, rien de douteux, l’archipel est réputé pour son personnel naviguant par ailleurs serviable et efficace en diable lors de notre périple andalou.

Si la qualité de l’embarcation fait partie intégrante de la croisière, elle ne doit pas occulter le but premier : découvrir les charmes de l’Andalousie. Cette région ne manque pas d’atouts ni d’atours, à commencer par Séville (c’est par là que débute et se termine le voyage). Riche de son passé, mais résolument tournée vers l’avenir (boutiques de luxe, transports en commun, vélib’s,…), la quatrième ville d’Espagne séduira à la fois les amateurs de vieilles pierres et les adeptes de la vie nocturne, qui sont parfois les mêmes. Vu la chaleur ambiante, il est préférable d’adapter son rythme de vie en acceptant la sieste de l’après-midi pour mieux repousser les limites du sommeil une fois que la température se fait décente. La place d’Espagne, les jardins de l’Alcazar, la Giralda, le quartier Santa Cruz,… autant de lieux chargés des nombreuses influences dont la Cité s’est nourrie au fil des siècles. Une escale à savourer.

Amarrée aux rives du Guadalquivir, la “Belle de Cadix” s’ébroue enfin. Proue effilée, le bateau est de type fluvio-maritime. Disposant d’un fond plat, il ne peut pas s’aventurer au large, mais est apte à caboter à condition que la mer ne soit pas trop formée. Après une rapide descente du grand fleuve et ses typiques barques de pêche, l’océan apporte son air vivifiant. Si le pont-soleil vous dit ?

Les escales suivantes se nomment Cadix, Alcoutim (petit village portugais lové sur le Guadiana), Vila Real, Sanlucar de Barrameda, El Puerto santa Maria et retour à Séville.

C’est un rapide raccourci de la croisière, parce qu’à notre sens, il n’y a pas grand-chose à en dire. Un élevage de taureaux; un spectacle équestre; la visite d’une cave à vin; Gibraltar, son rocher, ses singes et ses “free taxes”; quelques belles pierres en prime… cela fait un peu cliché et nous aurions aimé sortir un peu des sentiers battus et rebattus. A vrai dire, nous avons surtout été séduits par les grosses agglomérations que sont Séville et Cordoue. Une étape pouvait être programmée à Tanger, mais fut annulée faute de participants. Les guides rencontrés au gré de ces excursions étaient passionnés, passionnants et patients. Pas toujours facile de gérer un groupe où la mobilité et les attentes des uns ne sont pas celles des autres.

Cela dit, les excursions sont toutes “à la carte”. Le croisiériste peut “simplement” profiter du soleil et du confort qu’offre la “Belle de Cadix” pour bouquiner ou barboter dans la petite piscine. Le soir, les animations du bord sont sympathiques et bien rythmées par un personnel toujours monté sur ressorts.

La croisière, c’est un mode de vacances, et à ce petit jeu, il y a les mordus. CroisiEurope et sa flotte de 25 bateaux ont leurs aficionados, une cinquantaine de voyages au compteur pour les plus “capés”. Les tarifs sont doux, le croisiériste n’est pas qu’un numéro. Ce n’est déjà pas si mal.

 

TESTE POUR VOUS

Vélib'. C’est à la mode dans les villes. C’est a priori une belle invention, mais quand les utilisateurs n’ont pas un minimum de respect pour le matériel, cela devient vite galère. A Séville, nous avions besoins de 5 vélib’s. Outre les démarches administratives pour s’inscrire (150 euros de caution), il nous a fallu tester une douzaine de vélos pour en dénicher cinq plus ou moins corrects. Pneus dégonflés ou fuités, roues en “huit”, selles arrachées, etc. Une fois en route, c’est le bonheur, d’autant que Séville, c’est plutôt Amsterdam que l’Alpe d’Huez. Marre de pédaler ? Il y a toujours une terrasse pour vous accueillir. Pas de borne pour fixer le vélo et arrêter le compteur (50 cents de l’heure, c’est pas ruineux), un poteau de signalisation fera l’affaire, le cadenas, c’est pas fait pour les chiens… mais sans doute pour les pigeons. Bref, après deux cerveza, le coup de clé dans le cadenas fut fatal (voir plus haut). Que faire ? Il est tard, le n° d’urgence proposé ne répond pas. Et quand bien même… Laisser le vélo et perdre 150 euros de caution, pas question. Ne reste plus que la méthode forte. M. J.-C. Decaux, ne lisez pas la suite : après quelques torsions, il est aisé de casser le point de fixation en fer du “panier à salades” situé à l’avant de l’engin. Le vélo roule, mais le point de fixation à la borne (indispensable pour récupérer la caution) est entravé par le cadenas proprement dit. C’est du solide, et à part avec une scie à métaux… Bref, la nuit porte conseil, ramenons le vélib’ sur le bateau (il ne manquerait plus qu’on nous le fauche). Lever tôt, voilà l’homme providentiel : Yves, le capitaine en second. Chauve, tatoué, Breton… pas besoin d’un long discours : “J’ai ce qu’il faut”, assène-t-il. Une pince-monseigneur du feu de Dieu. Le cadenas rend l’âme, le vélib’ est dans un sale état, mais nous pouvons le refixer à une borne et, accessoirement, récupérer notre caution. Pffff.

Les commentaires sont fermés.