13/11/2009
Coups de coeur
Depuis quelques années, le stand “coups de cœur” de la fête des plantes et des jardins à l’abbaye d’Aywiers rassemble une bonne trentaine de plantes de toutes origines et d’allures très variées pour mieux les faire connaître.
Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur
QUELS SONT LES CRITÈRES DE SÉLECTION ? Pourquoi ce tableau d’honneur ? Les oukases de la mode n’y sont pour rien. Nouveautés intéressantes et prometteuses y côtoient vieilles connaissances remises au goût du jour, ou plus simplement encore, plantes qui garantiront au jardin un “bonheur tranquille”. Il n’y a pas de honte à cela.
Rien à voir avec un podium de plantes “trophées” à ne pas mettre entre toutes les mains. En principe, pas de complexions délicates. Sauf exceptions qui confirment la règle. Normal. Si c’est le cas, le visiteur est prévenu des dangers encourus. Valeurs sûres, méconnues ou nouvelles venues sont réunies pour être rendues plus visibles. Un lieu où potins horticoles et papotages profitent à tous, informations et expériences jardinières se croisent, chaque instant est fertile en apprentissage… Ne reste alors qu’à se rendre au stand du pépiniériste pour procéder à l’adoption.
Le stand est un résumé des végétaux disséminés dans l’exposition. Rassemblés là pour aider le visiteur ou pour attirer l’attention sur des plantes que le regard n’aurait fait qu’effleurer. Bien sûr, parmi elles, y aura-t-il inévitablement quelques-unes de ces gloires éphémères comme dans tous box-offices.
Dès l’installation des premiers exposants, la quête commence. A chaque fois, l’automne apporte son lot d’arbres et d’arbustes intéressants. Ainsi, cette année, un Quercus rhysophylla ‘Maya’, un chêne promis à un bel avenir. Pour les connaisseurs, ce n’est pas une nouveauté. Il s’agit d’une sélection rustique remarquable du chêne persistant qui nous vient du Mexique. Il croît rapidement et peut atteindre 15 m. Les feuilles des jeunes pousses sont rouge pourpré. Pas inconnu non plus, le photinia, mais en voici un à croissance modérée. Le Photinia fraseri ‘Little Red Robin’ pour les petits espaces. Son feuillage est persistant, ses jeunes pousses sont d’abord rouge vif, ensuite brun acajou, puis vert comme chez son grand frère. Mais l’arbuste reste compact, 1 m en tous sens. Le Physocarpus opulifolius ‘Diable d’Or’ est un cultivar récent qui se distingue par un magnifique feuillage orange cuivré au débourrage, contrairement à la variété ‘Diabolo’plus terne. Son feuillage est dense et les fleurs blanches sont suivies de fructifications rouges. Il demande une exposition ensoleillée. Plus besoin de présenter les Cornus à écorces colorées. Le Cornus alba ‘Siberian Pearls’ a une écorce rouge clair, un feuillage dense devenant rouge foncé à l’automne et contrastant magnifiquement avec les grappes de fruits blancs. A découvrir. Pour les amateurs de feuillages panachés, un Sambucus nigra ‘Pulverulenta’. Une belle variété éclaboussée de blanc, lumineuse, facile à vivre. A placer à l’ombre. Certaines jeunes pousses peuvent être entièrement blanches.
Pour conclure, deux plantes vivaces. Le Geranium ‘Sweet Heidi’, un géranium vivace, parent du fameux ‘Rozanne’. Il présente les mêmes avantages que ce dernier, mais ses fleurs sont rose lilas et bleues à cœur blanc. Il fleurit pendant une longue période, de l’été à l’automne, au soleil et à mi-ombre, dans un sol pas trop sec. Le feuillage est semi-persistant.
Le Coreopsis ‘Raspberry’ a l’air aussi florifère que son frère ‘Full moon’ planté l’année dernière et qui a survécu à l’hiver bruxellois 2008-2009. Hauteur: 60 à 80 cm. Une profusion de fleurs jaune pâle à cœur rose par dizaines. Une merveille qui demande un sol riche bien drainé et le plein soleil, ainsi qu’une petite protection la première année.
Rendez-vous deux fois par an à la fête des plantes et des jardins de l’abbaye d’Aywiers, à Lasne, pour découvrir le stand “coups de cœur”. Premier week-end de mai et d’octobre.
LES BONS CHOIX
Professionnels et amateurs passionnés sélectionnent plantes et variétés nouvelles selon des critères qui leur sont particuliers. Réussites des uns, échecs cuisants des autres, les expériences se suivent et ne se ressemblent pas. Le plus souvent, l’histoire et son aboutissement varient en fonction des sols et des régions. Les plantes ont des zones où elles sont cultivables sans trop de risques. Ce sont les zones de rusticité. La tentation d’élargir cet espace, où la plante croît naturellement, est quasi irrésistible. Le refrain bien connu “cela vaut le coup d’essayer” et “avec le réchauffement climatique, tout est possible” a encore de beaux jours devant lui. L’hiver 2008-2009 a sonné le glas de bien des tentatives et refroidi bien des enthousiasmes. L’honnêteté oblige à signaler quelques résurrections. Certains ligneux ont rejeté tardivement, faisant des pousses vigoureuses. La question subsidiaire est : “Qu’en restera-t-il après l’hiver ?” Il y a d’heureuses surprises. Le plus souvent inexplicables, et c’est bien cela qui incite à réessayer. Triomphe de l’espérance sur l’expérience !
Ph: MNC&MPV
10:32 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la libre, momento, dehors, coups de coeur, aywiers




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