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03/07/2010

Au gré du vent, en montgolfière

16_13_51_663613299_montgolfiere-15.jpgC’est la saison des montgolfières. Les baptêmes de l’air se déroulent durant tout l’été, un peu partout dans le pays. Ou comment voir des lieux familiers autrement.

Magali Mouthuy


CHÂTEAU DE GRAVENHOF, à Dworp près de Bruxelles… Par cette soirée ensoleillée de juin, Benoît Siméons, le responsable de European Balloon Corporation, donne ses directives de vol à ceux qu’il s’apprête à baptiser par l’air, une bonne quinzaine de personnes. Une toile jonche la grande pelouse du château, le point de départ du voyage.

 “Comme il y a un peu de vent, des passagers vont prendre place dans la nacelle avant le démarrage, pour que le ballon ne bouge pas dans tous les sens.” Trois jeunes volontaires entrent dans la nacelle couchée tandis que Benoît Siméons et ses acolytes gonflent le ballon, d’une contenance de 10 000 mètres cube. Après une dizaine de minutes, le ballon est prêt à s’envoler, on redresse la nacelle, chacun entre dans le petit compartiment qui lui est assigné. En quelques secondes, le château est loin, tout petit. 

La montgolfière file vers Lillois à quelque 26 kilomètres/heure. L’altimètre affiche les 330 mètres. “Plus on est haut, plus les vents sont forts, donc plus on va vite,  explique Benoît Siméons. On a entre 35 et 40 kilomètres de visibilité. Il fait toujours très beau après la pluie car il n’y a pas de pollution.” Il montre aux passagers  : derrière, on aperçoit l’Atomium, et la tour de la RTBF. Là où il y a la fumée, c’est Drogenbos. Puis la tour, là, c’est Sint-Peeters-Leeuw. Les collines par là-bas, c’est La Louvière. 

On se dirige vers le bois de Halle. Le pilote diminue les gaz pour faire redescendre le ballon. La nacelle, à 50 mètres du sol, semble glisser silencieusement sur la cime des arbres. Etrangement, on a l’impression d’aller très vite. “C’est parce qu’on est plus bas.” “La montgolfière est un des seuls moyens volants, avec le parapente, de visiter cette forêt de près et dans le calme.”

 “On ira entre Nivelles et Lillois”, prévoit Benoît Siméons, s’appuyant sur les données météorologiques. “C’est le vent et uniquement le vent qui décide.” Impossible donc de savoir où se posera la montgolfière. “70% des vols se font en été. Quand il y a énormément de vent, ce sont les conditions les plus difficiles. Les atterrissages sont beaucoup trop brusques.”

La Belgique est un beau pays quand le temps est de la partie”, commente un passager. De haut, le pays ressemble à une page d’Atlas : des lignes parfaites délimitent champs, maisons, jardins, routes. La flore est verdoyante. Les chiens aboient, la montgolfière passe. “Ils réagissent aux basses fréquences du ballon, qu’ils entendent longtemps avant l’humain.” Le pilote repère des chevaux et ajoute des gaz pour monter, et ne pas les affoler. Par contre, pas l’ombre d’un oiseau sur le ballon... heureusement. “C’est rare qu’ils viennent près des ballons. En général, ils sont assez craintifs.”

Du ciel, un kilomètre semble un mètre, comme une heure semble une minute. “Oheh oheh!” Depuis le pas de leur maison, de nombreux habitants saluent les voyageurs. “C’est une belle saison pour voler mais c’est très difficile pour atterrir parce que la plupart des champs sont cultivés.” En quête d’un terrain disponible, Benoît Siméons descend le ballon. On chatouille les blés, à du 13 km/h. “On essaye de respecter les agriculteurs et de ne pas détruire leur culture.”

Regardez l’ombre du ballon, ça donne une idée de sa vitesse… 14km/h.” La montgolfière arrive bientôt dans la zone d’aviation de Charleroi, il faut atterrir avant les éoliennes, la limite. “Ah non, pas ici, un champ de maïs... Si c’était un champ de blé on aurait pu atterrir… Bon on repart.”

Enfin, le pilote jette son dévolu sur un petit chemin de campagne, entre deux champs. “On va atterrir, préparez-vous, rangez les appareils photos, et rappelez-vous la position… Une main à gauche, une main à droite et plier légèrement les genoux pour bien atterrir au sol. Si on a un peu de vent, la nacelle se couche par terre et alors il faut tendre la main sur le sol.”

L’atterrissage se déroule en douceur. Toute l’équipe participe au pliage et au rangement du ballon dans la voiture-balai qui suivait par les routes. La nuit est douce. Pour terminer ce baptême en beauté, une prière de remerciements à Eole, le dieu des vents … et champagne !

www.europeanballoon.be

16_14_14_142079568_montgolfiere-01.jpg


Ph: Gaetan Nerincx (st.LLB)

Commentaires

Correction :
http://www.europeanballoon.be

Écrit par : haveacupoftea | 04/07/2010

Voilà qui est fait. Merci!

Écrit par : Momento | 05/07/2010

Les commentaires sont fermés.