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11/09/2010

Cameroun: un pays aux multiples facettes

IMG00060-20100221-1102.jpgA l’ombre des pays d’Afrique prisés des touristes, le Cameroun offre une aventure hors du commun. Il est souvent surnommé “l’Afrique en miniature”, en raison de sa diversité. Ses climats, cultures et géographies multiples donnent l’impression au voyageur de visiter plusieurs pays à la fois.

Saga Africa: Aurélie Moreau


PAYS D’AFRIQUE OCCIDENTALE établi au fond du golfe de Guinée, le Cameroun est bordé au nord-ouest par le Nigéria, par le Tchad au nord-est, par la République centrafricaine à l’est, par le Congo au sud-est, par le Gabon au sud et, enfin, par la Guinée équatoriale au sud-ouest. La frontière ouest du Cameroun est, quant à elle, bordée par l’océan Atlantique. En forme de triangle, la pointe de l’extrême nord Cameroun rejoint celle des eaux poissonneuses du lac Tchad.

Un pays pourtant mésestimé des touristes qui lui préfèrent les destinations plus populaires et sécurisantes que sont le Kenya, le Mozambique ou encore l’Afrique du Sud. Une aubaine pour le voyageur qui affectionne fouler des terres encore semi-vierges et s’échapper des sentiers battus impersonnels et préconçus. Des plages de sable volcanique de Limbé, dont la lumière du soleil et de la lune illumine des millions de paillettes de soufre vermeil, aux plages de sable blanc idylliques de Kribi, dépourvues des hordes de touristes déprédateurs, le voyageur peut s’abandonner tout entier à la contemplation de manière exclusive.

A partir de Yaoundé ou Douala, respectivement les capitales administrative et économique du pays, vers toutes les autres régions du Cameroun, en taxi-brousse, en train, en bus et motos taxis, la découverte s’apparente souvent à une expédition, peut-être éprouvante mais aussi exceptionnelle, dont les sentiers sont parfois jalonnés de rencontres culturelles généreuses, intarissables, pleines de réciprocité et de révélation.

Surnommé l’Afrique en miniature, le pays réunit une impressionnante pluralité culturelle (plus de 250 ethnies ont été répertoriées), religieuse (musulmanes, protestantes, catholiques, païennes et animistes), linguistique (240 à 280 langues selon les estimations), géographique (les écosystèmes multiples se répartissent entre la forêt tropicale, les îles balnéaires, les montagnes, les volcans, la brousse), climatique (tantôt équatorial, humide ou sec, tantôt saharien).

DSCF1802.jpgUn pays aux multiples facettes, où deux semaines ne suffisent pas à saisir toute sa complexité et sa variété. Du Nord au Sud, en passant par l’Ouest, le voyageur a souvent l’impression de traverser divers royaumes et horizons, tant les différences culturelles, climatiques et géographiques façonnent les paysages et les mentalités. Les Bamiliké (culture des crânes), les Pygmées et le peuple Bamoun font la réputation de la région de l’Ouest principalement à Bamenda, Foumban ou encore Bafoussam, dont la chefferie saisissante attire bien des étrangers en quête d’exotisme.

Selon les différents circuits sélectionnés, le voyageur remarquera que l’économie camerounaise repose largement sur les ressources agricoles (manioc, canne à sucre, huile de palme, maïs, sorgho, tomates, ignames, bananes, graines de coton, arachides, patates douces, avocats, caoutchouc, café et cacao), pétrolières (26,2 % des recettes de l’Etat) et surtout forestières (la forêt s’étend sur environ 51,3 % du territoire).

Beaucoup de villages côtiers vivent également de la pêche (auquel le voyageur peut participer) et de la sylviculture, et une partie importante de la population complète ses revenus par l’élevage de bovins, de chèvres et de moutons.


Extrême-Nord Cameroun
Pourtant si différente et si délaissée, c’est justement la région de l’extrême nord, zone aride et désertique composée de steppes et de plateaux, qui a gagné le cœur de nombreux voyageurs. Le climat saharien, accablant, stérile et desséché n’enlève rien à la chaleur de ses habitants. Au coucher du soleil, les paysages de savane revêtent des couleurs exceptionnelles et la clarté des nuits offre un spectacle étoilé inoubliable. Le chef-lieu de la Région, Maroua, est un excellent point de chute pour visiter les environs, les réserves naturelles et les villages traditionnels. Mais la principale attraction reste le marché coloré et varié de la ville où chaque métier est encore regroupé par corporation : teinturiers, forgerons, marchands d’étoffe, quincailliers, guérisseurs et toute leur pharmacopée aux vertus parfois surprenantes jalonnent des ruelles interminables, à l’image des souks du Maroc. Sur la route vers Rhumsiki, village du Grand Nord qui fascinait jadis André Gide, le voyageur pourra s’arrêter à Koza, un magnifique petit village verdoyant, véritable oasis construite sur les flancs rocailleux des collines. Les nombreuses cases des Matakam en toit pointu exaltent le savoir-faire des potiers du coin. Au gré des villages visités, le voyageur pourra aussi rencontrer les nombreux tanneurs, forgerons (dont les fabrications possèdent souvent des vertus occultes et mystiques), des marabouts et leurs gris-gris qui rythment la vie des habitants. Les cases obus Mousgoum, derniers vestiges de la culture Mousgoum, se dressent toujours dans le village de Pouss, ombragé de nombreux palmiers. Mais c’est véritablement Rhumsiki qui attire tous les voyageurs par ses fascinants paysages lunaires et par ses couleurs multiples. Nombreux sont les touristes qui se rendent chez les sorciers au crabe lisant l’avenir dans le déplacement des crustacés décapodes.


Ph: G. Moreau

18:45 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : la libre, momento, escapade, cameroun | |

Commentaires

Bel article,qui dépeint assez bien mon pays, et ses réalités culturelles et cultuelles.

Écrit par : samya lionelle | 08/10/2010

Bonjour,
C'est vraiment enchantant pour nous de voir que KOZA est un site touristique de renommée internationale. Ses habitants sont les MAFA et non les MATAKAM comme décrit sur votre site. A l'origine, nous sommes nés MAFA c'est à dire peuple respectueux de sa parole donnée de génération en génération, en notre langue maternelle. Le mot MATAKAM nous a été attribué au 18ème siècle par les conquérants islamistes Peuls du groupe d'Osman Dan Fodio, basé au Nigéria à Yola. Les vieillards Mafa qui n'ont pas mis pied à l'école ou en ville ne savent pas encore que l'histoire les a transformés en MATAKAM et s'ils le savaient? Personne ne peut accepter qu'on change les actes de naissance de ses enfants. Ce n'est pas sûr que Dieu lui-même, créateur du ciel, de la terre et des humains, accepte qu'on nous traite de MATAKAM, vocable péjoratif de tous ordres et contient ainsi toutes les insultes de bassesse, de dénigrement de l'homme MAFA qui se sent diminué, humilié et traumatisé dans sa chère au point de nier ses origines, ses valeurs culturelles en refusant de parler sa langue maternelle et se dissimule ainsi dans les autres composantes sociologiques. C'est pourquoi, les élites MAFA ont mis sur pied l'association pour la promotion de la culture MAFA (ACULMAF) dont l'un des objectifs est la récupération de l'identité nominale originelle MAFA. Notons que le vocable MATAKAM ne signifie rien en notre langue maternelle.
Très cordialement à vous

Écrit par : ACULMAF | 03/01/2011

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