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07/12/2010

Non, Jack t’es pas tout seul

Depuis son entrée à la Cellule antiterroriste (lors de la saison 3), Mary Lynn Rajskub, alias Chloe O’Brian, a été l’ombre de Jack Bauer, sa parfaite aide de camp. Au moment où “24 heures” s’apprête à tirer sa révérence (Be 1, lundi 20h45), juste avant l’assaut final, nous avons fait le point avec sa meilleure alliée.
Entretien par téléphone
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SIX ANS. SIX ANS À TIRER JACK de tous les pétrins, à le couvrir en cas de pépin, à rabrouer ses collègues et à défier ses chefs. Pour Mary Lynn Rajskub, le rôle de Chloe O’Brian dans la série “24 heures” fut plus qu’une mission, presque un apostolat. Un uniforme dont l’actrice s’est toutefois défait sans trop de difficultés. Si les deux derniers épisodes de l’ultime saison sont diffusés ce lundi soir sur Be 1, la fin de la saga remonte déjà à mai dernier sur le petit écran américain. Et donc à presque un an pour son interprète.
Après tant d’années passées à interpréter l’un des personnages les plus psychorigides de la télévision, nous lui avons demandé quel regard elle porte sur Chloe…
“J’ai beaucoup aimé l’évolution de mon personnage, le fait qu’elle monte lentement dans la hiérarchie pour prendre de plus en plus de responsabilités et avoir davantage de décisions à assumer, à la fin. Elle a commencé comme analyste, mais j’espérais que Chloé évolue, qu’elle puisse faire des choses plus intéressantes, plus drôles, qui soient de vrais défis.” De quoi nourrir son univers afin que, de figurante, elle devienne un vrai personnage secondaire comme les séries américaines les affectionnent. Chloe se révélant parfaite dans le rôle de la fille “bouchée” qu’on adore détester.
“Ce côté rigide, buté, c’est quelque chose que j’ai introduit dans le scénario, j’ai pensé qu’elle devait réagir comme cela. C’était mon interprétation de la situation, du type de job qu’elle fait. Au départ, je ne comprenais pas bien la série et je n’avais pas vraiment envie d’y rester. Mon rôle n’était pas très intéressant. Mais le créateur est un de mes amis, j’ai donc pu faire des suggestions qui ont été intégrées par les scénaristes.” De quoi lui donner la motivation de rester.
Pour bâtir la relation très particulière qu’elle entretient avec son patron et partenaire, Jack Bauer, l’actrice n’a pas cherché trop loin. “Je n’ai pas pensé à des relations en particulier, vues à la télé ou au cinéma, j’ai seulement essayé d’imaginer comment je réagirais si j’étais à sa place. D’autant que les situations qu’il vit sont plutôt uniques, il n’y a donc pas de comparaison possible. Aujourd’hui, je peux dire que j’aime beaucoup Chloe, je suis très attachée à elle. Je me sens définitivement proche d’elle, même si nous ne nous ressemblons pas : elle est bien plus brillante que moi. Je suis très blondeavec les ordinateurs.” Elle rit.“Aux Etats-Unis, il y a eu beaucoup de critiques négatives sur la série , reconnaît-elle encore. Je pense sincèrement que cela prouve que la série est bonne, que les gens se sentent concernés, qu’ils en parlent. Bien sûr, il y a des exagérations dans 24 heuresà travers des effets dramatiques, mais si les gens ont été tellement scotchés, c’est parce que la série proposait une réflexion sur des questions cruciales, épineuses.” Selon l’actrice,“on peut dire ce qu’on veut mais 24 heuresétait une série extrêmement bien faite”. Même si elle précise qu’à titre personnel, elle “n’est pas fan de ce type de show avec un tel degré de violence”. Il faut dire que cet univers est très loin du sien, puisque Mary Lynn Rajskub vient du stand up et du one-woman-show ! Elle souligne donc que ce qu’elle aime, “ce sont les comédies douces et romantiques… et les séries HBO ou AMC : True Blood, Boardwalk Empire, Mad Men” ... Des univers effectivement très différents.
Son avis sur la fin de la saga est tout aussi tranché. “Je trouve sincèrement la fin très bien, on y traite de questions brûlantes et, en même temps, cela laisse un certain nombre de portes ouvertes. Je trouve la partie émotionnelle très forte. J’aime beaucoup mes dernières répliques.”
Même si aucune information n’a filtré pour l’instant, il est toujours question d’une possible prolongation de la série sur grand écran. “S’ils me le demandent, je dirai probablement oui,mais en dehors de cela, j’aimerais refaire des comédies pour la télévision. Oui, je resignerais pour une série, si un bon projet se présente. De toute façon, c’est ce qu’on espère toujours : que cela devienne une très bonne série. Etre impliquée dans un show au long cours a vraiment été une bonne expérience pour moi. Si c’était à refaire, je le referais à la seconde.”
L’irrémédiable chute du faucon
Il reste deux heures à Jack Bauer pour accomplir son destin…
MENSONGES, SECRETS et compromissions : tous les sales côtés du pouvoir suprême ressortent dans cette ultime livraison de 24 heures chrono H H. Avec pour seule justification à la clé, le bien supposé supérieur de la nation américaine. Même la droite et loyale Allison Taylor finit par démontrer, au cours des dernières heures de ce jour sans fin, que “la logique politicienne” n’a souvent rien à voir avec celle des citoyens. “Parfois, il est préférable que certains complots ne soient pas dévoilés”, insiste Charles Logan, son âme damnée, qui sait parfaitement comment faire vibrer la fibre patriotique et idéaliste de la présidente. Il faut dire que l’acteur Gregory Itzin démontre une rare maîtrise de toutes les fourberies imaginables. On jurerait l’entendre susurrer à son oreille tel le serpent à l’oreille d’Eve.
Il est étonnant d’ailleurs de constater comme “24 heures” s’est employé à démontrer que les présidents les plus intègres et idéalistes finissent toujours par être “sacrifiés” : David Palmer, menacé dès la saison 1, alors qu’il n’est encore que candidat à l’élection présidentielle, et Allison Taylor dans cette ultime saison. Visionnaire sur la forme (le premier président black, la première femme présidente), “24 heures” n’a pas cessé d’interroger la fonction sur le fond, de façon moins fine que sa consœur “A la Maison-Blanche”.
La dernière saison ramène, en effet, “24 heures” à son niveau originel, de véritable thriller politique, au-delà des sempiternelles fusillades, bastons et autres séances de torture et de contamination bactériologique qui ont sérieusement décrédibilisé certaines des saisons précédentes. Cette fois, le but recherché est un accord de paix historique. Et l’on découvre au fil des heures à quel point le bien commun peut entrer en confrontation directe avec l’intérêt de quelques-uns.
Alors que la saison 7 posait ouvertement la question des limites et de la légitimité des actions de Jack Bauer, allant jusqu’à intégrer les principales critiques adressées à la série (barbarie, légitimation de la torture, etc.), la saison 8 pousse le curseur au maximum, comme s’il s’agissait d’assumer une fois pour toutes – normal, c’est la dernière – son statut de tragédie grecque. Juste avant l’assaut final, le déchaînement de Jack, transformé en “Robocop” de jeu vidéo, est pratiquement sans commune mesure, sa soif de vengeance et de vérité renforçant encore son côté “impitoyable” et rendant toute aussi irrémédiable sa chute vers l’enfer auquel il semble promis. “Go to Hell !”, lui lance Pavel en pleine séance de torture. “You first”, lui rétorque Jack, qui ne doute plus de l’issue de tout ceci.
Après une invraisemblable accumulation de “travaux”, Hercule-Jack est, en effet, laissé tel un animal blessé et hagard cherchant par tous les moyens à venger l’assassinat de la belle Renée. Cet acte inique, et la trahison qu’il suppose, est le déclencheur de sa fureur. Ne pouvant plus rien espérer de la justice, Bauer décide de s’ériger en justicier. Sa vengeance est d’autant plus terrible que ses sacrifices ont été nombreux au fil des années. Le dernier acte est pratiquement consommé. Malgré la surveillance ininterrompue de la fidèle et dévouée Chloé, on ne voit, en effet, pas comment Jack pourrait échapper à son destin, forcément tragique, de héros sans peur mais pas sans reproches.
Photo: Kelsey Mcneal /Fox

16:48 Publié dans Ecran | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : momento, la libre, 24h chrono, série | |

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