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19/02/2011

Rien dans les mains, rien dans les poches: un sac ou rien

19_11_56_874836805_Reporters_00139399_000002.jpgAprès une période durant laquelle il a plié sous la moquerie sociale, le sac pour hommes commence à entrer dans les mœurs. Les nouveaux camarades du quotidien (GSM, MP3 et autres tablettes électroniques) y contribuent. Les hommes sortent les mains de leurs poches.

Mise à sac: Aurore Vaucelle


“TIRE TES MAINS DE TES POCHES, c’est mal élevé” est une phrase de (ma) grand-mère, bien sentie; elle oblige à se sentir coupable d’être à l’aise dans son jeans. Avoir les mains dans les poches, c’est montrer peu d’enthousiasme à travailler. Est-ce pour lutter contre une dégaine trop décontractée que les hommes commencent à porter des sacs dits “à main” dans leur quotidien ? Il s’agit sans doute moins d’une question de bienséance que de raisons pratiques.

Car, entre nous, où voulez-vous ranger clefs, portefeuille – difforme/rempli de billets/de 100 ans d’âge –, iPhone, labello – si! si! beaucoup d’hommes usent d’un baume à lèvres –, agenda – si! si! beaucoup d’hommes souhaitent être organisés –, photo de la p’tite famille, stylos – si vous en êtes encore l’âge de pierre –, biscuits – tout le monde a un vice –, voire un cigare cubain – pour parer à toute occasion extraordinaire qu’il conviendrait de fêter avec classe et spontanéité, à la terrasse d’un café, un soir, dans la lumière du couchant (1).

La veste bien coupée et multipoche – si elle peut régler le problème de certains qui ne possèdent que le quart des accessoires cités plus avant – commence à avoir du plomb dans l’aile. Et si, longtemps, le sac à main pour homme a été cantonné au vestiaire de la communauté gay ou à celui des hommes ultrabranchés – on se souvient de cet épisode de “Friends” dans lequel Joey était moqué par ses petits camarades à cause de “sa besace unisexy” (2) –, il se fait désormais sans peine une place au soleil, et précisément dans le sillon du développement de nouvelles technologies associées au quotidien. Comment voulez-vous, en plus du reste, balader votre iPad en toute tranquillité si vous n’avez pas de sac pour le protéger ? Indépendamment de la petite tablette magique, entrée dans le quotidien de certains pour leur mettre des étoiles plein les yeux, tous les petits trésors que transporte avec lui l’homme moderne méritent d’être protégés du regard curieux de ses concitoyens. Un peu d’intimité que diable au moins, tout autant que pour le petit nécessaire que l’on trouve dans le sac d’une dame. C’est ainsi que le sac pour homme obtient sa substance existentielle. Plus pratique qu’une malle aux trésors donc, le sac est aussi plus aisément transportable, et évite tout autre mal. On pense, par exemple, au mal de dos.

Cependant, si le sac pour homme revêt de nombreux avantages, il ne peut être choisi à la légère. On demandera donc à ces messieurs d’être attentifs à quelques règles de base : pas de sacs à dos avec un costume, ça fait celui qui s’est levé en retard et qui n’a pas eu l’occasion de se regarder dans un miroir. Ne cassez pas votre silhouette (on ne rit pas dans le fond…) avec une immense besace difforme. La sacoche en cuir eighties, façon bandoulière ou dragonne, si vous l’avez encore par-devers vous, oubliez-la, elle a un côté kitch fait pour durer quelques décennies encore.

Ultime conseil, le sac en plastique est une dernière issue, on ne le conseille pas pour transporter vos effets, bien sûr, mais si vous ne l’utilisez pas, ne le jetez pas dans la nature.

(1) Tous ces éléments se retrouvent pour de vrai dans des sacs d’hommes interrogés par nos soins.
(2) Friends, Saison 5, épisode 13 : Joey décide de se donner un look sophistiqué. Il opte d’abord pour un chapeau haut de forme, avant de trouver dans la besace unisexe, l’accessoire idéal.


18_54_56_133313984_Reporters_infphoto_1439687.jpgCommentaire pro-sac

La main dans le sac: c'est l'engrenage

Par Patrick Van Campenhout

Pendant vingt ans, je me suis baladé les mains dans les poches de mon blouson : pas de sac, pas de carnets de notes – quelques feuilles A4 pliées –, pas d’agenda – tout dans la tête –, pas d’ordinateur (trans)portable. Une forme de liberté. Puis, est arrivé mon premier GSM, un Ericsson plutôt ramassé. Il a occupé la poche gauche de mon blouson et, peu de temps après, la poche droite a reçu son compagnon de vie, un chargeur… Au fil du temps, j’ai commencé à oublier les numéros de téléphone de mes contacts qui se doublaient d’un numéro de “G”. Mais mon “G” les a retenus. Puis, est arrivé l’iPhone qui a accueilli très gentiment mes numéros de téléphone, mon carnet d’adresses et mon agenda électronique (ben oui, le cerveau se ramollit avec le temps et ces outils !). Et enfin, est arrivé l’iPad et ses 700 grammes d’informatique concentrée. La poche gauche de mon blouson contient déjà l’iPhone. Et celle de droite qui accueille de temps à autre l’étui de mes lunettes (encore un tribut payé au temps qui passe) a fait de la résistance : l’iPad est un peu plus petit qu’une feuille A4, mais trop grand pour elle. J’ai commencé par transporter ce nouvel hôte dans sa pochette noire : trop voyant, trop alléchant ! Et enfin, après avoir retourné le problème dans tous les sens, j’ai craqué. J’ai récupéré en douce un petit sac à dos Eastpak patiné par quelques mois de cour de récré et par les longues siestes d’un petit chat gris. J’y ai enfourné l’iPad. Et ce fut l’engrenage. Il accueille maintenant mes lunettes, quelques feuilles A4 pliées, deux ou trois feutres fins de la Fondation Damien, un bouquin et de la monnaie. Un clavier sans fil, ami de l’iPad, est venu y trouver place aussi. Ma vie est bien plus cool maintenant : j’oublie mon sac dans le coffre de ma voiture, j’ai peur de l’abandonner et de perdre les trésors qu’il contient. J’ai l’impression d’avoir, comme au temps maudit de l’école, un nouveau fil à la patte.


Commentaire anti-sac

La main dans la poche: reste l'accessoire

Par Bruno Fella

Mac Gyver, ce parangon de masculinité moderne n’avait besoin que d’un couteau suisse pour se défaire des trafiquants de drogues et autres méchants, croyez-vous vraiment qu’un homme du XXIe siècle doive s’embarrasser d’un sac, besace ou gibecière. Finalement, de quoi aurait besoin l’homme moderne ? D’argent, bien sûr, mais pas d’un magot en petites coupures. De ses clés. D’un téléphone portable pour être esclave des contingences quotidiennes. D’un mouchoir pour essuyer les larmes de sa part de féminité. Tout le reste tient dans les poches, parfois bombées, mais investissons dans une veste bien coupée. Le reste n’est qu’accessoire, et l’accessoire, O.K., c’est le petit plus. Ça donne un style, mais votre charisme n’est-il pas suffisant ? Le mâle alpha doit se suffire à lui-même. Laissons le baise-en-ville aux angoissés. Hommes, tout dans les poches et le calebar, et le reste dans la tête.


Ph.: Reporters

14:30 Publié dans Tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, tendances, sac, hommes | |

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