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02/04/2011

Keukenhof, la Mecque du bulbe

16_29_40_852350057_1_Keukenhof-384.jpgChaque année, dès la venue du printemps, le Keukenhof, près d’Amsterdam, fait chanter son parc. Tulipes, narcisses, jonquilles, muscaris et autres jacinthes sont au rendez-vous.

Au milieu des tulipes: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


DU 24 MARS DERNIER AU 20 mai prochain, la grand-messe du bulbe hollandais sonne carillons et trompettes. Pour la 62e fois ! Pour quelques grincheux, l’événement haut en couleur est un tantinet tapageur. Il n’empêche que cela vaut la peine d’être vu au moins une fois dans sa vie. Véritable vitrine du savoir-faire hollandais, le parc de 32 hectares accueille 800 000 visiteurs à l’affût de sensations. 7 000 000 de bulbes fournis gratuitement par les exposants sont mis en terre patiemment chaque automne – entre octobre et décembre – suivant un plan précis de plantation imaginé par les architectes. Une fois l’été venu, ils sont déplantés. Afin que les années ne se ressemblent pas, que les bulbes soient bien frais et que les nouveautés soient mises à l’honneur. Le tout à la main ! Un travail fastidieux, mais traditionnel dans ce plat pays.

C’était à l’origine, en 1949, l’idée d’une poignée de producteurs de la région de Lisse, alors qu’aujourd’hui, c’est devenu l’événement phare du tourisme batave. 2011 met l’Allemagne à l’honneur. Le thème de cette édition étant : le pays des poètes et des penseurs. Petit clin d’œil : une gigantesque mosaïque de 100 000 bulbes représente la porte de Brandebourg à Berlin.

Au XVe siècle, point de tulipes, mais seulement un terrain sauvage couvert de forêts et de dunes appartenant au grand domaine de Teylingen de Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut, Hollande et Zélande. Voué à la chasse, on y cueillait aussi les herbes destinées à la cuisine. D’où son nom de Keukenhof. C’est au milieu du XIXe qu’un jardin paysager à l’anglaise est dessiné. On en retrouve encore les grandes lignes aujourd’hui. Subdivisé en plusieurs parties, il est composé à l’heure actuelle d’un jardin historique planté de vieilles obtentions de bulbes, d’un jardin japonais et d’un jardin naturel peuplé de bulbes sauvages. Quelques réalisations de petits jardins – sur caillebotis, de ville, de patio, de bois – sont là pour inspirer le visiteur. Parsemés dans le parc, différents pavillons abritent des expositions de fleurs. Orchidées, amaryllis et lys y sont en bonne place. Le parc est entouré de champs de tulipes, jacinthes, narcisses, jonquilles… On peut les admirer du haut d’un superbe moulin datant de 1892. Une vraie carte postale.

L’an dernier, quelques tulipes étaient mises en valeur. La T. ‘David Teniers’ à la superbe floraison double vin rouge, T. kaufmanniana ‘Heart’s Delight’ aux petites fleurs précoces allant en dégradé du blanc au rose saumoné, T. viridiflora ‘China Town’ aux grandes fleurs blanches, roses et vertes. Pour les amateurs, près de chaque massif, un écriteau donne les coordonnées de l’exposant auprès duquel les fleurs présentées peuvent être achetées ultérieurement.


Tulipomania
Ou l’histoire d’une fleur qui valait plus qu’un Rembrandt…
Quand les tulipes originaires de Turquie et d’Orient déferlent dès la moitié du XVIe siècle sur le sol européen, elles suscitent aux Pays-Bas une véritable révolution horticole avec son lot de fortunes et de déconfitures. Leur attrait et la rareté des premiers bulbes conduisent les prix à grimper sans cesse. A en perdre la tête. Le marché de la tulipe, d’abord réservé à quelques privilégiés, s’étend petit à petit à toute la bourgeoisie grâce à sa culture sur place et aux hybridations des pépiniéristes locaux. A partir de croisements, il devient, en effet, possible de créer une infinité de variétés. La folie. La spéculation va bon train. Jusqu’à la catastrophe. En 1637, le marché s’effondre, entraînant avec lui la chute des prix du bulbe et la ruine d’un nombre incalculable d’investisseurs.


Ph.: MNC & MPV

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