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22/04/2011

Le jardinage... so british !

Inutile d’attendre le mariage de Kate et Will pour s’intéresser ou se rendre outre-Manche.
Tout jardinier qui se respecte a les yeux rivés sur l’Angleterre.
Au jardin anglais Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmansdehhhors.jpg


SANS DOUTE, LE CITOYEN anglais a-t-il naturellement un gène jardinier. Sans doute est-il né aussi avec les doigts verts. Pas plus haut qu’une bêche, il reçoit déjà sa première binette, prêt à commencer une carrière de gentleman gardener. Du nord au sud de l’île, c’est pareil. Hommes et femmes, ils sont tous contaminés. Cet art de vivre proche de la nature s’enracine dans les traditions. Dignes de carte postale, le gazon aux rayures subtiles, le mixed border débordant de plantes vivaces, le jardin de cottage croulant sous les rosiers et les pépinières de rêve y sont monnaie courante.
Paradis des jardins et jardiniers célèbres, Sissinghurst, Wisley, Capability Brown, Beth Chatto, Gertrude Jekyll… le pays soigne ses jardinophiles. Différentes organisations réputées se consacrent, en effet, à la préservation et à l’entretien des jardins et des parcs. A commencer par le National Trust, association sans but lucratif, fondé en 1895, qui se charge de préserver le patrimoine naturel, culturel et historique. En ce compris la nature et les jardins. A la tête d’environ 200 bâtiments et sites mis à la disposition du public, fonctionnant grâce aux cotisations, dons, héritages et donations, il est sans aucun doute aujourd’hui la plus importante organisation non étatique pour la conservation du patrimoine en Europe. Les célèbres Powis Castle et Hidcote Manor en font notamment partie. La Royal Horticultural Society est un autre pilier de ce pays de cocagne “jardinage admis”. Une des premières sociétés d’horticulture au monde née en 1804, dont la mission est d’encourager l’horticulture et la recherche la concernant. Un de ses rôles premiers est la mise sur pied, chaque année à Londres, du Chelsea Flower Show. Le mythe absolu. Tout le monde s’y rue, même the Queen. Sans doute, la date du mariage a été fixée en fonction du show. Les nombreuses publications éminemment pointues du RHS sont des ouvrages de références pour les passionnés. English Heritage est, enfin, une organisation d’Etat dont la vocation est la préservation et l’entretien de nombreux sites historiques de Grande-Bretagne. Certains jardins sont également gérés par elle.
Découvrir cette terre bénie de saint Fiacre est un must. De quoi faire quelques escapades agréables dans les moindres recoins de la campagne anglaise. Tentez l’aventure. Vous ne serez pas déçus, ni les seuls à vivre l’expérience. La visite des jardins est un passe-temps national chez les Britanniques.
Epinglé
Jardin à l’anglaise.
C’est au XVIIIe siècle que naît le “jardin à l’anglaise”. Rien à voir avec le jardin structuré et les compositions géométriques “à la française” d’André Le Nôtre, jardinier du roi Louis XIV à Versailles. L’amour des Anglais pour Dame Nature a payé. Plus question ici de la dominer. Il est temps de revenir au paysage arcadien. Rendre hommage à la campagne. Le landscape gardening propose une peinture du paysage tout en respectant le genus loci, le génie du lieu. Les lignes y sont souples et arrondies, les formes irrégulières accentuent une impression de naturel. Comment ne pas évoquer des lieux comme Stourhead ou Stowe, pures merveilles ? Le mouvement est suivi partout en Europe et les transformations des compositions existantes vont bon train. L’influence du jardin anglais est alors devenue aussi forte que celle du jardin français au siècle précédent.
A savoir
The national Gardens Scheme est l’équivalent à grande échelle de notre asbl Jardins ouverts. Pionnier dans le domaine, il édite chaque année, depuis près de 80 ans, une brochure appelée “Yellow book”. Celle-ci reprend toute une série de jardins à visiter, dont la plupart sont privés. Des milliers d’opportunités à découvrir. Heures d’ouverture, prix d’entrée et route pour y accéder complètent une description sommaire du lieu. Les bénéfices récoltés aident différentes associations de bienfaisance.
www.ngs.org.uk
Kew et Wisley gardens sont des lieux fabuleux. Deux étapes incontournables. Le premier est LE jardin botanique de Londres et le second est un des jardins phare de la RHS au sud de la capitale. Ils méritent à eux seuls une visite. A chaque saison, on y vient admirer et s’instruire. Différents jardins les composent. Différentes atmosphères. De plus, le shop de Wisley ne pourra vous laisser indifférent ! Gare au portefeuille.
www.kew.org et www.rhs.org.uk/gardens/wisley
Gertrude Jekyll (1843 – 1932), peintre de formation, est une grande dame du jardin. Intéressée par les couleurs, elle a initié les parterres de vivaces appelés mixed-borders. Des bordures herbacées qu’elle compose avec les végétaux selon une certaine harmonie. Le tout avec ce brin de naturel et de désordonné si typique des cottage gardens. Aujourd’hui, son influence sur l’art des jardins reste énorme. Sans exagérer, presque planétaire.
“Ha ! ha !” est bien une exclamation branchée d’origine anglaise. Dites “ha ! ha !” à bon escient, et vous serez dans le coup. Il s’agit en fait de désigner un saut-de-loup, soit un fossé isolant le jardin de l’extérieur sans clôtures et tout en conservant la vue sur le paysage environnant. L’écrivain Horace Walpole a dit “ha ! ha !”, il a sauté la barrière et vu que toute la nature est un jardin. Un des principes du jardin à l’anglaise.

12:13 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : momento, lalibre, dehors, jardin anglais | |

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