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30/04/2011

Jardinez avec les artisans du végétal

09_37_46_582953473_Decoplant.jpgC’était dans l’air. Le premier réseau européen de Pépiniéristes et d’Horticulteurs vendant en direct est né. Le jardinier amateur pourra rencontrer, de part et d’autre de la frontière franco-belge, de véritables spécialistes du jardin réunis sous un même label.

Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


TOUT VIENT À POINT À QUI sait attendre. 21 horticulteurs et pépiniéristes wallons et 250 horticulteurs et pépiniéristes français décident de promouvoir ensemble leur métier. En Belgique, les journées Hortidécouvertes sont à la base de la prise de conscience par les spécialistes du monde horticole de l’indéniable intérêt du public pour leur travail. Nostalgie des gestes oubliés et de leur transmission?  Qui sait. Quoi qu’il en soit, en 2008, 21 000 personnes se déplacent pour découvrir ces métiers où le végétal est à l’honneur. Depuis, une fois par an, au printemps, producteurs de plantes annuelles, de plantes vivaces, pépiniéristes spécialisés ou généralistes ouvrent leurs portes aux visiteurs. Non pour vendre, mais pour expliquer comment les plantes et les fleurs de nos jardins et de nos espaces verts sont multipliées et cultivées par des professionnels. Démonstrations de semis, bouturage, greffage, rempotage, taille d’arbres et d’arbustes, le travail du végétal s’explique et se dévoile. Les questions sont les bienvenues. Les réponses vous aident, elles, à entretenir au mieux vos plantations. Un exemple qui en a sidéré plus d’un:  Frédéric Gabriel à Malmedy, pépiniériste spécialisé dans les plantes vivaces, a accueilli plus de 3 000 personnes lors de cette journée. Tant d’enthousiasme ne pouvait laisser indifférent.

En France, les choses avaient déjà commencé à bouger, en partie en réaction à ce phénomène particulier appelé la “génération caddies”. Entendez par là, cette tranche de population qui fait ses emplettes en grande surface ou en jardinerie, et qui, au détour des rayons, succombe à l’envi aux tentations. Nous ne leur jetterons pas la première pierre. C’est conçu pour être irrésistible.

Certains se sont dit qu’un peu d’aide à l’achat ou à la vente ne serait pas superflue. Un “chouïa” de pédagogie dans ce monde de verdure devrait permettre aux jardiniers d’éviter bien des chausse-trapes.

La décision de se lancer dans l’aventure de ce côté de la frontière est prise à la suite d’une réunion avec les représentants du réseau français. La France n’est pas la Belgique. Certains points de la Charte qui les unit sont rediscutés et adaptés à la dimension de notre petit pays. Le but est de se différencier clairement des simples revendeurs par un label. Les plantes que l’on trouve chez ces derniers sont le plus souvent issues des grandes usines à plantes, où la production est standardisée, l’effet visuel privilégié, les végétaux forcés. Un des points principaux de la Charte de ce nouveau réseau est la vente de plantes produites sur place (le quota est fixé à 70% ). La diversité des variétés proposées implique une production beaucoup moins normalisée. Les plantes poussent à leur rythme. Acheter des plantes près de chez soi, là où elles ont grandi, peut être une garantie de reprise. Elles ont poussé en terre connue.

Autre élément capital de la Charte, le conseil à la clientèle. Les signataires s’engagent à avoir du personnel capable de guider les acheteurs dans leurs choix. Des outils pédagogiques seront mis à leur disposition. Le concept d’artisan du végétal est créé. Ce nouveau label est basé sur l’information, la concertation et l’ouverture. Il offre une lisibilité et une visibilité à ces métiers encore trop méconnus.

L’horticulture en Wallonie veut jouer la carte de la diversité et de la proximité.


Frédéric Droeven, à Louveigné, cultive cette différence
Frédéric Droeven est passionné par son métier de producteur, c’est pourquoi cette initiative – qui tend à valoriser la production en Wallonie – l’a enthousiasmé. Il a accepté d’en être le président. Ce réseau s’inscrit dans une démarche qui lui tient à cœur, l’amour du végétal. Il permettra aux jeunes générations de retrouver le chemin de ces emplois trop délaissés et de défendre cette “partie noble” de leur travail. Les besoins en plantes de la Wallonie sont couverts à hauteur de 75 % par des achats extérieurs à son territoire. Le marché wallon est très important. Privé comme public. Il s’agit d’inciter les mandataires politiques à faire davantage confiance aux fournisseurs wallons. Ce réseau apporte un plus qui devrait les y aider. C’est déjà le cas dans certaines villes comme Spa, Nivelles, Wavre, etc. Cette profession d’artisan du végétal, où la plante est élevée et prise en charge pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, est périlleuse (l’hiver l’a démontré) et pourtant vitale pour l’avenir. Les clients ne tardent pas à comprendre les réels atouts de ce mode de culture et n’en ont que plus de respect pour ces métiers de nursery verte.

 

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