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30/04/2011

The show must go on

11_36_46_365077120_Baudouin_Remy__ChaisePhilippe_D.jpgBaudouin Remy est journaliste politique à la RTBF, mais aussi auteur, avec  son père André Remy, et acteur du spectacle “Sois belge et tais-toi”.


BAUDOUIN REMY EN 6 DATES

21 juillet 1963 : né à Etterbeek. Si je n’étais pas né un jour de Fête nationale, je me serais peut-être appelé Benoît. Et ça aurait tout changé.

1986 : première apparition sur scène dans le spectacle qui allait devenir “Sois belge et tais-toi” en 1997.

Août 1989 : premier long direct à la RTBF au jumping international de Chaudfontaine. Je commenterai les sports équestres lors de 5 Olympiades.

Septembre 1999 : après avoir travaillé pour Canal plus, “La Libre”, FR2 et FR3, entrée au service politique de la RTBF.

29 avril 2011 : avec Karine. Notre projet, notre petite maison dans la vallée, notre “chez nous à nous” longtemps attendu !

19 mai 2011 : grande première en Flandre avec “Sois belge et tais-toi” au Capitole à Gent. Goed zo !


UN EVENEMENT DE MA VIE

Ce jour-là, je n'étais pas heureux. Quoique ! J’étais fier, triste et très ému. J’étais sur scène pour l’avant-première de “Sois belge et tais-toi” en décembre 2009. Avec mon père. Ma maman était décédée quelques jours plus tôt, le 29 novembre. C’était un dimanche où je ne répétais pas, un dimanche où je n’étais pas sur scène, car elle savait qu’elle allait partir, et elle a choisi le moment. “The show must go on !”, et je l’ai fait, j’ai réussi ce que je ne croyais pas être capable de faire. Voilà un événement qui marque dans une vie qui continue !
En fait, j’avais déjà mesuré l’impact de cette expression “The show must go on” au sein de la troupe (presque une famille), dans notre équipe secouée plus d’une fois par des drames familiaux. Et, à chaque fois, nous nous retrouvions sur scène, dans l’émotion, dans l’entraide pour jouer à faire le show avec l’aide de nos personnages. Quel drôle de métier, où il faut tenter de garder sa tristesse et ses tracas dans les coulisses. C’est parfois difficile !
Alors, je me dis que j’ai de la chance de partager avec mon père ces années de scène et de succès. Certes, il y a le stress de l’écriture, la peur de faire moins bien, le sentiment d’être jugé, de se mettre en danger. Mais, ensuite, il y a surtout l’immense honneur de faire rire; le privilège de faire oublier ce qui ne va pas en tordant la politique de rire !
En ce début décembre 2009, dans mon malheur, j’ai donné du bonheur aux gens. Je n’oublierai jamais ce jour-là. Car oui, si nous donnons un peu de bonheur aux gens, le malheur serait de ne pas s’en rendre compte assez souvent.


UNE PHRASE

“Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous.” Paul Eluard
“Ce qui ressemble au hasard est un rendez-vous”, chante Francis Cabrel dans “Mademoiselle l’aventure”… Moi, j’ai dû souvent être en retard au rendez-vous du hasard. Ou alors, j’étais peut-être en avance ? Sauf un 27 août, ce jour-là, nous étions tous les deux au même endroit par hasard. Le R.V. est venu plus tard…


TROIS LIVRES

“Le Zahir”, de Paulo Coelho
L’histoire d’une idée fixe, d’une obsession. La recherche de la femme de sa vie. Ce livre – au parcours qu’on dit initiatique – m’a touché. J’ai voyagé avec lui dans des sentiments assez personnels et ambigus : la peur de l’abandon, mais n’abandonner jamais. Le paradoxe étant que le héros a parfois envie de tout laisser tomber !

“Le Petit Prince”, de Saint-Exupéry
Parce qu’il est universel au sens propre : il unit. C’est l’importance des rites qui m’a touché. “En venant chaque jour à 4 heures, dès 3 heures, il commençait d’être heureux.” Car le bonheur commence peut-être un peu avant qu’il arrive.

“Des gens très bien”, d’Alexandre Jardin
Un pas de géant pour s’affranchir du poids d’un nain jaune ! C’est aussi toute la question du père… Alexandre Jardin a eu bien du mal avec son père collabo et directeur de cabinet de P. Laval. Et en parle avec passion, raison et colère. Pour que puisse se commettre l’horreur, il faut des gens très bien, dit Jardin. D’où ce questionnement : l’enfer de demain, c’est donc les autres gens très bien d’aujourd’hui ?


TROIS LIEUX

Le Brabant wallon
Là où j’ai grandi. L’école à Basse-Wavre, la maison rue d’Almez, les déménagements en cascade. Mais il me reste des souvenirs de chevaux. Surtout à Bonlez. J’aime le bruit et l’odeur des écuries. Les chevaux qui s’ébrouent, le patient travail de dressage ou de préparation à l’obstacle. Et puis, cette incroyable masse musculaire qui devient si souple et légère entre vos doigts…

La Patagonie !
C’était avec le Raid Gauloises. Dans cet immense pays, le paysage coupe le souffle et inspire. Il y a le ciel le plus bleu du monde, les steppes, les lacs d’altitude, la montagne, une lumière exceptionnelle…

Dans l’eau !
Aux Açores, à Hawaï et puis, surtout, en mer Rouge avec les dauphins. On s’émerveille, on est fasciné, et puis un sourire vous envahit de l’intérieur. Le dauphin vous scanne, et vous ressentez encore la joie de cette rencontre des années plus tard.


TROIS FILMS

“Le discours d’un Roi”
Quels rôles ! Le rôle du Roi… Le rôle du logopède peu conventionnel, le rôle de la radio, le rôle de la mise en scène, le rôle de la parole, le rôle des parents pour des enfants maltraités. C’est un film très simple, intelligent, à plusieurs niveaux de lecture, tout en suggestion et en subtilité, avec cet humour qui sonne juste. Tout y est juste, évident, sans être simpliste, ni forcé. Et derrière ce rôle royal, il y a le rôle de la femme. Un rôle capital. Pour moi aussi…

“Gran Torino”
C’est le film – avec “Million Dollar Baby” – qui m’a fait découvrir Clint Eastwood. Touchant et émouvant. Dur et tendre. Distant et rustre. C’est un film sur la tolérance à rebrousse-poil. C’est aussi l’histoire des apparences trompeuses, ou de la complicité qui s’installe entre vous et le héros. Un héros borné et buté, mais capable de sacrifice.

“Les femmes du sixième étage”
Avec et pour Fabrice Luchini. Quel personnage, ce Luchini ! Il cabotine parfois, il virevolte, il a cette maîtrise du jeu, cette diction si particulière… ! C’est une des seules personnes dont on tolère qu’il répète deux fois la même fin de phrase comme un tic de langage. “Les femmes du sixième”, c’est un mélange d’aristocratie et de simplicité (ce qui n’est pas contradictoire en soi), dont la vedette porte l’affiche, la trame, la force. J’aime ce film pour le personnage qui porte le personnage. Luchini est fascinant, énervant, bon client dans les médias, compliqué, jouette, vif… et il faut bien le dire, il séduit les femmes. Non ?


UNE DATE

Vous me demandez une seule date ? Mais vous êtes fous ? Le début de l’Holocauste ? Hiroshima ? Le 6 juin 44 ? La chute du mur de Berlin ? Le 11 septembre ? Mandela qui sort de sa prison ? Le tremblement de terre, puis le tsunami en Thaïlande ou au Japon ?


Ph.: Philippe D.

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