Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

07/05/2011

Cyberpunk is not dead!

16_22_38_535373463_Deus_Ex_Human_Revolution_(4).jpgDeus Ex Human Revolution croit fermement que l’avenir du corps humain passera par son amélioration cybernétique. Premier regard sur un come-back événement.

Michi-Hiro Tamaï


AUSSI FONDAMENTAL QUE le 1984 de Georges Orwell aux yeux de la contre-culture digitale, le Neuromancien de William Gibson compte parmi les pierres fondatrices du mouvement cyberpunk. Multinationale sans scrupule, capitalisme sauvage, omnipotence des réseaux informatiques, amélioration du corps humain par l’ingénierie et la médecine…, les peurs véhiculées par ce roman contre-utopique cristallisent les grandes lignes de ce mouvement littéraire des années 80 qui déteindra par la suite dans Matrix. Derrière les joysticks, si Shadowrun (1) marque la décennie suivante, Deus Ex frappe un grand coup en 2000. Onze ans et une suite décevante plus tard, le titre qui n’est plus aux mains de Warren Spector (son créateur) essayera de se racheter une conduite en août prochain.

Chargé de garder les secrets de Saris Industries, multinationale de biotechnologie expérimentale, Adam Jensen voit sa vie basculer lorsque des scientifiques qu’il protège sont assassinés par un groupe terroriste. Lui-même gravement blessé, ses deux bras amputés sont remplacés par des prothèses cybernétiques. “Tout a commencé en se demandant ce qui faisait la saveur si spéciale du premier épisode. On a décidé de se concentrer sur la branche transhumaniste du cyberpunk”, note Jonathan Jacques Belletête directeur artistique du projet. “Les gens ont tendance à penser que notre enveloppe charnelle est la finalité de l’évolution. Mais c’est une idée conditionnée. Les prochaines étapes de notre évolution humaine seront technologiques. Même si on essayait de l’empêcher, cela se ferait de façon clandestine.”

L’enquête de Jensen le mènera de surprises en découvertes dans une société de 2027 au bord de la rupture sociale et économique. Comme l’opus fondateur, Deus Ex Human Revolution tente de rendre son action vue à la première personne la plus réaliste possible. Ici, on ne titre pas à tout va sans réfléchir. Chaque mission permet ainsi une large palette de chemins possibles. Le héros peut par exemple se faufiler pour éliminer, incognito, deux gardes en les tuant ou en les assommant. Le tout après avoir écouté leur conversation pour bien préparer l’attaque. Si une offensive plus frontale est envisageable, la piraterie informatique est aussi de la partie, pour par exemple, prendre le contrôle de tourelles mitrailleuses et supprimer les ennemis à distance.

Héritée du premier opus, cette approche hyper réaliste s’étend également dans les rapports sociaux qu’entretient le héros avec les personnages de ce jeu de rôle à embranchements multiples. “Lors d’un dialogue, le joueur doit pouvoir lire entre les lignes pour ,par exemple, pousser son interlocuteur à bout ou le ménager”, poursuit Belletête. “Mais il faudra pour cela acheter des augmentations capables de lire les palpitations du cœur ou la dilatation des pupilles.” Les modifications corporelles occupent donc un rôle central dans Deus Ex Human Revolution. La nanotechnologie est inexistante vu que l’action se déroule 25 ans avant le premier Deus Ex.

Au-delà des effets de ces modifications sur les relations sociales, le joueur boostera progressivement son corps pour, par exemple, ne pas subir de dégât lors d’une chute vertigineuse ou pour devenir invisible. Combat, furtivité, capacité de piratage des réseaux…, les directions des améliorations faciliteront certaines approches de missions tandis que chaque membre “augmenté” devra être nourri d’un nombre phénoménal de calories, soit 20 000 pour un bras par exemple. “Nous n’avons pas décidé tout cela au hasard”, précise Belletête.

Nous avons consulté des experts en cybernétique comme Will Rosselini. Un chercheur reconnu dans ce secteur qui a été joueur de base ball professionnel, mais qui est aussi détenteur d’un doctorat en neurosciences.” Malgré ce tandem, Deus Ex Human Revolution semble au final se dresser contre le transhumanisme. Jonathan Jacques Belletête, lui, garantit l’absence de parti pris. “On ne veut pas juger, juste montrer les deux côtés. Au joueur de se forger sa propre opinion.”

(1) Adaptation du jeu de rôle papier éponyme.

Infos : Deus Ex Human Revolution/PC, PlayStation 3 et Xbox 360/âge : 18 +/Ed. – Dev. : Square Enix – Eidos Montréal/sortie ce 26 août/www.deusex.com

Les commentaires sont fermés.