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07/05/2011

Lumineuse, violente, mais d'un charme fou

13_28_57_451773763_vallon_des_Auffes.jpgMarseille, port de la Méditerranée et capitale du sud de la France, est dotée d’une impressionnante communauté belge de 2 500 personnes. Si elle attire autant les Belges, c’est pour sa beauté, ses couleurs, son climat agréable, et son urbanisme chaotique. Voici le regard de quelques expatriés sur leur ville d’adoption, très utile pour de futurs visiteurs de la cité phocéenne.

Découverte: Camille Gaubert


MARSEILLE NE LAISSE JAMAIS indifférent. Cette cité “carte postale” est une destination de vacances privilégiée, mais derrière la beauté de ses paysages, se cache une ville tout en contraste, “unique” diraient les Marseillais, et dont l’identité ne se résume pas à de belles images de plages et de mer. Les Belges de Marseille ont conscience de la complexité de leur ville. Ils expliquent leur choix de vivre à plus de mille kilomètres de leur Belgique natale.

Installé en plein centre de Marseille depuis 2009, le Carolo Werner Evrard, propriétaire de la seule friterie belge de la cité phocéenne s’est découvert une véritable passion pour sa ville d’adoption, “son accent fort et sa culture du football” : “c’est un coup de cœur”, qui lui rappelle sans doute quelques traits de son Charleroi natal. Quand sa famille vient lui rendre visite, le Carolo lui fait découvrir les lieux incontournables, qu’il a eu le temps d’apprendre à apprécier : le Vieux Port et la Canebière, qui, à eux deux, forment le centre névralgique de la cité. La Canebière “va devenir les Champs-Elysées marseillais, grâce à sa récente réhabilitation”, assure Werner Evrard. Le circuit touristique incontournable se poursuit avec la basilique Notre-Dame de la Garde dite “la Bonne Mère”. Située sur un piton calcaire, elle domine Marseille et permet d’admirer la ville entière. Ce panorama permet aussi au visiteur de découvrir les îles situées au large du Vieux Port et de la corniche : l’archipel du Frioul.

Malgré tout, ce sont les calanques, des criques étroites et allongées aux parois rocheuses escarpées, que Werner Evrard préfère, un véritable “havre de paix”. D’autant plus qu’“elles sont fermées en juillet et août, en pleine période touristique, pour éviter les incendies. Ceci fait d’elles le domaine réservé des Marseillais”. Werner Evrad a ses préférées : les calanques de Sormiou et de Morgiou, qui ont “un côté pittoresque, quasiment coupé du monde, de la ville et de sa frénésie”. L’homme aime se promener du côté de la Pointe Rouge et se rendre sur la plage du même nom, le long de la corniche.

13_28_55_362065130_Vieux_Port_3.jpgComme Werner Evrard, la cinéaste Mary Mandy, auteure notamment de “Mes deux seins, journal d’une guérison”, aime le côté “carte postale” de Marseille. Elle s’y est installée pour le soleil, qui manque tant en Belgique : “J’adore voir le déplacement de la lumière au cours de la journée sur la ville”. Née à Leuven, l’artiste a trouvé dans la cité du Sud un décor exceptionnel pour ses documentaires. Pourtant, elle dit ne pas se sentir dépaysée : “J’y ai retrouvé l’esprit belge. Marseille est un grand foutoir, qui a un côté chaotique très belge.” Ce qui lui plaît le plus, c’est cette cohabitation unique entre la ville et la mer. Pas besoin de faire des kilomètres, les plages sont en pleine ville. Mary Mandy est, elle aussi, une fan des calanques. Ses favorites sont Sugiton, Morgiou et Marseilleveyre. Elle adore également se promener le long du Vieux Port, au Fort Saint-Jean ou à Malmousque, petit quartier situé le long de la corniche, qui plonge directement dans la mer.

Marseille n’est pas seulement l’image d’Epinal d’une “Bonne mère” sur fond de mer et de ciel bleu. La cité phocéenne est avant tout une terre de contraste, ce qu’a bien compris Eric Pringels, graphiste d’origine bruxelloise. Il considère sa ville d’adoption, comme le “dernier village des Gaulois”, c’est-à-dire une ville qui malgré tout “résiste au formatage touristique”. Eric Pringels est d’abord venu “pour le soleil, il n’y a pas de mystère”, mais il pose aujourd’hui un regard approfondi sur sa ville, loin des clichés des guides touristiques. Ses lieux favoris y sont habituellement peu cités. Pourtant, comme Werner Evrard et Mary Mandy, il aime se rendre dans les calanques. Il aime aussi le marché de Noailles, et des lieux incongrus : l’autoroute qui passe sous la passerelle du quartier de la Belle de Mai, Plan de Campagne, “un lieu uniquement voué au commerce où des gens viennent même lorsque les magasins sont fermés, c’est surréaliste”, et les cités en général. Sa préférée est celle des Rosiers. Les cités ou HLM ne sont généralement pas réputées pour leur beauté architecturale. Mais Frédéric Pringels, en tant que diplômé d’architecture, aime la juxtaposition des bâtiments marseillais. Les barres HLM côtoient Notre-Dame de la Garde et la cathédrale la Major. “Ceci crée une sorte d’harmonie dans le chaos.” Malgré tout, il aime les lieux incontournables pour les visiteurs occasionnels de Marseille, comme les îles du Frioul : “Dans mon imaginaire, Mars ressemble au Frioul, à cause de l’aridité de sa végétation.” Des contrastes qui font qu’Eric Pringels ne quitterait sa ville d’adoption pour rien au monde : “Marseille est authentique. C’est à la fois les Etats-Unis, Sao Paulo et les autoroutes urbaines. J’y ai retrouvé Bruxelles. Lorsque je suis arrivé à Marseille, j’ai été surpris de découvrir le mélange des immeubles Haussmanniens et des palmiers. C’est à la fois Paris, mais avec la promesse que l’on peut facilement franchir la Méditerranée.”

C’est cette cohabitation entre beauté des paysages et agressivité urbaine, entre grand luxe et misère, qui plaît aux Belges Eric Pringels et Mary Mandy. La cinéaste décrit sa ville ainsi : “Marseille est une ville dure au quotidien, sale et où l’on se sent bousculé. Mais elle a une magie naturelle qui contraste avec son côté rugueux. C’est ce qui fait son charme.”


Ph.: Camille Gaubert

15:37 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, marseille | |

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