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07/05/2011

Mieux armer nos défenses et désarmer nos agresseurs

Copy%20(2)%20of%2015_39_15_063992795_Reporters_kle3932.jpgPour prévenir rhumes, grippes, gastro-entérites et autres cystites, pour faire face aux attaques des germes de tous genres, le Dr Jean-Paul Curtay propose un manuel familial de résistance aux infections. Ou tout savoir sur l’immuno-thérapie.

Rencontre: Laurence Dardenne


UNE, DEUX, TROIS, QUATRE, CINQ… les gélules multicolores qu’il déverse au creux de sa main sont englouties avec quelques gorgées d’eau au cours du repas. La première fois que nous avions rencontré le Dr Jean-Paul Curtay, venu nous parler de son ouvrage “Okinawa” (1), du nom de cette île où vit une impressionnante concentration de centenaires, ce médecin français, qui a introduit la nutrithérapie dans l’Hexagone, nous avait impressionné, entre autres par la quantité de compléments alimentaires ingérés au cours de notre entrevue.

Aussi, récemment venu présenter son dernier ouvrage, “L’immuno-nutrition” (2), le spécialiste ne pouvait-il échapper à la question : combien ? Esquisse d’un sourire et tentative d’esquive pour la réponse : “Pas mal.” Mais encore ? “Du magnésium (une fois et demi les apports recommandés). Quand je suis en vacances, je n’en prends pas autant. Mais c’est à chacun d’adapter en fonction des stress que l’on vit. En plus des antioxydants, je prends en complément ce que l’alimentation ne peut m’apporter. Complément généraliste le matin, un peu de co-enzyme Q10, parce que je vois la différence… Il y a la supplémentation qui est techniquement justifiable parce qu’on ne peut l’obtenir avec l’alimentation, puis il y a des compléments d’optimisation (pour la mémoire, par exemple…) ou de prévention”. Donc, au bout de la journée, cela représente ? “Quand on aime, on ne compte pas… J’ai remplacé un certain nombre de comprimés par des poudres, c’est moins contraignant. Disons donc 4-5 comprimés par repas et le reste dans des poudres. Je suis spécialiste de la chose, donc j’applique les connaissances que j’ai.”

Normal et cohérent, certes. Cette fois donc, le Dr Curtay vient nous entretenir de l’immuno-nutrition. “Alors que la nutrithérapie consiste à prévenir et soigner les maladies avec l’alimentation, le diagnostic et la correction des déficits, et l’utilisation, comme des médicaments, des vitamines, minéraux, acides gras et des substances actives, qui se trouvent dans les aliments, comme les phyto-œstrogènes du soja, l’immuno-nutrition concerne tout ce qui permet de soutenir les défenses anti-infectieuses. Cela commence avec l’énergie jusqu’aux nutriments qui permettent de faire des anticorps, mais aussi de réduire ceux qui favorisent les infections. Il s’agit en l’occurrence de ne pas fournir des armes aux agresseurs”, nous dit-il.

Car face à l’émergence de nombreux germes, l’expert en nutrithérapie estime que nous ne sommes pas suffisamment armés. “Tous les jours, nous sommes en contact avec énormément de virus et bactéries. Nous portons en nous de 10 à 100 fois plus de germes que de cellules, rappelle-t-il. La plupart sont bénéfiques et il n’est pas souhaitable, comme c’est le cas aux Etats-Unis, d’aseptiser l’environnement, qui est une sorte de vaccination naturelle. Il faut donc avoir assez de défenses pour faire face aux agressions. Quand les antibiotiques ou les vaccins ne sont plus ou pas là, que reste-t-il ? Se renforcer. Et la première ligne de défense est l’énergie”.

Pour expliquer pourquoi nos défenses ne sont pas toujours capables de résister aux agressions, le Dr Curtay avance trois raisons principales. “Quand se choppe-t-on généralement une grippe ou un rhume ? Lorsque l’on est fatigué. L’énergie est le nerf de la guerre. Si les réserves en énergie sont basses, nous sommes vulnérabilisés. La première ligne de défense consiste à cultiver la vitalité au jour le jour et à apprendre à la maintenir à un niveau optimal, sinon du moins suffisant pour ne pas se mettre en position de faiblesse par rapport aux attaques, et ce malgré les contraintes et les stress de la vie.
Ensuite, il y a le fait que nous manquons de certains outils pour que les défenses fonctionnent bien. Quelques nutriments clés nécessaires à la production des armes antivirales et antibactériennes comme le zinc ou les vitamines B, ou à leur efficacité comme les antioxydants (vitamines C, E, bêta-carotène…) ne se trouvent pas en quantité suffisante dans notre organisme. Nous sommes bien souvent carencés en vitamine D, or celle-ci joue un rôle important dans l’immunité. Tout le monde aujourd’hui, et pas seulement les enfants, devrait prendre un supplément en vitamine D l’hiver, voire l’été. Il y a aussi des carences en vitamine E, qui est totalement inatteignable via l’alimentation et qui, indirectement, joue un rôle dans l’immunité. La B6, quant à elle, est importante pour faire les anticorps. Beaucoup de gens n’ont pas l’activité de la B6 parce qu’ils n’ont pas le magnésium pour l’activer. La plupart du temps, la carence en B6 n’est pas diagnostiquée, donc ce n’est pas corrigé, et c’est un réel problème, plus encore chez la personne âgée. Enfin, on constate des carences en magnésium, et aussi souvent en zinc. A partir de 60 ans, le zinc étant moins bien absorbé avec l’âge, on peut considérer que 100 % de la population en manquent. Si l’on se fait par exemple vacciner contre la grippe en hiver et que l’on manque de zinc, on risque de ne pas faire suffisamment d’anticorps et donc rendre le vaccin inefficace.
<i>Enfin, nous consommons des aliments qui profitent aux agents infectieux. Par exemple, les acides saturés du beurre, des fromages, des fritures permettent aux virus et aux bactéries de se forger des membranes inoxydables, inattaquables par les substances corrosives sécrétées par les globules blancs pour les détruire. Nous consommons également parfois trop de fer, provenant principalement de la viande. Or, le fer est utilisé comme facteur de croissance par les germes infectieux, quels qu’ils soient, virus, bactéries ou parasites
”. En somme, nous nourrissons, à notre insu, les agents infectieux.

Comment dès lors “garder une bonne résistance face aux risques d’infection, en optimisant notre vitalité quotidienne, en réduisant progressivement, en douceur et sans perdre la relation fondamentale de plaisir aux repas, les quantités de nutriments qui nous vulnérabilisent, et en augmentant celles de ceux qui nous renforcent”, c’est tout l’objet de ce manuel familial de résistance aux infections.

(1) Okinawa, un programme global pour mieux vivre, Dr Jean-Paul Curtay, Anne Carrière Editions, 20 €.
(2) L’immuno-nutrition, manuel familial de résistance aux infections, Dr Jean-Paul Curtay, Anne Carrière Editions, 20 €.


Copy%20(2)%20of%2015_39_31_817395558_Reporters_tpa30303.jpgExtrait
“La dissipation de l’énergie et les inconforts associés aux stress peuvent nous vulnérabiliser par rapport à des agents infectieux”, écrit le Dr Jean-Paul Curtay dans “L’immuno-thérapie”. “Il est donc fondamental de veiller à optimiser nos apports alimentaires en magnésium, le nutriment qui permet d’améliorer notre production d’énergie et de réduire les retentissements des stress de tous ordres”.
Où trouve-t-on du magnésium ? Dans les eaux minérales, les céréales semi-complètes ou complètes, les légumes secs et le soja, les légumes verts, les oléagineux (noix, noisettes, amandes…), les fruits de mer. “En consommant une eau riche en magnésium et en augmentant la fréquence des aliments qui en contiennent, on peut améliorer ses apports quotidiens. Néanmoins, il n’est techniquement pas possible d’atteindre par l’alimentation, même bien choisie, les apports quotidiens recommandés. Tout comme la vitamine D ou la vitamine E, le magnésium fait donc partie des rares nutriments qui relèvent d’une complémentation.”


Ph.: Reporters

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