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14/05/2011

A Montalcino, l'or est de couleur rouge rubis

IMG_0530.jpgAu royaume du “Brunello di Montalcino”, nous sommes allés à la rencontre de Sandro et Filippo Chia, de Leonardo Frescobaldi, d’Andrea Costanti et de Cristina Mariani-May. Suivez le guide...   

Découverte: Pierre-François Lovens


LE PRINTEMPS A FAIT SON apparition depuis quelques jours à peine. Là-haut, perché sur une colline rocheuse, le village de Montalcino rayonne de beauté et de calme. Une forteresse pentagonale, érigée en 1361, signifie au visiteur le rôle stratégique joué par la commune de Montalcino à travers les siècles. C’est ici, rappellent inlassablement les guides de la localité, que les membres du gouvernement de la “République de Sienne” trouvèrent refuge au XVIe siècle face aux assauts des Médicis et de Charles Quint. Par très beau temps, on peut d’ailleurs apercevoir Sienne, mais aussi Pienza ou Montepulciano.

Depuis la terrasse de l’ancien hôpital, reconverti en maison communale, on peut embrasser d’un seul regard la splendide campagne toscane. Le tableau est composé de collines verdoyantes aux pentes douces; les forêts de chênes y côtoient les oliveraies. Mais le regard du visiteur se fixe irrémédiablement sur une myriade de parcelles éparses. Petites ou grandes, elles couvrent aujourd’hui quelque 15% des 24 000 hectares de la commune. Des surfaces argileuses et pierreuses dont jaillit un raisin – le sangiovese, appelé ici “Brunello”  – qui a hissé Montalcino au Panthéon des régions vinicoles les plus réputées au monde. 

Bienvenue, donc, au royaume exquis et enivrant du “Brunello di Montalcino”. On y recense aujourd’hui quelque 250 producteurs regroupés, pour la quasi-totalité, au sein d’un Consorzio créé en 1967 pour “sauvegarder, contrôler et promouvoir” les vins à dénomination de Montalcino (outre le Brunello, il s’agit du Rosso, du Moscadello et du Sant’Antimo).

Une première étape nous conduit dans le monde assez magique du Castello Romitorio. Sandro Chia et son fils, Filippo, nous reçoivent dans leur propriété de 300 hectares, dont une douzaine seulement est occupée par des vignes. Artiste peintre et sculpteur actif au niveau international, Sandro Chia s’est laissé convaincre, en 1984, par un riche mécène romain de rénover une imposante bâtisse  du XIe siècle accrochée au sommet d’une colline d’où on peut admirer Montalcino. L’artiste est rapidement tombé sous le charme du Brunello. De ses voyages en Californie, il ramènera “the best practices” en matière d’œnologie. Résultat: dès la fin des années 1990, ses “Riserva” de Brunello se distinguent. Aujourd’hui, c’est son fils Filippo, photographe, qui pilote  l’exploitation. Le mariage de l’art et du vin fonctionne à merveille.

Changement d’atmosphère et de décor en entrant dans le domaine du Castel Giocondo. Le propriétaire des lieux est Leonardo Frescobaldi, marquis florentin dont la famille règne depuis treize générations sur plusieurs vignobles toscans. A Montalcino, les 220 hectares  du domaine sont surtout dédiés au Brunello. Dans un français impeccable, le Marchesi passe en revue les millésimes. Sa “Riserva 2004” est un pur bonheur. Elégance, harmonie, longévité, style... La perfection n’est pas très loin.

On quitte le marquis pour rejoindre la modeste exploitation d’Andrea Costanti, vigneron dont le domaine de 10 hectares se situe au pied du village de Montalcino. Chez les Costanti, on est viticulteur de père en fils depuis le XVIe siècle. On y fait son travail avec humilité, en rendant un vibrant hommage à la maison Biondi-Santi (créée en 1840 par le grand-père d’un certain Ferruccio Biondi-Santi qui serait le concepteur du Brunello di Montalcino). Andrea Costanti parle avec simplicité de ses dernières cuvées de Brunello (dont le 2004 et le 2005 sont à pleine maturité) et de Rosso (à boire plus jeune).

Castello_Banfi1.jpgEn pénétrant dans l’allée qui mène au Catello Banfi, on passe dans un tout autre univers. Quelque 850 hectares de vignes, 350 employés, 80 000 visiteurs par an, des cuves de fermentation dernier cri, des caves grandioses... John Mariani, riche homme d’affaires américain qui a créé le domaine Banfi et en a confié récemment la présidence à sa fille Cristina, aurait investi des sommes colossales pour faire de Banfi un véritable “Wine Resort” (taverne-restaurant, hôtel, etc.). Le résultat est assez spectaculaire puisque Castello Banfi est devenu à la fois le plus gros producteur de vin en Europe et le premier exportateur vers les Etats-Unis. Le domaine symbolise à lui seul le succès d’une formule qui allie authenticité, tradition et excellence, mais aussi tourisme et ouverture au monde.        


Ph.: Consorzio/Brunello/Montalcino  et Banfi

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