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14/05/2011

Histoire de petites bêtes

15_38_06_626786341_Crapauds.jpgAucun jardin n’est semblable à un autre. Ses fonctions varient selon ses habitants. L’une doit être privilégiée aujourd’hui : offrir un habitat propice au plus grand nombre de petites bêtes.

Observation: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


QUESTION DE VISION. Ne l’oublions pas, les ravissants papillons, virevoltant pour le plus grand plaisir de tous, commencent par être des chenilles. Et là, le seuil de tolérance du jardinier chute radicalement. Il faut un certain flegme, en effet, pour regarder une bande de chenilles affamées dévorer ses plantes. La coccinelle faisait, elle, l’unanimité. Jusqu’il y a peu. Des petits malins ont trouvé futé d’en faire venir d’un autre continent pour d’obscures raisons. Les nouvelles venues prennent la place des nôtres, nous dit-on. Depuis, notre regard est devenu méfiant, toutes bêtes à bon dieu qu’elles soient. A qui a-t-on affaire ? Difficile de les différencier d’un seul coup d’œil. Le doute plane.

Que dire des araignées, plus habituées à se faire écrabouiller qu’admirer. Délit de faciès. Et pourtant, elles sont fascinantes. Leurs toiles à elles seules valent qu’on s’y attarde. Quelles merveilles. Une toile d’araignée à l’entrée de votre serre est un piège redoutable contre les pucerons ailés ou les piérides qui tenteront d’y entrer. Celle que l’on nomme l’araignée loup ne tisse pas de toile, elle, mais porte un cocon avec ses œufs qu’elle traîne partout. Les nouveau-nés montent sur son dos et y restent jusqu’à leur première mue. Un bel exemple de portage des bébés. C’est pour toutes les petites bestioles qu’elles dévorent que les araignées sont indispensables. Sans elles, la planète serait surpeuplée d’insectes.

Un jardin accueillant se révèle vite captivant. Il s’y passe toujours quelque chose. Les émules de Jean-Henri Fabre ne s’y ennuient jamais. Nul n’attend d’eux l’étude patiente des déplacements de l’escargot au fil des nuits, ni ses préférences alimentaires. Seul compte le plaisir d’avoir à portée de main un jardin vrombissant de vie et de se familiariser avec les animaux et les plantes qui y vivent. Ils s’habituent alors à nous et nous à eux. De nos attitudes dépend la réussite de l’entreprise. Très vite, les jardiniers se prennent au jeu et améliorent leur environnement pour qu’il soit de plus en plus hospitalier. Histoire d’élargir leur cercle d’invités. Pas besoin d’hectares pour commencer. Une simple jardinière au bord d’une fenêtre peut servir d’aire de repos à bien du beau monde.

Chez vous, les syrphes, les bourdons et les coccinelles seront chez eux, les pucerons aussi. En général, ils se débrouillent pour qu’un certain équilibre règne parmi leurs communautés jusqu’au moment où un geste malencontreux perturbe ce bel arrangement. Difficile, en effet, de rester serein, alors que les pucerons s’entassent sur vos rosiers. Il est très tentant de leur flanquer une raclée avec le dernier-né de l’industrie chimique. Résistez. En pulvérisant, vous avez toutes les chances de tuer leurs prédateurs. Et le ravageur, cause de vos soucis, réapparaîtra tôt ou tard sur un terrain libre de tout danger.

Ne rien faire et attendre patiemment est beaucoup plus malin. Les choses finissent par s’arranger. Vous pourrez toujours donner un petit coup de pouce à la nature en écrasant délicatement entre vos doigts les pucerons les plus accessibles.

Une chose est certaine, lorsque l’on jardine en respectant la vie de la flore et de la faune, il est tout à fait possible de rétablir l’harmonie entre tous les habitants et de jardiner sans recourir continuellement à des traitements. Le jardin s’autorégule. Car chacune de ces petites bêtes est utile à quelque chose. Plus accoutumés serons-nous à leur présence, plus acharnés serons-nous à les défendre. Que les amoureux des beaux jardins se rassurent, un jardin hospitalier ne veut pas dire jardin abandonné. Affaire à suivre.


15_37_58_408451571_Papillon.jpgDes fleurs toute l'année

Pour ces insectes auxiliaires du jardinier, il faut des fleurs. Syrphes, chrysopes, guêpes, papillons ont un régime alimentaire qui change selon leur cycle de développement. Les adultes butinent les fleurs et y prélèvent le nectar riche en sucre et le pollen riche en protéines. La quantité d’œufs pondus est généralement proportionnelle à la quantité de nourriture disponible pour les adultes, c’est-à-dire à la quantité de fleurs à déguster. De ces œufs sortent des larves qui sont de grands prédateurs des ennemis de nos cultures. Certains auxiliaires comme les syrphes et les coccinelles sortent dès les premiers redoux en fin d’hiver. Il leur faut donc des fleurs dès cet instant jusqu’à l’automne, avant leur repos hivernal. Les plantes dont les papillons sont très friands se cultivent sans difficulté. Souvent qualifiées de mauvaises herbes, c’est le cas de l’ortie et du séneçon jacobée. Chèvrefeuilles et houblon sont également des plantes hôtes. Les aromatiques sont, elles, riches en nectar et les papillons en raffolent.

Ph.: MNC & MPV

17:30 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, dehors, bêtes, jardin | |

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