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28/05/2011

Albi la rose

10_27_15_513740930_Carmaux_08-09_022.jpgAlbi ne vous fera pas voir la vie en rose que par la couleur de ses briques : cathédrale classée au patrimoine mondial, palais de la Berbie, musée Toulouse-Lautrec, balades dans la ville, rives du Tarn, il y en a pour tous les goûts.

Découverte: Pauline Higuet


SOUS LE SOLEIL DU SUD-OUEST de la France, Albi n’a rien à envier à sa voisine que l’on qualifie de rose, Toulouse (éloignée d’à peine une heure de route). Pour parler couleur, même si elle est surnommée “la ville rouge” en raison des briques revêtant les maisons traditionnelles, Albi donnerait plutôt dans le rose.

Mise en lumière par l’Unesco l’été dernier, la cathédrale Sainte-Cécile est l’un des joyaux de la ville médiévale. Elle aussi habillée de briques – c’est d’ailleurs la plus grande du monde à l’être –, elle domine le Tarn de toute sa hauteur. Un siècle aura été nécessaire à son édification : de 1282 à 1390. En son antre sont à voir un impressionnant orgue du XVIIIe siècle et, surtout, d’immenses fresques tapissant le plafond et les murs de bleu. Ces œuvres constituent la plus grande surface de fresques de la Renaissance italienne en France. Parmi ces peintures, on notera “Le jugement dernier”, situé sous l’orgue, dont la surface originelle couvrait près de 200 m². A ne pas manquer non plus : le jubé. Il referme le chœur grâce à ses portes en bois finement sculptées. Depuis la Révolution, des 96 statues qui ornaient le jubé à l’origine, il ne reste plus qu’Adam et Eve.

Situé juste à côté de la cathédrale, un autre édifice remarquable : le palais de la Berbie. Cette ancienne forteresse datant du XIIIe siècle, idéalement installée au-dessus des rives du Tarn, a été classée patrimoine mondial par l’Unesco en même temps que Sainte-Cécile, le 31 juillet 2010. Le palais abrite aujourd’hui le musée Toulouse-Lautrec, mais son jardin à la française, imaginé par Le Nôtre, est accessible à tous et offre une très belle vue sur la rivière coulant tranquillement à ses pieds. De là, le pont Vieux et le pont du 22 août 1944, enjambant le Tarn, se laissent aisément admirer.

Les rues rosées du centre-ville recèlent, elles aussi, des splendeurs architecturales. Albi ayant connu une grande prospérité aux XVe et XVIe siècles grâce à la culture et au commerce du pastel, les riches Albigeois ont édifié un grand nombre d’hôtels particuliers. Parmi les plus remarquables, citons l’hôtel Séré-de-Rivières ou encore l’hôtel Reynès. A travers la ville, les maisons à colombages et à encorbellements caractéristiques de la Renaissance sont légion. Toutefois, si l’on désire admirer une maison albigeoise traditionnelle, c’est à l’angle des rues Puech Béringuier et Croix Blanche que l’on se rendra. C’est, en effet, là que se trouve la maison du Vieil Alby. Restaurée en 1970, elle propose un éventail du patrimoine albigeois et tarnais à travers différentes expositions permanentes. La maison Enjalbert, aussi appelée Pharmacie des Pénitents, est un autre bel exemple d’architecture de type Renaissance. Construction typique du style albigeois, ses briques entrecroisées et son colombage sont admirables.

Toujours au centre-ville, la collégiale Saint-Salvi, mélangeant la pierre et la brique, est la plus ancienne église d’Albi (XIe s.). Particularité, elle possède un cloître du XIIIe siècle, inattendu et calme, au cœur de la ville. Il est, en outre, entouré des anciennes maisons des chanoines.

Après un petit tour dans les rues commerçantes, retour place Sainte-Cécile pour visiter le musée Toulouse-Lautrec. Il dispose d’un important catalogue d’œuvres du peintre du post-impressionnisme né à Albi en 1864. Plus de 1 000 œuvres de l’artiste sont ici conservées. La première partie du circuit est consacrée aux portraits et œuvres de jeunesse de Toulouse-Lautrec. La seconde présente, elle, des portraits et des scènes illustrant la vie parisienne du peintre. De nombreux dessins, affiches et lithographies sont également exposés. Enfin, pour les amateurs, la maison natale du peintre se trouve dans la rue éponyme (hôtel du Bosc). Autre Albigeois célèbre:  Lapérouse, ou plus précisément Jean-François de Galaud, comte de Lapérouse. L’explorateur français – né dans la ville du Sud-Ouest, au Manoir du Gô, en 1741 – dispose également de son musée. Et la maison qu’il a achetée peu avant son mariage, rue Toulouse-Lautrec, est toujours visible également.

Après ce tour de la ville, la place du Vigan, plus contemporaine et centre de la vie albigeoise, proposera une petite pause dans son secteur aménagé avec des bancs, des terrasses et des jets d’eau.

Pour terminer son séjour, on se laissera séduire par les berges du Tarn, amenant un peu de fraîcheur et de superbes vues sur la ville et les anciennes fortifications. La rive droite du cours d’eau révèle même d’anciens moulins en briques, aujourd’hui restaurés. Une balade à pied le long de l’eau ou même un petit tour en bateau sur les eaux calmes apaiseront les voyageurs avant de reprendre la route.


10_27_07_165351050_Carmaux_08-09_103.jpgAu milieu des nuages

Ne quittez pas la région sans avoir découvert Cordes-sur-Ciel, à une petite trentaine de kilomètres d’Albi. Cette cité médiévale a été construite en 1222 par Raymond VII de Toulouse, albigeois de son état, pour résister aux troupes de Simon de Montfort. La ville, principalement habitée par des tisserands, fut d’abord baptisée Cordoas, en hommage à Cordoue, ville du cuir, avant d’être renommée “Cordes-sur-Ciel” en 1993. Si vous visitez la région hors saison, vous comprendrez vite pourquoi : par temps nuageux, la cité semble être posée sur le coton des cumulus.
C’est en flânant dans ses ruelles empierrées, au détour des maisons gothiques, que l’on se laisse le mieux charmer par Cordes. Au sommet, la halle, dont la toiture est soutenue par 24 piliers, offre au marcheur une halte ombragée bien méritée par temps chaud. Si l’on devait ne conseiller qu’une rue, ce serait la grand-rue Raymond-VII bordée de maisons des XIIIe et XIVe siècles.
Un dernier conseil : ne pas hésiter à pénétrer dans les petites boutiques de la cité, les commerçants et les artisans locaux rivalisent d’originalité.

 

Ph.: Pauline Higuet

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