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28/05/2011

Envie "illimitée" de séries?

04881083--U10398797630JbD-267x150.jpgTélévision de rattrapage (catch-up tv) et vidéos à la demande (VOD) ne cessent de se développer. Les fans de série sont l’un des publics prisés des chaînes, qui souhaitent proposer une offre spécifique via la télévision numérique. Exemple avec le “Séries Pass” de RTL qui, en moins de deux mois, enregistre des scores plutôt “encourageants”.

Entretien: Karin Tshidimba


PROPOSER UNE CONSOMMATION TÉLÉVISÉE différente et plus ciblée, c’est le défi principal des chaînes aujourd’hui. Pour aller chercher un public plus jeune, plus exigeant, plus mobile. Dans ce combat, la télévision numérique est leur nouvelle alliée grâce aux possibilités qu’elle offre en matière de télévision de rattrapage ou “à la demande” (VOD). “Nous avons décidé de rentrer progressivement dans la VOD à partir de 2007. C’était un service complémentaire : permettre de revoir les JT de 13 et 19 heures. Le développement de la télévision numérique et l’arrivée de Belgacom TV ont rendu la démarche possible. Plutôt que de craindre les nouveaux modes de consommation, nous voulions voir ce que nous pouvions offrir de plus”, rappelle Stéphane Coruble, directeur “New Business” chez RTL.

Fin 2007, l’offre est élargie à d’autres programmes “Premium” (les magazines de TVI, etc.) et fin 2008, arrivent les premières séries. “A commencer par “Desperate Housewives”, qui était l’une des plus prisées sur notre antenne. La formule choisie était la télévision de rattrapage (catch-up tv). Puis progressivement, en 2009, nous avons développé la possibilité de “preview” (souvent, deux épisodes à l’avance) pour qu’il n’y ait pas cannibalisation de l’antenne. Disney a été le premier studio avec lequel nous avons établi cet accord”, poursuit M. Coruble.

En 2010, avec 1,6 million de vidéos consommées, nous avons enregistré une augmentation de 70 % de la consommation par rapport à 2009. L’ensemble des consommations est en progression et particulièrement celle des séries. Quant à l’impact sur la diffusion antenne, il reste nul. Nous n’avons pas constaté de baisse de l’audience générale ou moyenne. “Desperate Housewives” représente toujours entre 600 000 et 800 000 téléspectateurs et, en VOD, ce sont quelques milliers de personnes. C’est une niche et parfois, ce sont le mêmes qui regardent encore la diffusion antenne.”

Les programmes les plus recherchés restent les séries feuilletonnantes de Disney : “Desperate”, ce sont 120 000 épisodes consommés, “Grey’s Anatomy” et “Lie to Me”, c’est presque équivalent. “Flash Forward”, proposé en avant-première, et “24 h chrono” sont deux autres de nos hits. Une bonne série génère entre 30 000 et 50 000 VOD.” Pour y parvenir, des accords ont été établis avec tous les studios, à l’exception d’Universal. RTL achète les droits, série par série, et propose les épisodes à 3 €. “Mais pour les vrais fans (ceux qui consomment plus de trois séries par mois), nous avons développé un abonnement, le Séries Pass, qui revient à 9,95 € par mois et permet d’avoir accès à 200 épisodes à tout moment; l’offre est rafraîchie tous les mois. Notre ossature reste l’antenne, il s’agit d’une offre destinée à un public de niche. La règle est de rester en phase avec la programmation : offrir les épisodes trois semaines avant leur diffusion, pas plus.” Avec quelques exceptions comme “Les Tudor”. “Nous n’avons pas proposé “Les Tudor” sur TVI, qui étaient pourtant dans notre catalogue, parce qu’il s’agissait d’une fiction en costumes, plus élitiste. Mais sur les blogs et les sites Internet, il y avait des discussions qualitatives et passionnées, nous avons donc décidé de l’offrir en VOD. On a fait différents tests, qui ont conduit à des ouvertures progressives vers d’autres séries que celles proposées à l’antenne (“L’île fantastique”, “Kingdom Hospital”, NdlR). L’idée est de proposer des découvertes à notre public. Les résultats sont là : on a trouvé un modèle qui a son public et qui continue à évoluer.”

La volonté de “créer l’événement” ne renforce-t-elle pas le risque d’entrer en confrontation avec Be TV (Be Séries) ? “Je l’ai dit : l’idée n’est pas de concurrencer Be TV. En tant que télévision payante, ils ne sont pas sur les mêmes fenêtres de droits que nous. Nous achetons les droits pour une diffusion en VOD trois semaines avant la diffusion sur antenne et six mois après. Les studios essaient également de proposer des “US Première”, il y en a très peu. Les fenêtres de droits sont spécifiques pour la free tv et les épisodes ne sont disponibles qu’en VO sous-titrée, mais encore faut-il qu’une chaîne française ait acheté les droits en même temps que nous (car les Belges ne peuvent supporter, seuls, le coût du sous-titrage ou du doublage). C’est un accord que nous avons notamment signé avec Disney pour “Desperate Housewives”, “Grey’s Anatomy”… Nous aurons encore une ou deux avant-premières de ce type d’ici la fin de l’année… Les diffusions sont compliquées à planifier parce que nous programmons les épisodes deux par deux chez nous. Et parfois, il y a deux mois de décalage à cause de l’interruption de saison que pratiquent de nombreuses séries américaines, ou parce que le doublage (ou le sous-titrage) a pris du retard.” C’est ce qui a entraîné récemment les déprogrammations en cascade de “Grey’s Anatomy,” “Dr House” et “Esprits criminels”. Mais Stéphane Coruble reste confiant. “Une croissance à deux chiffres serait bien… On espère être bientôt sur Voo, cela ne va pas très vite en raison des soucis techniques.”


Ph.: Johanna de Tessières

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