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04/06/2011

Joystick, drugs and rock'n'roll

09_42_54_210212191_Duke_Nukem_Forever4.jpgLong d’un développement erratique de 14 ans, Duke Nukem Forever débarquera pour de bon ce 10 juin. Un retour corrosif attendu, sous forme de série B peuplée d’aliens et de pin-up. Rencontre avec Randy Pitchford, père d’adoption heureux et (presque) soulagé.

Avant-première: Michi-Hiro Tamaï


IL S’EST TANT FAIT ATTENDRE que certains fans ont préféré l’oublier. Cigare aux lèvres, Duke Nukem Forever affiche le triste record du développement le plus long de l’histoire du jeu vidéo. En 14 ans, ce jeu de tir vu à la première personne est ainsi passé aux mains de quatre éditeurs et changeait récemment de développeur. Après la faillite de 3D Realms (son père historique), Gearbox Software reprenait ainsi les rênes du titre maudit en 2009. Miroir déformant d’une certaine Amérique, Duke Nukem Forever sortira finalement sous nos latitudes ce 10 juin. Promis, juré.

Violente, grossière, machiste et bien entendu classée 18 +, cette série B au budget triple A semble compter parmi ces titres creux usant de la polémique pour se vendre. Les apparences sont toutefois trompeuses. Car derrière son humour gras et ses pin-up bonnet D, cette histoire d’invasion extraterrestre aussi grotesque que Mars Attack entend (entre autres) écorner le star system hollywoodien et ses acteurs narcissiques. Un milieu auquel Randy Pitchford, président de Gearbox Software, est sensible, lui qui dans une vie antérieure a été magicien professionnel à Hollywood.

Le personnage du Duke compile pas mal de répliques empruntées à John Wayne, Clint Eastwood et Bruce Willis. Le trait est grossi”, explique-t-il tout sourire. “Le jeu parodie des dizaines de films d’action récents et plus anciens via des clins d’œil.” L’ombre d’Arnold Schwarzenegger plane également sur le physique de son héros à l’ego surdimensionné. “Le plus incroyable est qu’aujourd’hui, Schwarzenegger veut bannir certains jeux vidéo violents des magasins en Californie”, fustige Randy Pitchford. “Une décision de la cour suprême devrait intervenir lors de la sortie du jeu. C’est assez paradoxal comme situation.” Repoussé pour (entre autres) améliorer ses performances graphiques, le titre peuplé d’aliens et de phantasmes sexuels (d’une allégorie parfois douteuse) n’en est pas à une situation ubuesque près.

09_42_47_810370485_Duke_Nukem_Forever2-348.jpgNous avons repris le projet à une équipe laminée psychologiquement. Après s’être fait virer, huit développeurs de l’équipe originelle ont continué à travailler bénévolement sur le projet. Ils ne voulaient pas lâcher l’affaire et mangeaient des pâtes au fromage. Je les admire. Au final, notre travail chez Gearbox a consisté à polir le jeu, à remplir certaines cases cruellement vides, mais je pense que Duke Nukem reste le jeu de 3D Realms.”

Présenté récemment à Anvers en avant-première, le Duke nouveau déploie pourtant à première vue une réalisation graphique austère, terne et bien en dessous des productions actuelles comme Killzone 3. En attendant le verdict de la version finale attendue ce 10 juin dans nos rayons, le jeu annonce une foule de phases de jeux réjouissantes. Traversée de phases de pilotage en buggy et de puzzle game, cette chasse aux extraterrestres variera les plaisirs en livrant, en outre, une approche plateforme. Le Duke se retrouvera, par exemple, en version miniature à escalader grille-pains et friteuses mortelles d’un fast-food où l’on sert… du chien.

L’interactivité potache (et légendaire), avec les décors du jeu, est, elle, à nouveau au rendez-vous. Futés, les développeurs ne l’ont pas limitée aux gimmick de farce et attrape de l’épisode 3D de 1996. S’entraîner aux haltères, se regarder dans un miroir ou signer un autographe permet ainsi d’augmenter sa jauge d’ego, qui remplace ici la traditionnelle barre de vie. A surveiller, car les combats contre les aliens, eux, relèvent toujours de la démesure. Les armes permettant de les glacer illico (pour les briser) ou de les miniaturiser (pour les écraser) en témoignent. Pas mal de blagues croustillantes en perspective donc, à même de dérider des jeux de tir sur console qui se prennent trop au sérieux. Reste à voir si les joueurs de 20 ans, qui n’ont pas connu l’épisode de 1996, riront également.

Infos : Duke Nukem Forever/Ed. – Dev. – 2K Games – 3D Realms/âge : 18 +/disponible le 10 juin sur PlayStation 3, Xbox 360 et PC.

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