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11/06/2011

La mode qui se moque du qu'en dira-t-on

11_24_55_153787017_pin_pu.jpgRégulièrement expérimentée dans la mode, la transparence oscille entre deux statuts, entre provoc’ et évanescence. Le design, de son côté, a choisi de la décliner, sous toutes ses formes, de la déco au mobilier.

A travers le viseur: Aurore Vaucelle


DANS L’UNIVERS DU DESIGN, l’objet transparent a le vent en poupe. Sans doute parce que sa maîtrise technique est signe de modernité. Parce que cette transparence, aussi, qui laisse passer la lumière et entrevoir les formes, est dans l’air du temps, un signe d’allégement, de dépouillement également – le dépouillement qui est plus que jamais l’une des tendances du moment et qui recouvre tout, sans laisser le champ aux objets plus complexes, à notre humble avis. Les designers les plus fédérateurs s’en sont en tout cas emparés ; on pense par exemple aux chaises de Philippe Starck qui se vendent, malgré leur prix pas vraiment modique, aussi bien que des soupes Campbell’s.

La mode, qui n’est pas insensible au cheminement esthétique du design, a donc ressorti de ses cartons, depuis quelques saisons, le transparent, de toutes les façons. On se souvient de la valise Chanel de l’hiver 2010 qui laissait entrevoir un espace pour le bâton de rouge à lèvres, les lunettes et l’iPod. La saison passée, la maison Prada faisait défiler tout un éventail d’accessoires, des sandales aux jupettes en tulle, en passant par le sac à main cristal qui donnaient à voir ce que la mode habituellement cache. Une démonstration volontaire qui en gêne plus d’un – sortir du lot gêne toujours quelqu’un.

Mais, si la transparence connaît ce succès atemporel dans le vestiaire des dames, c’est parce qu’elle joue astucieusement avec le concept du voilé/dévoilé, flirtant joliment entre la séduction et la légèreté. La lingerie l’a bien compris, elle qui s’amuse de cet ambigu paradoxe avec inventivité.

S’il fallait livrer un conseil à propos de cette mode qui techniquement “donne à voir” plus que de coutume, c’est qu’elle a d’abord à voir avec la manière dont la personne concernée l’assume. Et qu’on n’aille pas encore dire que les femmes “provocantes” ont cherché le statut – moralement peu avantageux – qu’on leur affuble, en s’habillant comme bon leur semble. Le sexisme passe aussi par ce genre de préjugé vestimentaire, à la vision limitée, et pas très transparente justement.


Ph.: Reporters / Marys Evans Pictures Library

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