Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

11/06/2011

La Patagonie, un retour aux sources

16_11_07_075776172_Pata9.jpgLe bout du monde, c’est souvent ainsi qu’on qualifie la Patagonie, cette longue langue de terre entre le Chili et l’Argentine, séparée par la cordillère des Andes. Les distances y sont énormes, le climat, rude et la nature, encore toute-puissante.

Découverte: Laure d'Oultremont


QUAND ON PARLE DE LA PATAGONIE, on pense tout de suite à la Terre de Feu, Ushuaia, le glacier du Perito Moreno ou encore les réserves naturelles d’El Chalten ou de Fitz Roy, situés dans le Sud de cet immense territoire de près d’1 400 000  km². Le Nord de la Patagonie argentine est plus souvent boudé, et pourtant la province de Neuquén ne manque pas de charme, et conserve un certain mystère… C’est d’ailleurs l’une des dernières régions d’Amérique du Sud à avoir été explorée par les Européens.

A quelque 1 600 kilomètres de Buenos Aires, il a fallu attendre le XVIIe siècle, pour qu’on s’intéresse à cette partie isolée entre pampa et montagnes escarpées. La partie la plus enchanteresse se situe dans la région des Lacs, entourée de forêts andines aux lichens qui tombent des arbres, et protégée par de nombreux parcs nationaux. La ville de San Martin de los Andes, au bord du lac Làcar, est devenue un important site touristique de la région, avec toutes les activités qui s’y rattachent : randonnée, canyoning, vélo, kayak, ski en hiver… Incontournable certes, mais très touristique… Un peu plus au nord, la petite ville de Junín a gardé plus d’authenticité. Moins envahie par le tourisme, elle n’en est pas moins privée d’intérêt… Certes, elle a vu naître Evita Peron, mais ce n’est sûrement pas ce qui intéresse à première vue le touriste qu’on y croise peu… Il faut dire que ce qui pourrait l’attirer, ce n’est pas la culture, mais les sports, parfois extrêmes.

Junín est d’abord la capitale de la pêche à la truite. Plus encore que sur les panneaux des rues surmontées d’une élégante truite gravée dans le bois, les eaux bleues du Rio Chimehuin regorgent de poissons que viennent narguer les pêcheurs à la mouche.

Junín est aussi le point de départ de l’ascension du volcan Lanín, à 60 kilomètres de là. Eteint depuis le XVII siècle, ce volcan, en partie argentin, en partie chilien, domine les alentours. Ce dôme parfait, au sommet éternellement enneigé, nargue toute la région. Les alpinistes confirmés atteindront en deux jours ses 3 776 mètres et pourront découvrir le cratère large de près d’un kilomètre et la vue époustouflante qui donne sur la cordillère des Andes.

Englobant le volcan, le parc national Lanín a été classé patrimoine mondial de l’Unesco en 1981. Plusieurs réserves naturelles, dont celles de Huechulafquen, offrent de nombreuses balades balisées pour les randonneurs. Le lac du même nom fait aussi l’objet d’une promenade sans doute moins sportive, mais tout aussi intéressante. “El catamaran”, un bateau à moteur, vous fait découvrir en une heure des paysages variés, dessinés par les éruptions volcaniques du XVIIe siècle. C’est l’un des rares endroits où l’on peut observer l’existence d’espèces naturelles naines qui ont poussé sur la lave.

Mais avant tout, les alentours de Junín sont bordés d’estancias, ses fermes locales où l’on élève vaches et moutons. C’est là que vivent les péons, les fermiers locaux que l’on reconnaît à leur élégante tenue traditionnelle. Coiffés d’un béret, ils portent les bombachas, ce pantalon bouffant à la ceinture duquel dépasse un long couteau, l’indispensable outil du quotidien, des espadrilles, un gilet et un foulard autour du cou. Vous les croiserez assurément à la feria annuelle de rodéo de Junín de los Andes, mais c’est surtout dans les grandes étendues, sur leur cheval, qu’ils sont les rois. Certaines estancias sont ouvertes au public et tentent de reproduire, certes en plus confortable, la vie de ces hommes. Promenade à cheval dans des paysages presque lunaires, assado de mouton sous des araucarias locaux, rapatriement du bétail… Durant ces longues journées, il arrive d’apercevoir un timide puma ou un aigle… Et surtout, la vie reprend un rythme plus lent, en respect avec la nature, qui fait la loi, comme autrefois.


16_10_54_398557067_Pata11.jpgLa feria de Junín

Chaque année au mois de février, la feria rassemble les péons de la région venus tester leur agilité sur de jeunes chevaux sauvages. Douze secondes, c’est le temps qu’ils doivent rester sur leur destrier… Un important marché a lieu sur la place centrale de Junín de los Andes. On y trouve les tenues traditionnelles, l’équipement équestre et les fameux couteaux, que les péons ne quittent jamais, même sur des chevaux sauvages… L’occasion de s’immiscer dans une vie qui semble n’avoir pas bougé depuis des décennies…


Ph.: Laure d'Oultremont

18:00 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, patagonie | |

Les commentaires sont fermés.