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11/06/2011

Le savoir-faire belge s'exporte très bien

futuroscope_huitc11num_113.jpgLe Futuroscope a dévoilé en avril sa dernière attraction, “Le huitième continent”. Une merveille technologique qui mêle réflexions environnementales et divertissements.

Thibaut Vinel


LA P’TITE DERNIÈRE DU Futuroscope se nomme “Le huitième continent”. Inaugurée en avril 2011, l’attraction vous invite tout simplement à sauver le monde. Votre arme ? Un pistolet ! Votre adversaire ? Le huitième continent bien sûr.

Vous l’ignoriez peut-être mais ce continent existe réellement entre la Californie et Hawaï. Aussi grand que l’Afghanistan, cette énorme île n’est autre qu’un amoncellement de 3,5 millions de tonnes de déchets divers. Pas très glam et chic. Comme tout le monde s’en moque, une PME wallone sise à Mont-Saint-Guibert, Alterface, est partie en croisade contre ce péril qui est condamné à croître si personne ne bouge. Tel accident vient de l’impéritie des êtres humains à remettre leur mode de fonctionnement en question.

Spécialisée dans la technologie de pointe, Alterface a joint l’utile à l’agréable en présentant aux visiteurs du parc français un parcours didactique et divertissant. En effet, la marraine de l’attraction, la navigatrice Maud Fontenoy, donne une série de conseils pour préserver notre environnement sans chercher à faire culpabiliser la race humaine.

Lorsque l’attraction démarre, le jeu reprend le dessus. Installés sur une moto des mers amovibles, les visiteurs ont la délicate mission de tirer avec un revolver high-tech sur tous les déchets. Un classement final détaillé, photo à l’appui, rappelle ceux qui ont participé activement à la destruction de cette dérive honteuse de nos civilisations.

Derrière ces quelques minutes de plaisir pour des millions de visiteurs se cache donc une entreprise belge qui a œuvré durant huit mois pour offrir ce magnifique produit. Alterface en a profité pour souffler ses dix bougies et une réussite galopante comme l’attestent ses 6 millions de chiffre d’affaire prévu cette année.


Entretien avec Benoît Cornet, le CEO d’Alterace qui a découvert l’idée originale dans un secteur ultra concurrentiel qui évolue en permanence.

Benoît Cornet, parlez-nous d’Alterface, cette petite société dont l’expertise est mondialement reconnue…
En 2001, à Louvain-la-Neuve, nous avons créé une petite boîte qui réalisait des travaux scientifiques. A force de courir les plus grands salons à travers le monde, nous avons diffusé notre savoir.

Justement, en quoi avez-vous révolutionné les milieux technologiques ?
Nous sommes partis d’un constat aussi simple qu’efficace. Les montagne russes, longtemps considérées comme l’attraction reine d’un parc, appartiennent au passé. Les multiples révolutions de l’image offrent du rêve et de la magie à toute la famille.

Concrètement, qu’avez-vous inventé ?
Une interaction avec l’image. En d’autres mots, le cinéma interactif. Nous avons d’abord attaqué le marché des musées, mais celui-ci s’apparentait à un one shot. Dès que notre logiciel Salto était installé, nous n’avions plus de travail. Nous avons alors cherché d’autres systèmes d’exploitation.

Les parcs d’attraction entrent alors dans la danse…
Dans les parcs, les gens raffolaient des écrans géants. Nous avons créé une interaction entre eux et l’histoire qu’ils regardaient. En 2006, nous avons ouvert notre première attraction interactive à Bobblejaland, le Desperados. Dans un décor de western, les gens doivent tirer sur l’écran. Un peu comme le huitième continent du Futuroscope. Pour les compétiteurs, un classement les poussera à essayer, le repeat business, à plusieurs reprises l’attraction qui accueille 84 personnes en même temps dans deux salles différentes. D’habitude, ce genre d’activités réunit quelques visiteurs en même temps.

Réussie sur un plan technologique, l’attraction s’avère moins spectaculaire que sa grande sœur, Arthur. Pourquoi ne pas avoir poussé plus loin la 4D ?
Durant deux ans, nous avons discuté avec les gérants du Futuroscope qui ne voulaient pas d’un Arthur bis. Nous avions trois contraintes : respecter un petit espace, pousser les gens à revenir et accueillir de nombreux visiteurs en une journée.

Ph.: M. Vimenet

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