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18/06/2011

Nagui en toute sincérité

15_09_06_744515889_TARATATA2010_216453--U11470137588xDI-97x100.jpgTaratata fête la musique fait étape à Bruxelles le mardi 21 juin. Un grand show à suivre sur France 2, La deux et en radio, sur Twizz dès 20h35. En prélude à cette grande soirée, rencontre à Paris avec Nagui pour évoquer, au-delà de “Taratata”, ses choix de producteur, sa passion des jeux. Et ses choix tout court.

Entretien: Virginie Roussel, correspondante à Paris


France 3 vous doit feu “Ombre et Lumière”, de très beaux entretiens menés par Philippe Labro que vous avez fait revenir à la télé. Souhaiteriez-vous produire d’autres émissions culturelles ?
Il faut être deux quand on fait l’amour. Il faut un émetteur et un diffuseur. Je suis extrêmement fier d’une émission de rencontres, d’interviews sur Paris Première avec Pierre Lescure “Tôt ou tard”. C’était d’abord un pilote pour France 2, qui n’en voulait pas. Je rêverais de reprendre “Ombre et Lumière”, avec Labro. Sans lui, ce ne serait qu’ombre.

Combien de concepts avez-vous proposés aux équipes de Rémy Pflimlin, nouveau PDG de France Télévisions ?
Une demi-douzaine. Le problème n’est pas tant le concept, mais le moment, la personne à qui vous le proposez. Il faut que tous les astres soient dans de bonnes dispositions. Plein d’autres projets sont arrivés d’Eléphant et Compagnie, de Rachel Khan, de Fogiel. Et tant mieux.

Les jeux rémunèrent mieux ?
Non, je ne me bloque pas. Un de mes rêves, c’est de présenter une émission comme “Mon Zénith à moi” avec Denisot. Etre dans l’écoute, dans l’opération chirurgicale de tout ce que l’invité a pu dire, faire. J’ai fait des documentaires aussi, des fictions. Avec Labro, on produit une fiction adaptée d’un roman de Benoîte Groult : “La touche étoile”, sur France 2.

Vote nouveau jeu, “Momentum”, sera diffusé à la rentrée…
Il se glisse au milieu des trois autres, en salve : “N’oubliez pas les paroles”, “Chérie, fais les valises”, “Tout le monde veut prendre sa place”. Un autre est même en préparation. Quand vous tombez sur une bonne idée, vous vous dites que ça vaut quand même la peine de l’exploiter. “Momentum” a été créé à l’étranger, mais jamais diffusé. Nous réalisons son décor, son habillage, son générique, son format… Le travail est aussi difficile que pour une création. J’ai appris que “Money Drop”, le jeu anglais pris par TF1, s’appellera, en France… “Money Drop”.

Difficile de rivaliser avec TF1 sur le marché international des jeux ?
“Momentum” a été présenté au Mip, sur le papier. TF1, visiblement, était intéressé et nous aussi. Il fallait donc être plus “pushy”. Et d’un, je me suis adossé au groupe Banijay, qui a été plus réactif et a acheté l’option. Et de deux, les auteurs travaillent pour un producteur que je connais. Je les ai appelés et je leur ai dit : si Banijay prend ce format-là, c’est moi qui l’animerai. En ce moment, tu ne peux pas avoir mieux ! On éclate de rire parce qu’évidemment c’est de l’immodestie. Sauf que tout a basculé à la fois avec le sérieux et la rigueur de Banijay, à la fois avec la relation humaine qu’on peut avoir. Et de trois, France 2 donnait l’assurance de mettre le jeu à l’antenne. TF1 met souvent du temps.

Vous avez remis Patrick Sabatier en selle, en le produisant dans “N’oubliez pas les paroles”. Depuis qu’il vous a quitté, que pensez-vous de son évolution ?
Rien. Je dirais juste que je continue de travailler avec Philippe Labro.

Delarue reviendrait en septembre. Bonne idée ?
C’est un très bon professionnel, un très bon producteur. La drogue est une maladie, je pense. Loin de moi l’idée de juger. C’est comme quelqu’un qui a été malade et qui a arrêté. Je trouverais tout à fait normal qu’il revienne. Si maintenant les choses sont plus graves, comme cherche à le savoir la justice, si ça relève du deal, du délit en l’occurrence, c’est autre chose. Le prosélytisme peut être dangereux.

Les médias sont-ils viciés par la drogue ?
J’ai vu une fois, dans une boîte de nuit, de la cocaïne à moins d’un mètre. Sinon je n’en ai jamais vu de ma vie dans le milieu de la télé. Jamais, ma parole d’homme ! C’est donc un peu facile ce genre de raccourci, comme les escort girls, le libertinage. Le problème est qu’il y a une mise en lumière autour des gens de la télé, du cinéma, de la télévision, de la musique. Mais très sincèrement, je connais plus de musiciens qui sont au bio et “bobos” que de camés dangereux et alcooliques. Dans les années 80, peut-être. Heureusement, ce n’est plus à la mode, un peu comme les 4X4.

Avec quelle voiture roulez-vous ?
Une Lexus hybride totalement électrique. C’est silencieux et vous avez un sentiment de propreté.

Merci Nagui.
C’est moi qui vous remercie. Et j’ai été extrêmement sincère, vraiment, sur tout.

On lira également un entretien avec Nagui centré sur ce “Taratata” spécial dans le supplément “Pop Rock” de “La Libre” de ce mardi 21 juin.



Twizz resserre ses liens avec Europe 1

Joli coup pour Twizz Radio, qui a décroché ce partenariat avec “Taratata fête la musique” à Bruxelles. Un partenariat décroché au nez et à la barbe de la RTBF, qui avait, elle aussi, tenté de retransmettre l’émission en radio (elle le fera uniquement en télé sur La deux). Mais France 2, liée par un accord avec Europe 1, a été catégorique : ce sera Twizz qui prendra l’antenne dès 20h05 en retransmettant jusqu’à 20h35, avant le début du show donc, une émission spéciale d’Europe 1 rendant compte de l’ambiance sur la place des Palais. “Nagui est un vrai pro, explique le directeur des antennes de Twizz, Jean-Lou Bertin. Deux scènes sont prévues pour que les artistes se succèdent sans aucun temps mort à l’antenne. Chez nous, il y avait évidemment la volonté d’avoir quelques artistes belges mais cela reste une émission française. Il fallait donc des artistes avec déjà une certaine notoriété en France.” Au-delà de la diffusion du “Taratata” en lui-même, Twizz enverra un journaliste sur place le lundi et le mardi pour rendre compte au fil de la journée de la préparation, du montage des scènes, de l’arrivée des artistes, des répétitions…

France 2, TV5, La deux, Europe 1, Twizz. Cela en fait des diffuseurs ! Mais au-delà de l’émission en elle-même, ce partenariat est important pour Twizz, dont l’audience peine à décoller. “C’est intéressant de pouvoir s’associer à une émission de qualité comme celle-là, avec de bons artistes, un peu à l’image de la radio qu’on veut faire. Nous avons beaucoup investi dans l’annonce de l’événement, la promotion, l’affichage… C’est important pour nous, pour gagner en visibilité avec un événement festif, un grand concert gratuit. J’ai regardé la météo : il devrait faire beau mardi soir !

Après l’arrivée du “On va s’gêner” de Laurent Ruquier sur Twizz l’après-midi, ce “Taratata” spécial (prélude à une diffusion systématique de l’émission sur les ondes de Twizz à la rentrée, comme cela se fait en France sur Europe 1 ?) renforce en tout cas les liens entre la radio belge et la station du groupe Lagardère. “On est dans une période où les choses se mettent en place, explique Jean-Lou Bertin. Côté relationnel, on a dépassé le simple accord sur papier; nous avons la volonté de grandir ensemble. Europe 1 a toujours tenté d’être différent dans le paysage radiophonique français. Nous avons une philosophie assez proche; on a l’ambition d’apporter quelque chose de neuf.” Pas question ceci dit pour l’instant d’aller plus loin et de transformer Twizz en antenne belge d’Europe 1. “L’ancrage local d’une radio est très important. Je ne pense pas que si Bel RTL diffusait tous les programmes de RTL France, ses audiences seraient aussi bonnes…”, conclut le directeur des programmes de Twizz.


Ph.: France 2

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