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18/06/2011

Quelques vestiges entre la montagne et les flots

guler%20mer.jpgAu sud-ouest de l’Anatolie, la Riviera turque dévoile, entre ses montagnes, ses eaux turquoise et sa végétation méditerranéenne encore sauvage, les vestiges archéologiques des peuples, essentiellement romains, qui ont habité la côte lycienne.

Croisière bleue: Stéphanie Grofils


AUX PIEDS DES MONTS TAURUS qui bercent l’Anatolie du sud-ouest, la côte lycienne est la porte d’entrée de la Riviera turque. Celle qu’on appelle, à juste titre, la Côte turquoise caresse la Méditerranée et invite au voyage sur ses eaux azur et cristallines.

Embarquement à bord du Gulet, un voilier turc à moteur, construit entièrement en bois. Chacun a sa cabine, pourvue d’une double couchette et d’une petite salle de douche. Sur le pont, on profite autant du salon ombragé que de l’espace “plage et détente” à l’avant du bateau, face au vent, au soleil, et aux falaises abruptes qui plongent dans la mer calme et limpide.

De Demre à Kemer, la croisière bleue dévoile, çà et là, sur les rives bardées de végétation méditerranéenne, les vestiges archéologiques des peuples – perses, grecs, et romains surtout – qui ont habité la côte lycienne.

Myra.jpgPremière escale à Demre, connue pour la nécropole lycienne de Myra (Ve s. ACN). Ces tombes rupestres, creusées dans le flanc d’une montagne rocheuse, sont sculptées à l’image des habitations de l’époque. C’est le seul savoir-faire indigène qui rendra les Lyciens célèbres. Le théâtre romain, qui jouxte les sarcophages, est incroyablement bien conservé. Détruit au cours d’un tremblement de terre en 141, il est rapidement reconstruit grâce à un riche mécène (IIe s.). Il est ensuite aménagé pour accueillir des spectacles de gladiateurs. Les gradins, composés de trente-cinq rangées de sièges, sont supportés par des arcades, décorées de masques de théâtre et de représentations de scènes mythologiques. L’autre seul intérêt de Demre est l’église Saint-Nicolas : une basilique byzantine, datant du Ve s., partiellement restaurée, qui abrite encore de grandes fresques.

De retour à bord du Gulet, l’équipage – composé d’un skipper, d’un second et d’un cuisinier – navigue vers un petit coin de paradis perdu, pour servir le repas. Poisson grillé, plats de légumes frais et bien assaisonnés, tzatziki, boulgour… Rien de tel qu’une cuisine simple, locale et familiale, au milieu d’un paysage maritime et serein.

Après une sieste au soleil cuisant sur le pont, une petite baignade s’impose. Le capitaine jette l’ancre dans une ravissante crique isolée entre deux parois escarpées, où les vacanciers peuvent se rafraîchir dans la mer, claire et délicieuse.

Comme le rivage n’est jamais loin d’un site archéologique, après le bain de soleil, la petite famille du Gulet fait étape dans les anciennes villes grecques d’Olympos et Phaselis.

Olympos est un site protégé, connu pour son parc naturel et son littoral où les tortues de mer viennent pondre leurs œufs. La ville hellénistique (IIe s. ACN), passée ensuite sous le joug romain, recèle quelques monuments, comme des tombeaux en marbre, un amphithéâtre et des thermes, tous en ruines et envahis par la végétation.

Phaselis est certainement la cité antique lycienne qui allie le mieux visite et détente. On y accède par la mer, on passe par la porte d’Hadrien qui commémore la visite de l’empereur en 129, et on traverse l’ancienne ville par une “grand-rue”, bordée de pins et de vestiges grecs et romains : des thermes, trois agoræ, un théâtre, un aqueduc… Cette allée aboutit ensuite… sur une autre charmante petite plage.

L’équipage ne manquera pas, enfin, de passer par Kekova durant le voyage, une petite île qui renferme l’épave de l’ancienne cité d’Apollonia, en grande partie immergée.

Cette croisière bleue, le long de la Côte turquoise, sous un ciel azur, combine idéalement des vacances au grand air marin, du farniente dans les eaux translucides ou dans les criques sauvages, aux visites-promenades culturelles d’anciennes civilisations de Lycie.


Ph.: S.Grofils

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