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25/06/2011

Belles ombelles

12_02_32_219225177_Orlaya.jpgDe fossés en talus, les ombellifères vagabondent au bord des routes et des chemins de campagne. Habituées du potager, elles se glissent petit à petit dans nos jardins. La cour et la ville des insectes s’y rencontrent. Que demander de plus ?

Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


CES BELLES OMBELLES ont longtemps fait partie de la famille des ombellifères reconverties depuis en apiacées. Histoire récurrente en botanique que ces changements de patronyme dus aux progrès de la science. Combien de temps faudra-t-il pour que ce nom lié à celui des abeilles n’évoque à nouveau ces belles fleurs en forme de parachute ? Peu importe. Elles n’en sont pas moins bien jolies. Ces aériennes architectures végétales fascinent celui qui prend la peine de les contempler. Une multitude de minuscules fleurs sont disposées en figures très graphiques, parfaitement régulières, organisées, plates ou bombées, voire sphériques. Pas une qui ne sort du rang. Chaque pétiole a la taille exacte pour que l’ensemble soit parfait.

Parfois comestibles, de temps à autre empoisonnées, souvent parfumées, toujours décoratives, elles peuplent avec grâce jardins d’aromatiques et plates-bandes fleuries. Des plantes populaires comme les astrances et les panicauts font partie de cette très vaste famille et bien d’autres encore moins connues. Elles sont réparties dans toutes les régions du monde plutôt tempérées et sont particulièrement difficiles à identifier. Qu’à cela ne tienne.

Les jardiniers ont fait leur choix et en ont sélectionné quelques-unes qu’ils utilisent avec plus ou moins de succès selon leurs sols.

La plupart du temps originaires des régions ensoleillées, elles sont assez tolérantes à la sécheresse. Il y en a toutefois qui préfèrent les lieux plus frais et la mi-ombre. Commençons par celles-là. Le cerfeuil musqué, Myrrhis odorata, cette aromatique à forte odeur d’anis est utilisée comme le cerfeuil en tant que condiment. Son beau feuillage est joliment découpé, il reste beau jusqu’en automne. Les fleurs apparaissent en juin. Il tolère aussi l’ombre sèche. Le cerfeuil hérissé, Chaerophyllum hirsutum ‘Roseum’, lui ressemble un peu, mais fleurit en rose et se ressèmera si vous lui offrez des conditions favorables. Ravissant sous le couvert des Cornus kousa avec des Tellima grandiflora. En fleurs au printemps, il apprécie un peu de fraîcheur. Quand il se plaît, il peut atteindre un mètre de hauteur. D’autres ne poussent que dans des milieux drainés et ensoleillés. Comme le Meum athamanticum, le fenouil des Alpes, une plante moins connue, petite, avec un feuillage d’une extrême délicatesse et des inflorescences d’un blanc pur au printemps, sans doute la plus raffinée de toutes les plantes sauvages du jardin. Elle aime les endroits rocailleux bien drainés et ensoleillés avec un peu de calcaire.

Terminons par deux splendeurs estivales encore trop rares. Cenolophium denudatum au feuillage assez proche de celui de la carotte avec une floraison immaculée, une merveille en mélange avec quelques Verbena bonariensis.

Au mois de juillet, c’est le tour de celle que l’on surnomme parfois la reine des ombellifères, le Selinum wallichianum. Cette grande plante à la séduisante silhouette a permis dans plusieurs jardins le retour de ce splendide papillon qu’est le machaon. Sa chenille l’adore et c’est un véritable honneur que de la contempler dévorer votre pensionnaire préférée. Cette native de l’Himalaya a un feuillage plumeux très divisé comme celui d’une fougère, de belles tiges bordeaux et des ombelles d’un blanc lumineux, elle montre une nette prédilection pour les sols frais et riches, mais bien drainés, argileux et humifères, au soleil ou à mi-ombre.


12_02_36_430146589_Pimpinella.jpgDes feuillages délicats mais aussi colorés
Ces plantes ajoutent parfois, à l’intérêt de leur belle végétation architecturée, une couleur inhabituelle de feuillage ou de fleur. Ceux que les nuages de cerfeuil et de carotte sauvage le long des routes enchantent seront tentés par la forme au feuillage pourpre du cerfeuil, Anthriscus sylvestris ‘Ravenswing’, moins invasif. Pas toujours facile à réussir, car très apprécié des limaces dès son plus jeune âge. Plantez-le à la mi-ombre en compagnie d’autres plantes appréciant cette situation comme les sceaux de Salomon. Tout le monde ou presque connaît l’angélique, Angelica archangelica, trônant souvent au potager. Au jardin, on l’utilise avec réticence, car elle est monocarpique. C’est-à-dire qu’elle meurt après la floraison. Il existe une angélique à remarquables fleurs et tiges bordeaux, A. gigas. Les abeilles en sont folles. Plus simple à cultiver, le fenouil à feuillage bronze, Foeniculum vulgare purpureum, est une plante ornementale à placer au fond des massifs. Il aime les sols riches sans humidité stagnante en hiver.


Ph.: MNC & MPV

15:31 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, dehors, ombelles | |

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