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25/06/2011

Cet été, bronzez intelligent !

14_36_11_276553309_img391.jpgIl y a peu de temps (le 14 mai), dans une rubrique voisine du “Momento” (en “Médias”), on critiquait vertement la presse féminine à tendance normative et prescriptive. Et là, qu’est-ce qu’on fait au juste ? On vous conseille un peu de littérature aux intitulés diablement injonctifs. Mais attention, pour votre bien : devenir la femme idéale. Et pas n’importe laquelle : une femme sublime (parfois), épilée (peut-être), complexe, sûrement. Programme de l’été chargé.

Pommade littéraire: Aurore Vaucelle


Prescription qui ne se refuse pas : “Devenez une femme irrésistible !”

Pour celles et ceux qui supportent (encore) le ton de la littérature dite de développement personnel, cet ouvrage est : idéal et supportable. Rempli de poncifs – mais, attention, sur le ton de la rigolade –, ce livre indique, sur le mode de la liste des petites choses à faire, la manière de devenir “i-rré-sis-tible” ! La promesse du titre peut faire peur évidemment. Est-ce à dire que le jour où l’on sera descendue dans la rue, ébouriffée et en survêtement, pour aller chercher des croissants à la boulangerie, on sera poursuivie de regards assidus… Si la lectrice type de cet ouvrage ne souhaite évidemment pas le harcèlement, il est cependant inconséquent de demander à la littérature de développement personnel de faire dans la dentelle. Dans le chapitre qui narre par le menu la manière de bien vivre son célibat, l’on apprendra que, parmi les mille grâces de la vie seule, on dépense moins d’argent et qu’on a la salle de bain à soi tout seul. On poursuivra sa quête de la “sublime attitude”, à coups de tests ultras pointus. On apprendra notamment à déjouer les tours facétieux des hommes qui ne draguent que pour le physique. (Si, si, ça existe). Mieux que cela, en femme accomplie, on conclura par une idée neuve tout à fait bouleversante. Pour être irrésistible, il ne faut pas avoir une ESB. Une ESB : qu’est-ce donc ? Enfin, chers amis, c’est une “Estime de Soi en Baisse”. Là-dessus, on va un peu travailler son SDLN (Sens De La Nuance).
(“Devenez une femme irrésistible !”, par Jodi Lipper et Cerina Vincent, 17 € env.)

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Pile poil ce qu’il faut, façon calembours : “Epilez-vous”

Parodique, caustique, désopilant (?), tels sont les objectifs littéraires défendus par Aristophane Aisselle, dans son dernier ouvrage “Epilez-vous !” Copiant son maître et homonyme, Mr Hessel, et donc sur le ton de l’indignation, il livre ici une tirade sur les nécessités de bien se préparer à l’exercice de la plage, nécessité parmi lesquelles il souligne l’épilation en bonne et due forme. “Peau lisse partout, justice nulle part”, clame l’auteur, signifiant ainsi que nous ne sommes pas tous égaux devant la pilosité, la manière dont elle nous arrive et la manière dont on la gère. Il y est aussi question, avec raison, de la protection solaire complètement indispensable mais qui n’a pas toujours le vent en poupe. Citons, pour exemple, cette expression bien souvent entonnée sur les plages : “Rah, la crème, c’est poisseux, j’aime pas”. Vindicatif, l’auteur se lance dans une campagne contre le mélanome, au risque de passer pour un donneur de leçon : “Ne lésinez pas sur les doses de crème (de protection) sous prétexte de décroissance et de lutte contre la société de consommation, alors même que vous avez acheté un paréo à 28 euros le matin même”. Et sur cet aspect-là, il n’a pas tort. Pour le reste, plus de circonspection. Trop de calembours tue le calembour, Mr Aristophane Aisselle.
(“Le manuel d’indignation à lire sur la plage”, par Aristophane Aisselle, 3 € env. Dans la même collection : “Imitez-nous” par le collectif Caméléon, “Appliquez-vous”, par Stéphane Vaisselle)


14_36_20_060028618_img396.jpgCorrosif ET ludique : “20ans, je hais les jeunes filles”

Un féminin qui rue dans les brancards, c’est assez rare pour qu’on le mentionne. “Je hais les jeunes filles” est une anthologie savoureuse du remuant magazine “20ans”, dédiée aux jeunes femmes qui se baladent dans la vingtaine à grands coups de sourires Email Diamant. L’auteure, Marie Barbier, elle-même lectrice de la revue dans les années nonante, a décidé de revenir sur le contenu éditorial de ce magazine qui ne s’en laissait pas conter. Créé en 1961, pour les jeunes femmes qui aiment à découper patrons et recettes de cuisine dans leur revue préférée, “20 ans” se radicalise à la fin des années septante pour le plus grand plaisir jubilatoire d’un lectorat de convertis. Le contenu est volontairement décalé. Les intitulés baroques (“Moche et sexy : ceux qui préfèrent les vilaines”) et accrocheurs (“40 plans minables pour garder un mec”) sont à l’image de chroniqueurs hauts en couleurs parmi lesquels Alain Deloin ou Nadine de Roquefort. Enfin, les tests proposés aux lectrices (“Etes-vous tombée sur un branché ?”, “Les mecs qui ne servent à rien”, “Est-ce que les minets vieillissent bien” ?) traduisent une liberté de ton qui fait du bien et souvent inspirée de la vraie vie – ce qui n’est pas vraiment le cas des magas féminins. Mais si “20 ans” donnait à voir un monde un peu bizarre, troublant et pas très bien rangé, ce n’est pas si étonnant, car finalement, les gens sont bizarres, non ?
(“20 ans, je hais les jeunes filles” par Marie Barbier, 20€ env.)


14_36_09_055264287_img393.jpgAnticonsumériste et un poil féministe : c’est pas triste

Deux p’tits gars, Ed et Darren, se demandaient bien ce pourquoi la Providence les avait mis sur Terre. Un jour, ils comprirent quel était leur destin : faire parler la dame parfaite de la publicité, celle aux dents blanches qui balade l’aspirateur magique ou fait manger la panade à bébé. Depuis, ils en ont fait un business à gadgets, ce qui n’enlève rien au message véhiculé. Antimachiste, anticonsumériste, un rien perché, les filles de la publicité n’ont plus leur langue dans leur poche, et on aimerait bien voir ce que ça pourrait donner, tout haut, en société.
(“You say a I’m a Diva like it’s a bad thing”, par Ed Polish et Darren Wotz, 15 € env. A voir aussi sur la toile, le site www.ephemera-inc.com)


14_36_13_450505539_img394.jpgErudit pince-sans-rire : “Les 50 règles d’or du relooking”

Il faut de tout pour faire un monde, c’est ce que semble nous raconter Cristina Cordula, auteure de ce minidico du comment il faut faire quand on est une femme et que l’on ne veut pas paraître tout à fait à côté de la plaque. Donc, Cristina C. conseille toutes les femmes, les femmes en 8 (comprenez en forme de huit), mais aussi les femmes en V – “tout en muscles, leur carrure est plus large que leurs hanches” –,  mais aussi les grandes, les échevelées, les bossues… (Rien n’est précisé pour la femme entre deux catégories. Bonjour la norme ! La différence, ses différences ? On les garde pour sa séance chez le psy.) Une fois que l’on sait dans quelle case on se situe, tout va mieux. Enfin presque. Tout est listé ici-bas, ce que l’on peut faire ou pas. On n’y coupe pas de ce point de vue-là, l’auteure est prêchi-prêcha. Mais si elle n’a (sans doute) pas inventé le fil à couper le beurre, ses petits trucs pourraient trouver bonne place dans un vade-mecum fort utile et intitulé : “Comment éviter le plantage complet quand on évolue en société, et sans forcément copier son voisin de palier.” Donc, parmi quelques trésors informatifs, on lira, ici, qu’on n’assortit pas maquillage et vêtements, quelle couleur va à quelle carnation, qui peut porter des motifs ou comment choisir un jean en fonction de son séant. Tout n’est pas affaire de norme en matière de mode et beauté. Il faut de tout pour faire un monde, et ceci est une épanadiplose. (“Les 50 règles d’or du relooking”, Cristina Cordula, 4 € env.)


14_36_15_619922895_img392.jpgDevenir une star ? Vite : “211 idées pour devenir une fille brillante”

Enfin, le voilà, l’ouvrage qui 1/vous sauvera du célibat 2/sauvera votre couple 3/sauvera la couche d’ozone…. Enfin presque. “211 idées pour devenir une fille brillante” ne tient pas du miracle mais il cache, entre ses pages, quelques secrets bien gardés par les tenants du mystère féminin. Grâce à ce livre, vous saurez désormais, et c’est bien pratique, fabriquer une petite robe noire dans un sac poubelle, repérer un coureur de jupon, et baratter du beurre à la maison. Plus insolite, mais non moins pratico-pratique, on apprend comment faire du ballon sauteur en mini-jupe, quel fromage emporter en pique-nique (“la fourme d’Ambert peut résister à la chaleur d’une explosion nucléaire, contrairement au camembert”) ou comment fabriquer des pompons de pom-pom girls – mode d’emploi ci-dessus pour essayer chez soi. Avec le chapitre “Comment perdre trois kilos en trois heures”, l’ouvrage piétine manifestement les plates-bandes des magas féminins qui paraissent soudain bien pâlots avec leurs solutions de demi-mesure du genre “faites de la course à pied et mangez des légumes vapeur”. Dans le but d’une prompte perte de poids, il ne faudra pas lésiner sur les moyens car chaque gramme compte (donnez votre sang, “rasez-vous la tête”, “exfoliez-vous. Deux fois”…) Certes, plus légère vous serez mais pas plus jolie. La lecture de ce chapitre légèrement radical – qui conclut ainsi : “si cela ne suffit pas faites-vous amputer d’une jambe” – réconcilie avec ces trois kilos subsidiaires sur lesquels on peste de coutume...
(211 idées pour…”, par Bunty Cutler, Marabout, 12 € env.)

18:05 Publié dans Tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, tendances, livres, mode | |

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