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02/07/2011

Une culture ancestrale envoûtante

DSCF6729.jpgLe Népal culturel, au cœur d’une civilisation antique et authentique.

Plein la vue: Aurélie Moreau


NÉPAL. EN OCCIDENT, CE NOM nébuleux évoque un passé trouble de hippies et de drogues (brandissant le slogan : “Never End Peace And Love”) ou une porte exotique de trek ou de rafting vers des paysages himalayens, des rizières verdoyantes aux cols d’altitude flirtant avec les glaciers de l’imposante chaîne montagneuse (qui culmine à 8 848 mètres avec le mont Everest, le toit du monde).

Mais l’année 2011, l’année du tourisme au Népal, marque un tournant décisif dans sa politique touristique. Le pays s’ouvre à une nouvelle forme de tourisme pour les non-trekkeurs, soutenu par les agences locales et les tour-opérateurs partenaires. C’est désormais à travers des circuits “culture et découvertes” que les touristes explorent la vallée de Katmandou (capitale du pays) et la région du Teraï (région tropicale la plus proche du niveau de la mer).

La vallée de Katmandou (composée des trois anciennes villes royales de Patan, Bhaktapur et Katmandou) concentre, en effet, à elle seule la presque totalité du patrimoine architectural du pays (hormis le complexe palatial et sacré de Gorkha, les palais et temples de Tansen, les vestiges archéologiques de Limbini, lieu de naissance de Bouddha, et les temples hindous de Janakpur dans le Teraï).

Berceau de la civilisation népalaise, la vallée est un site classé au Patrimoine mondial de l’Humanité. Les trois villes qui la composent rivalisent entre elles au niveau de l’architecture, de la sculpture (particulièrement celle du bois), de la peinture et de l’artisanat. Chacune d’entre elles dispose d’un magnifique Darbar Square (jadis, des cités royales, dont les trois Kumari, les déesses vivantes, sont aujourd’hui les descendantes sacrées).

La vallée est un musée à ciel ouvert, avec lequel peu de villes peuvent aujourd’hui rivaliser. Car Katmandou est peut-être un musée, mais un musée qui vit, qui vibre dans une explosion de couleurs. Visuellement affriolante, elle balaye l’ennui dans la contemplation et dans l’extase.

DSCF6682.jpgLes places royales sont littéralement intactes, antiques, jeunes et dynamiques. Dans les rues encombrées, présent, passé et futur sont indissociablement liés. Les Népalais s’approprient les innombrables temples, pagodes, monastères et stûpas où ils vivent, mangent, prient et rient, le jour et la nuit, à l’abri des objectifs indiscrets des touristes.

Loin d’être un quartier archéologique déshumanisé (dont les monuments les plus anciens datent des XIVe et XVe siècles), c’est un lieu de promenade, de marché, de rituels et, surtout, de partage. Il ne s’agit pas seulement d’apparente poudre aux yeux pour touristes, Katmandou est une destination authentique, pour autant que vous ouvriez les yeux, observiez, écoutiez et partagiez davantage qu’une photo volée avec les Népalais, dont la profonde humanité est l’une des principales qualités.

Les religions, dominées par l’hindouisme, ont modelé le paysage artistique de la vallée, ont codifié les rites et ont imprégné presque tous les gestes de la vie quotidienne dans un respect mutuel authentique. La “Compassion”, popularisée par le dalaï-lama, est un véritable leitmotiv, un art de vivre, à l’égard de toutes les formes de vie, peu importe l’appartenance religieuse, par ailleurs répartie entre le Shiva-margi, le Vishnou-margi (deux branches de l’hindouisme) et le Bouddha-margi (bouddhisme). Le syncrétisme religieux entre les trois principales voies religieuses, particulièrement inextricable au Népal, explique en grande partie cette entente spirituelle.


La légende de Katmandou
L’origine de la vallée remonterait autour de 1 000 ans avant J.-C. grâce à un peuple aryen issu des confins de l’Iran actuel. Mais la légende népalaise, un poème en népali, se veut, évidemment, tout autre. La légende relate que la vallée était jadis recouverte par les eaux d’un ancien lac glaciaire, aux eaux turquoise et au centre duquel jaillissait un lotus d’où émanait une étincelante lumière. Manjurshi, le Bouddha de la connaissance, ouvrit un passage aux actuelles gorges de Chobar, afin de permettre aux eaux de s’écouler. Le lotus se transforma en une colline au sommet de laquelle poussa le stûpa de Swayambunath. Aujourd’hui, cette petite plateforme, qui surplombe la vallée, est le lieu de cultes commun aux Tibétains du Vajrayana, aux bouddhistes et aux hindous newar (ethnie majoritaire dans la vallée de Katmandou).


Ph.: Aurélie Moreau

15:30 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, népal | |

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