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16/07/2011

Les marchands de Venise

18_44_07_553761732_venise.jpgC’est l’été : la pleine saison du touriste. L’occasion d’observer cet être phénoménal dans son milieu de prédilection : une ville très touristique. Direction Venise, où il y a bien des choses à voir à cette époque, dont la Biennale d’art. Mais il ne faudrait sous aucun prétexte rater la transhumance des masses touristiques le long du Grand Canal ou les boutiques, en quête de tendances – car tendances il y a à Venise –, et qu’on tente soi-même de ne pas se muer en un banal et bruyant touriste.

Profilage: Aurore Vaucelle, à Venise


UNE VILLE SE VISITE pour ses monuments, ses événements culturels, son folklore, sa gastronomie, son microclimat, mais n’allez pas me dire que lorsque vous faites un city-trip, vous ne passez pas votre nez dans une boutique. Il est souvent arrivé d’observer des touristes, l’œil plus ou moins vif, avec le Guide bleu dans une main et une babiole, un vêtement, de l’épicerie locale dans l’autre. Le shopping est partie intégrante du city-trip et Venise ne faillit pas en la manière, démontrant aux puristes des visites guidées, à toute heure du jour et de la nuit, que l’on peut apprécier Titien et la maroquinerie. Cela étant, lorsque l’on se balade, chemin faisant, d’un lieu magnifique à une boutique de babioles, force est de constater le public environnant. Le touriste, ici, bourgeonne à tout coin de rue, fier de lui, portant les armoiries de son statut d’individu en villégiature. Le touriste, le vrai, revêt d’abord un uniforme. C’est ici que le bermuda et son acolyte informe, le pantacourt, entrent en scène. Ces demi-portions de pantalons (qui vont bien à qui, se demande-t-on) concernent pourtant toutes les tranches d’âge de la population touristique. Ce qui ne trompe pas non plus, ce sont ces dames qui ont décidé en plein Venise de nous faire profiter de leur plus transparente robe de plage – le mot “combinette” peut convenir également – ou carrément de leur haut de maillot. Pour compléter le tableau, une paire de tongs. En la matière, la pire espèce est le modèle avec grosse semelle en mousse et lanière en tissu ou les tongs plastiques, qu’affectionnent les maîtres nageurs pour éviter les verrues de piscine. Elégance : 2/10.

Et on reste perplexe devant cette foule qui se balade sur la place San Marco, comme si elle faisait un barbeuc’ dans son jardin, une population qui donne à voir des mètres carrés de peau dénudée (souvent rougie, parfois cloquée, aïe !), comme si, durant ses congés, le voisinage avait envie de voir tout ça. Comme si le code vestimentaire, le ton juste ou l’élégance étaient juste des obligations associées à la sociabilité.

goldenpoint.jpgLes bons plans vénitiens

Certes, quand on se retrouve à Venise, le patrimoine environnant –  Histoire et architecture mêlées – ne cesse de faire de l’œil aux passants éblouis. Tant de choses à découvrir, à comprendre – enfin, tout au moins, à photographier. Cela n’empêchera cependant pas les personnes bien averties de faire l’impasse sur une matinée d’Histoire de l’art pour aller faire un petit tour dans ces boutiques qu’on ne trouve qu’en Italie (exclusivité italienne, dont on tire l’excuse pour expliquer qu’il faut absolument entrer dans ladite boutique). A commencer par Intimissimi, où l’on dégote de la lingerie (homme et femme) dans une veine décalée et gentille pour le porte-monnaie.

Chez Calzedonia et Golden Point (en face de l’arrêt vaporetto “Rialto”),  pour ces dames sûres de leur plastique, on rentrera avec l’idée d’y trouver un maillot de bain trendy (en général plutôt ajouré). Celles qui ne sont pas tout à fait au point question bikini en lamé (d’ailleurs, les maillots de bain un peu couvrants, c'est chic aussi!) pourront se rabattre sur des chaussettes et culottes rigolotes.

Dernier passage obligé, et ce n’est pas le musée de l’Accademia, le grand magasin Coin, à deux pas du pont du Rialto, est, sur l’échelle des grands magasins, bien placé. Les marques de belle maroquinerie italienne au rendez-vous, à prix fous pour cette qualité. Affaires à faire.

Ph.: Golden Point


09_27_07_540234674_DSC03261.jpgArtisanat: attrape-touriste?

On ne saurait aller et venir dans Venise sans poser son œil sur l’artisanat local. Surtout si, quand vous êtes allés en Egypte, vous avez rapporté du papyrus, et quand vous êtes allés en Tunisie, de la poterie peinte. En tant que touriste, on se sent souvent envahi par la démarche mercantile associée à la vente des produits dits locaux. A Venise, les petites rues menant du Rialto à San Marco sont couvertes de boutiques qui vendent, selon une cadence régulière, des sacs en cuir, des masques de carnaval (artisanat local, mon œil !), de l’épicerie fine italienne et du verre de Murano – car c’est à Venise qu’est née l’industrie verrière au XIIIe siècle.

N’en gardez pas moins votre enthousiasme naturel, mais ne vous muez pas non plus en touriste qui perd la tête. Exemple : dans une boutique de verrerie, lorsque vous lorgnez sur un splendide luminaire en verre, ultraélégant, et qu’en retournant l’objet pour y distinguer le prix (inscrit sur la microétiquette pudiquement collée à l’intérieur, presque insignifiante), et que vous manquez de vous étouffer au vu du tarif à trois chiffres, ne vous jetez pas, dépité et frustré, sur ce petit pingouin en verre soufflé, qui coûte douze fois moins cher. Achetez le pingouin pour ses qualités propres, c’est important – d’ailleurs, il le mérite (sujet en verre, 20 € env.). Ou gardez vos devises pour du local abordable, les cuirs en général, la maroquinerie de couleur et les fourrures (si vous en êtes adeptes, eh bien, c’est l’endroit).

Une adresse ? La Pelleteria Di Hu Keju&Co, San Marco 5537, très belle sélection de maroquinerie curieusement tenue par des Chinois.

Ph.: B.F.


09_27_09_654947105_DSC03245.jpgVintage à gogo

Curieusement, mais il faut dire que la population vénitienne est plurielle, on trouvera, au fil des rues qui font Venise, nombre de petites boutiques dédiées au vintage. On citera la boutique “Laura Coovato” (Calle Delle Botteghe, San Marco 2995), mais surtout “Vintage a gogo” (Calle Lunga San Barnaba, Dorsoduro 2755), où il est recommandé d’aller faire un tour pour s’enivrer de morceaux de Laura Ashley, Celine, Caroline Rohmer, Valentino, Armani, Dior, R. di Camerino, Pucci… La vitrine est tout en humour. Par exemple, un chemisier est garanti : “Si ce vêtement n’est pas de vieux, mon oncle s’appelle… John Travolta.” Ou pour un sac : “Peau de crocodile exposée aux radiations de Tchernobyl.”

Ph.: B.F.


13_57_48_609338657_1D4_8052.jpgVenise, mais pas en mode classique

Venise est une ville touristique, et donc ses boutiques assez formatées, ce qui ne l’empêche pas de compter bon nombre d’enseignes tout sauf standards. Si vous vous baladez dans les ruelles sinueuses de la Ca’ Rezzonico, le hasard mènera peut-être vos pas jusqu’à l’Oficina, (calle del Tragheto, 2799) , drôle de lieu, mi-webcafé mi-boutique branchée. On y vend des T-shirts siglés au ton décalé (“Venice by Night”, montrant un rat sortant d’une poubelle ou des T-shirts “Spritz” qui donnent la recette de cette boisson dite médicament, qui selon le boniment inscrit ici est un très bon anti-dépresseur. A tester, absolument. T-shirt Spritz, 19 €).

Parmi les lieux sympas, où l’on peut passer du temps à tout regarder, cette boutique située 5690 Salizada San Giovanni Crisostomo, près du Rialto. Les T-shirts de la marque Faccinep saluent avec beaucoup d’humour les années 80 et 90. (Sac Bowling, 35 €, et T-shirt Faccinep, 29 €. A découvrir aussi : le site www.faccinep.com).

Enfin, les pop fans n’omettront pas le passage obligé au Popcorner By Bambolandia. A San Polo 1462, un chouette magasin consacré à la Beatlemania, on y trouve des objets collectors fascinants. Les Beatles se déclinent sous toutes les formes.

Ph. Ch. Bortels


POUR SE SENTIR COMME CHEZ SOI

Afin d’éviter le sentiment d’être un touriste au comportement grégaire (qui se déplace en meute, qui fait du potin) – ce qui n’est pas toujours le plus charmant au regard du Vénitien –, essayez de profiter des bons côtés de la cité, sans tomber dans le modèle touristique. Tentez l’immersion, c’est plus sport.

Arrêtez-vous prendre un Spritz. Cet apéro orange fluo, avec des p’tites bulles, est le breuvage vénitien par excellence. On le boit à toute heure de la journée, il picote et désaltère en même temps. Vous noterez que les gondoliers en sirotent un entre deux “véhiculages” de touristes. Deuxième conseil, on ne s’arrête surtout pas pour dîner dans l’un de ces restaurants situés le long des voies de passage. C’est la déception assurée. Choisissez les coins reculés, ou les menus écrits strictement en italien (dégainez au besoin votre minidictionnaire), car ils sont une piste à ne pas négliger. On vous confie notre adresse préférée, les produits y sont divins.
Osteria alle Botte, Calle della bissa, 5482 (San Marco).

Manger une douceur à Venise, c’est, pourquoi pas, s’offrir une glace italienne. Mais pas seulement. On trouvera à Venise nombre de petites gargotes où s’étagent des sucreries aux têtes plus appétissantes les unes que les autres.
Goûtez l’énorme gâteau au nougat et cappuccino chez Balladin, Cannaregio 5794.

Pas facile de se loger à Venise, tout est onéreux et pas forcément tranquille. On aura cependant dégoté pour vous le B&B Barababao, l’endroit est curieux, mais l’accueil y  est chaleureux. Le restaurant du Barababao vaut la peine de s’y arrêter également. Rendez-vous à Cannaregio, 5835.
Infos sur www.barababao.it


Ph.: Reporters/Mary Evans Pl

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