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29/07/2011

Boston ou l’art de vivre

Moins courue que New York, Boston offre une halte reposante et gourmande lors d’un voyage sur la côte Est américaine. On y découvre, entre autres, les origines de la cuisine américaine.
Escapade
Hubert Heyrendt & Laura Centrella, à Bostonboston.jpg


ON DIT SOUVENT QUE BOSTON est la plus européenne des villes américaines. Sans doute parce qu’il s’agit d’une cité marquée par l’histoire. Fondée en 1630, la capitale du Massachusetts a gardé beaucoup de traces de son passé colonial et révolutionnaire. Cela se ressent dans son architecture mais aussi dans sa gastronomie… La Nouvelle Angleterre est en effet le berceau de la cuisine américaine, cette cuisine Yankee connue pour ses spécialités de haricots (Boston est même surnommée “Bean Town”), son corn bread (pain de maïs) ou son Yankee pot roast (sorte de pot-au-feu)… Une cuisine marquée par les premiers échanges, au début du XVII e  siècle, entre les tribus locales et les premiers colons anglais. Boston et sa région sont ainsi fiers de rappeler que c’est ici (à Plymouth pour être précis) qu’a eu lieu le premier repas de Thanksgiving, en 1621, un an après l’arrivée des Pères pèlerins sur le “Mayflower”. Quand, au resto, on reçoit une purée de potiron ou un Indian pudding (dessert à base de farine de maïs et de mélasse), c’est donc un peu d’histoire que l’on mange…
Au-delà de ce folklore culinaire, on découvre rapidement que Boston est aussi riche gastronomiquement qu’historiquement. La tendance la plus marquée est, comme dans toute la Nouvelle Angleterre, l’accent mis sur les produits de la mer. Normal pour une ville qui fut d’abord un port important, notamment grâce à sa baie reculée, Back Bay… Le plat le plus emblématique, et toujours servi dans la plupart des restos bostoniens, est le fameux clam chowder, un potage de coquillages et de pommes de terre crémeux. Des clams, cherrystones ou littlenecks (plus petits), que l’on retrouve sous toutes les formes : frits avec de la sauce tartare, vapeur et même crus. Partout à Boston, on trouve en effet des oysters bars, dont le raw bar (“bar cru”) permet de déguster une grande variété d’huîtres et de coquillages. Des restaurants très appréciés qui servent également du fish & chips, du crabe et, bien sûr, du homard du Maine, véritable mascotte de la Nouvelle Angleterre… Notamment sous la forme de lobster roll, étrange hot-dog de homard à essayer obligatoirement !
Si Boston est connue pour sa communauté irlandaise, arrivée à la moitié du XIXe siècle – d’où de très nombreux pubs –, si elle possède un Chinatown très riche et une forte présence lusophone, l’autre grande communauté est italienne. Le quartier le plus touristique, le North End, est ainsi un Little Italy qui, le long d’Hanover et Salem Streets, regorge de pizzerie, ristoranti, pasticcerie, salumerie… De nombreux restos italo-américains y proposent des pâtes aux fruits de mer, tandis qu’avec “Mike’s Pastry”, les cannoli siciliens se sont imposés comme une spécialité de Boston ! Cette forte présence italienne se remarque également au nombre impressionnant de glaciers, comme “Toscanini’s”, qui font dire à certains que Boston est la ville américaine où l’on mange les meilleures glaces !
Mais Boston ne croule pas sous ses traditions. Depuis les années 80, elle vit une véritable révolution culinaire, marquée par un retour aux produits artisanaux, que l’on retrouve sur les étals des farmer markets, marchés accueillant des producteurs locaux, ou dans les innombrables pâtisseries, épiceries…
Ayant longtemps vécu à Cambridge, la star Julia Child – qui a popularisé la cuisine française aux Etats-Unis à travers ses livres et émissions de télévision – a sans doute créé de nombreuses vocations chez les chefs de Boston. Depuis dix ans, on note en tout cas l’émergence d’une nouvelle génération marquée par les influences françaises, italiennes ou asiatiques. C’est le cas notamment de Barbara Lynch, aujourd’hui l’un des personnages les plus influents de la gastronomie bostonienne. Elle est à la tête d’un petit empire qui emploie plus de 200 personnes dans sept adresses différentes, parmi les meilleures de la ville. Mais d’autres noms ont fait leur apparition, comme Kenneth Oringer (chef des acclamés “Clio” et “Uni Sashimi Bar”) ou Tony Maws, qui fait sensation avec sa cuisine canaille US au “Craigie on Main” !
Bref, traditionnelle ou dans le vent, Boston a de nombreux atouts dans sa poche pour séduire les gourmands avides d’expériences.
Photo: H. H.
 

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