Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

29/07/2011

L’échappée belle thaïlandaise

thaïlande.jpgLa Thaïlande fait partie de ces pays qui font rêver. L’évocation seule de son nom suffit pour se perdre dans des visions d’eau claire et de sable fin, de montagnes et de rizières, d’éléphants et de visages souriants, d’épices envoûtantes et de fleurs d’oranger.

Découverte
Frédérique Masquelier

AUTANT D’IMAGES IDYLLIQUES que vendent à foison les dépliants touristiques et qui colorent surtout les récits des routards aguerris, ceux qui ont le chic pour dénicher, l’air de rien, les coins de paradis. Car, sur le terrain, ces lieux où le temps suspend son cours ont tendance à se fondre dans la cohue, dénaturés par un esprit mercantile mal placé et une exploitation effrénée. Cela dit, l’ancien Siam est grand et revêt des visages multiples, séduisant ainsi les voyageurs aux attentes diverses qui le sillonnent.
Le pays recouvrant presque la même superficie que la France, tout en étant deux fois plus étendu, le choix de l’itinéraire n’en est que plus cornélien. Car, si les compagnies low cost ont envahi les lieux et permettent de multiplier les angles de vue, y compris lors d’un séjour court, mieux vaut épingler quelques endroits et les découvrir en profondeur que d’aligner les kilomètres. Au menu ? Le Sud, dont les îles sont célèbres d’Hollywood (The Beach) à TF1 (Koh-Lanta), la destination plage, fête, plongée et farniente par excellence; le Nord, point d’orgue du tourisme culturel, entre patrimoine, tradition et religion; et le Centre, ou plutôt, Bangkok, capitale et mégalopole.
Une des routes touristiques qui allie culture et détente dans un rayon de 1 200 kilomètres consiste à combiner Bangkok avec, au Nord, la visite de Chiang Mai et sa région, deuxième ville plus importante de Thaïlande et centre culturel par excellence, et celle de Ko Chang, une des petites îles au large de la capitale, qui n’a rien à envier à ses aînées méridionales.
Bangkok, où atterrissent la plupart des voyageurs, véritable monstre urbain de dix millions d’habitants dont les quartiers se suivent et ne se ressemblent pas, est le paradis des extrêmes. Du métro aérien high tech survolant la ville aux bateaux “à longues queues” serpentant entre les canaux, du businessman pressé au vendeur de fruits poussant sa carriole, des chauffeurs de taxi aux couleurs flashy au jeune perché sur son tuk-tuk, des malls à l’asiatique aux fourmillants marchés flottants, du petit temple et son école de moines au Grand Palais, etc. Très touristique, l’atmosphère devient vite étouffante par endroits, tels que l’abominable Khao San Road, où l’on se fraie difficilement un passage entre les stands de brol et un public de jeunes y cherchant le chemin d’Ibiza. Le quartier n’est pas à condamner pour autant, alignant d’autres adorables ruelles, comme Soi Ram Buttri et Trok Mayom. Bref, un mélange passionnant, bruyant et coloré… que l’on n’est pas déçu de quitter au bout de quelques jours.
Cap sur Trat, à cinq heures de bus de Bangkok, une étape agréable avant de prendre le ferry le lendemain matin pour la petite île de Ko Chang. Si on y trouve resorts, bars et clubs de plongée à foison, les Robinsons en herbe opteront pour une adresse à Long Beach, que l’on s’échange à demi-mot, tant elle est précieuse et… préservée. La raison ? Pour y poser ses valises, il faut quitter la route en dur et passer par 3 kilomètres de piste, où l’on est si secoué que les resorts ont, heureusement, fait la fine bouche. L’effort est amplement récompensé : une trentaine de petits bungalows en bambou, plantés çà et là sur la plage et jusqu’à 50 mètres au-delà, composent cette Tree House aux accents hippies et reggae, où il fait bon vivre. Le soleil, la plage, les cocotiers et… rien d’autre. Tout au plus trois ou quatre gargotes, dont un bar tenu par un Français, le reste étant le fait de locaux. Le soir, la clientèle, essentiellement composée de jeunes globe-trotters, se prélasse autour du feu, entre guitare et djembé.
Après la sérénité, place à la spiritualité de Chiang Mai, la “ville aux 300 temples”, située à douze heures de Bangkok – à parcourir en bus ou train de nuit. Au détour des ruelles, qui s’entremêlent au cœur d’un carré de remparts, on ne se lasse pas d’admirer ici un temple, là l’étal d’un artisan, plus loin les échoppes colorées d’un petit marché. Le tout entre un verre au bar reggae du coin, une séance de “thaï massage” et un curry vert au petit resto végétarien repéré plus tôt. L’occasion de découvrir les richesses gustatives de la cuisine thaï, une fois attablé, mais aussi en revêtant un tablier d’apprenti-cuistot. La “Rose du Nord” est langoureuse et, le soir venu, elle incite à la douce oisiveté : une balade gastronome entre les carrioles du marché de nuit, une halte autour du bar à cocktails ambulant voire un concert improvisé dans la rue, où la guitare passe de mains en mains, du coin ou de passage.
S’il reste quelques jours à grappiller, la voie des montagnes s’impose. Royale, à dos d’éléphant. De part et d’autre de la route, des villages oubliés, des rizières, des paysans au travail et… des femmes-girafes.
Le pays des hommes libres
Pas une puissance étrangère n’a foulé du pied le sol Thaï, jamais colonisé. Le Royaume du Siam, rebelle et fier, fait figure d’original dans le rang des pays d’Asie du Sud-Est. Et de souligner cette indépendance en 1939, en prenant le nom de Muang Thai, “le pays des hommes libres”. Une contrée unique, qui se targue d’une forte identité, déclinée à l’échelle nationale à travers une culture, un art, une langue et même un alphabet propres. A la tête d’un tel patrimoine, le seul homme à qui les Thaïs prêtent allégeance, corps et âmes : le roi, Bhumibol. Considéré comme un demi-dieu, il est respecté et vénéré comme tel. Toute critique à son encontre est perçue comme un crime de lèse-majesté, sévèrement puni. Entre autres prérogatives, le monarque est le protecteur de la religion – bouddhiste – et de la communauté de bonzes. Une protection bienveillante qui n’est pas à prendre à la légère. Il est, en effet, en pays Thaï, plus de temples que d’églises à Rome. Les moines occupent une place centrale au sein de la société. Le crâne rasé, revêtus de la robe safran, ils bénéficient du respect et de la générosité des Thaïs, qui subviennent à leurs besoins. De même que de certains privilèges, comme des places attitrées dans les transports en communs, par exemple. Les femmes n’ont pas le droit de les toucher. Tandis que les hommes sont invités à goûter à la vie monastique une fois dans leur existence.
Photo : F.Ma.

Les commentaires sont fermés.