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03/09/2011

Destinations tunisiennes

la libre,momento,escapade,tunisie,désertA l’évocation de la Tunisie, le touriste occidental imagine souvent les côtes balnéaires de Djerba, île au sud-est du pays, peuplées de grands hôtels et quelque peu maltraitées par le tourisme de masse. Pourtant, l’intérieur du pays recèle d’endroits plus reculés, davantage porteurs d’une culture tunisienne authentique enchanteresse.

Découverte: Magali Mouthuy


Vers le continent
Accompagnés de lumière, de chaleur et du chant des coqs, nous quittons donc Djerba pour le continent, par une voie unique qui coupe des paysages de terre ocre semée d’oliviers et d’eucalyptus, visiblement immuables et sans fin. Voyageurs piétons ou automobilistes s’engouffrent dans le bac qui traverse une mer turquoise jusqu’au pays.


Vers Douz
Le bac nous débarque dans la partie nord du Dahar, chaîne de montagnes qui sépare le centre du Sud tunisien, le Djebel. Dans cette région centrale du Sahel, les terres céréalières et les champs d’oliviers se raréfient, les paysages désertiques se gonflent en hautes montagnes pierreuses, puis s’étalent en grandes étendues semées d’arbustes pour, plus loin, gondoler en petites dunes. Ça et là, des cultures typiques du Sud (dattes, figues, ail, piments…) prennent possession de ce sol rouge et aride.
Sur la route, nous passons d’abord par Matmata. L’occasion de faire une petite halte pour découvrir ses troglodytes, sortes de grottes creusées dans une roche calcaire friable. Partant en rayons d’une cour centrale, d’obscurs couloirs – qui préservent des fortes chaleurs estivales et du froid en hiver – mènent aux chambres des différents membres de la famille.
Nous traversons ensuite plusieurs villages berbères, dont Tamezret, encore habité, où les maisons de pierre sont disposées en quinconce et uniquement accessibles par des escaliers. A l’écart de ces villages, sur un fond de ciel bleu azur, se dégagent des petites taches d’une blancheur lumineuse : les marabouts. Ces espèces de petites chapelles hébergent le corps de personnes qui ont mené une vie exemplaire. Chaque famille, dans ces bleds, a son marabout qui lui sert d’intermédiaire avec Dieu.
A l’horizon, derrière les montagnes rouges étagées en muret pour retenir l’eau, rare et si précieuse, on aperçoit enfin le jaune du sable du Sahara.


Douz: sous le silence des étoiles
Dans le désert, l’absence de bruit et de nuage rend le coucher du soleil encore plus spectaculaire. Sable tiède et doux, air pur, ciel qui se remplit progressivement d’étoiles jusqu’à devenir une coupole de lumières sur nos têtes… L’ensemble est enivrant.


Dans la cacophonie des souks
Au milieu de tons lumineux où dominent le blanc et le turquoise, des sons pétaradants des mobylettes, des odeurs d’amandes grillées ou de poissons frais, de thym et de menthe, une heure au cœur du souk est vite passée et donne un aperçu très concret du quotidien des autochtones. C’est qu’il y a matière à diversion : sacs bondés d’épices, plats débordant de lentilles, devantures bariolées de foulards de soie, mobylettes en pièces détachées, chapeaux de paille et babouches pour toutes les tailles, parures argentées… Tout se marchande, c’est un art et un plaisir. On n’y échappe pas !


En 4x4 dans le désert
Nous tentons l’expérience du désert de jour, par la piste d’El Biben, en direction de Ksar Ghilane et Chenini. Après trois virages, notre sens de l’orientation s’est évaporé. On s’arrête un instant, en plein désert, à l’écart de la piste. Devant, des dunes, derrière, des dunes, à gauche et à droite, des dunes. Sous nos pieds, du sable fin, ocre, moucheté de petits arbustes. Nous gagnons, sans trop comprendre comment, le grand Erg. Quelques chocs, des demi-tours, la voiture ballotte, la peau tremblote. Par endroits, la Jeep s’enlise, le sable sec glisse comme du verglas… Comment le conducteur parvient-­il à maintenir le cap, à filer tout droit ? (C’est par où, tout droit ?)
Enfin, les étendues pierreuses (regs) se muent à nouveau en montagnes et nous arrivons au village berbère de Chenini. Victoire, cocorico, hi-han, après l’éternel silence du désert, la vie ! Les touristes sont aussi plus fréquents. Des randonnées sont organisées dans la région, à la découverte des produits du terroir (dattes et figues), de la fabrication de l’huile, ou des soins de beauté. En hauteur, les promenades permettent de découvrir les grottes, les huileries, la mosquée du bled et une vue impressionnante et dégagée sur 20 kilomètres. L’infini spatiotemporel : avant nous, les dinosaures ont connu ces terres rougeoyantes. Nous sommes proches de Tataouine (la fameuse Tatouine de Star Wars)…


POUR Y ALLER
TUNISAIR (Horaire variable selon dates) : www.tunisair.com
- Vol tous les jours de Bruxelles sur Tunis
- Vol tous les samedis de Bruxelles sur Monastir et Djerba


Ph.: M.M.

 

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