Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

10/09/2011

Carrément é-pou-van-ta-ble!

la libre,momento,bien-être,pouxVéritable calamité, les poux ne font pas de quartier. Et font circuler sur eux beaucoup de croyances, vraies et fausses. A s’en arracher les cheveux.

Vrai ou faux? Laurence Dardenne


C’EST É-POU-VAN-TA-BLE ! Il vient du fond du cœur, le cri de cette maman, affolée par la ténacité de ces bestioles qui peuplent la tignasse de sa gamine. Ceux-là, s’ils n’attendent que la rentrée pour se propager, ne sont que l’un des déjà trop lointains souvenirs ramenés du camp de vacances. Entre linge sale, égratignures et fous rires, les poux font bien souvent partie du lot emporté.

Parce qu’il leur consacre le plus clair de son temps, entre recherches et conférences, le Dr Arezki Izri, du laboratoire de parasitologie-mycologie de l’hôpital Avicenne à Bobigny, en France, fait figure de personne de référence dans ce domaine. Avec nous, il fait le point entre les vraies et les fausses croyances qui circulent sur ces redoutés hématophages (*) pourtant pas plus grands que 2,5 à 3 mm.

Entres autres idées reçues.

Les gens qui ont des cheveux sales et les enfants sont le plus souvent infectés. Faux, la propreté et l’âge ne sont pas des éléments déterminants. Si les cheveux sales témoignent d’un manque d’hygiène, donc aussi d’une possible infestation par les poux, on voit des gens avec des cheveux sales sans poux aussi bien que des gens avec des cheveux propres peuplés de poux. Si les enfants paraissent plus souvent touchés, c’est qu’ils jouent et ont davantage de contacts de proximité, ce qui facilite la contamination. En outre, ils tardent peut-être plus à être traités, ce qui laisse aux poux tout le temps de se multiplier. Mais les adultes ne sont pas épargnés.

Il existe “des têtes à poux”. Oui, c’est vrai, mais on ne sait pas pourquoi…

Les poux s’attrapent à la piscine. Vrai, mais hors de l’eau – d’ailleurs le pou ne sait pas nager et reste immobile dans l’eau –, tout simplement parce que, une fois sortis de la piscine, les enfants ont tendance à s’échanger leurs peignes lorsqu’ils se coiffent. Les poux ne se transmettent pratiquement que par contact direct ou avec un objet infesté.

Ils sautent de tête en tête à une vitesse effrayante. C’est faux, pas plus qu’ils ne volent, les poux ne sautent pas. Cela dit, ils peuvent s’accrocher “au vol” à un cheveu et ainsi passer de tête en tête. Ils adorent changer de foyer, surtout quand une tête est trop infestée à leur goût. Instinctivement, les poux s’accrochent aux cheveux qui passent à la portée de leurs pinces. Donc, si les cheveux sont lâchés, ils vont plus aisément sur la tête des autres et peuvent être plus facilement contaminés.

Comme les moustiques, seule la femelle pique. C’est encore faux, qu’ils soient mâles, femelles ou larves, tous piquent et se nourrissent du sang. A raison de deux repas par jour pour les adultes et quatre pour les nouveau-nés !

Hors de la tête, les poux ne vivent pas très longtemps. Vrai, ils ne survivent généralement que quatre à six heures, grand maximum douze. Sur la tête et bien nourri, le pou adulte vit environ un mois. Pas davantage.

Les bonnets des enfants sont souvent pouilleux. Faux, le pou aime rester bien au chaud, sur le cuir chevelu, et non se balader sur les tissus sauf s’il tombe malencontreusement ou si l’infestation est massive.

Pulvériser du parfum sur les cheveux serait répulsif. Pas sûr, on retrouve parfois des poux sur des cheveux parfumés.

Il ne faut pas s’inquiéter outre mesure d’une infestation par des poux. La pédiculose reste une maladie bénigne. Oui et non. Si les poux de tête ne transmettent pas de maladie, il est malgré tout important de traiter la pédiculose de manière rapide et efficace. Encore faut-il savoir comment…

(*) Qui se nourrissent du sang.


Comment se débarrasser des poux, une bonne fois pour toutes?

De toutes les questions que l’on peut se poser sur les poux, sans doute celle dont la réponse reste la plus attendue est : “Existe-t-il un traitement efficace ?” Et, de préférence, aussi naturel que possible.
Que de produits n’ont été mis sur le marché ces dernières années, voire décennies, et cependant, de l’aveu du spécialiste, il est encore aujourd’hui difficile de se débarrasser de ces bestioles.

Retour en arrière, dans les années 50 : les insecticides occupent le marché. Efficaces, pour certains, oui, ils l’étaient, du moins au début, mais neurotoxiques aussi, inflammables, irritants… Certains ont déclenché un phénomène de résistance. A partir des années 90, les produits perdent, pour la plupart, de leur efficacité.
Depuis 2004, de nouvelles formulations ont fait leur apparition. La technique d’attaque se veut différente. Ces produits gras visent à tuer les bestioles en les asphyxiant, en l’occurrence en bouchant les orifices respiratoires.

Pour lutter efficacement contre les poux, il n’y a pas trente-six produits, nous dit le Dr Arezki Izri, du laboratoire de parasitologie-mycologie de l’hôpital Avicenne à Bobigny, on sait que les insecticides ne marchent pas, c’est-à-dire les pesticides classiques, dérivés du pyrèthre. Par contre, le malathion, lui, demeure très efficace. Mais il ne sent pas bon et reste contre-indiqué chez les personnes asthmatiques. Sans compter qu’il déshydrate le cuir chevelu et les cheveux, ce qui fait qu’il n’est pas toujours bien toléré.”

Alors, que reste-t-il ? Les nouveaux produits, dits gras, et les huiles qui ne seraient pas chimiques mais agiraient plutôt mécaniquement. “A base de diméticone, ces produits s’avèrent généralement efficaces”, selon le Dr Arezki Izri. Il émet cependant une réserve : “Dans la mesure où ils sont inflammables, il faut évidemment être très prudent lors de l’application et veiller à ne pas les manipuler près d’une flamme. En outre, il est nécessaire de répéter l’application jusqu’à guérison.” Cela dit, “un traitement qui n’est pas renouvelé dix jours après une première application ne sert pas à grand-chose”, souligne-t-il encore.

En ce qui concerne les huiles, “celles dont l’efficacité est démontrée, outre la diméticone, sont l’huile de coco et l’huile d’anis. Il ne faut cependant acheter que les produits spécifiques contre les poux vendus en pharmacie”.

Et le lavandin ? Il est toxique et ne repousse pas les poux pour le Dr Izri. Pas plus que le vinaigre ne tue les poux. En revanche, une cuillère de vinaigre blanc dilué dans un verre d’eau, à appliquer sur les cheveux et laisser agir une dizaine de minutes, avant de passer un peigne fin, peut favoriser le décollement des lentes.

Quant au henné, il se pourrait qu’il donne des résultats, alors que les teintures à base d’ammoniac, si elles tuent effectivement les poux, n’empêchent pas la réinfestation rapide.

Si les cheveux sont longs et souvent infestés, les couper et les peigner régulièrement avec un peigne fin, en ayant appliqué quelques gouttes d’huile d’olive ou d’arachide, peut aider à l’élimination des poux. Et les peignes électriques ? Le spécialiste semble sceptique, pas convaincu d’une efficacité supérieure au peigne classique.


Illu: BSIP/Reporters

18:10 Publié dans Bien Être | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : la libre, momento, bien-être, poux | |

Commentaires

Pour m'être fait "contaminée" en tant qu'animatrice à plusieurs reprises (il faut croire que j'ai une tête à poux), je peux dire que l'huile essentielle de lavande ne sert à rien (il m'est arrivé de ne pas en avoir sans en mettre et d'en attraper en en ayant mis).
Pour m'en débarrasser, j'ai utilisé silikom qui a été efficace.
Ce n'est pas forcément simple à mettre (cela ne mousse pas, c'est huileux), mais cela fonctionne bien et le temps de pose n'est pas très long.

Écrit par : Laurence | 14/09/2011

Les commentaires sont fermés.