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24/09/2011

Belges jusqu'au bout des deux langues

la libre,momento,derrière l'écran,arte belgique,vlaamse kaaiArte Belgique se met à l’heure du bilinguisme grâce au sous-titrage de “50° Nord” et à la création de “Vlaamse Kaai”, nouvelle rencontre mensuelle des artistes flamands sans barrières ni frontières. Mercredi, à 22h45.

Entretien: Karin Tshidimba


CHANTRE DE L’IMMERSION et de la transmission des cultures, née à Neerpelt (Limbourg) mais parfaite bilingue, difficile de trouver meilleure ambassadrice que l’auteure-journaliste Lieve Joris pour inaugurer le nouveau rendez-vous d’Arte Belgique : “Vlaamse Kaai”.

On a traité plein de fois d’artistes du Nord qui n’ont pas une visibilité très forte en Belgique francophone, rappelle la journaliste Hadja Lahbib. Cela a été le cas de David Van Reybrouck, avec qui nous formons le nouveau duo de présentation de “Vlaamse Kaai”. Sa pièce “Mission” a cartonné en France mais elle n’a pas du tout bénéficié du même écho chez nous.”

L’idée de cette nouvelle émission, lancée par Carine Bratzlavsky, responsable d’Arte Belgique, remonte à septembre 2010. “Nous voulions faire en sorte que les artistes et les productions circulent mieux et qu’il ne soit pas nécessaire d’aller voir, en France ou ailleurs, des talents originaires de chez nous. Très vite, on a pensé à David Van Reybrouck, qui avait été l’un de nos invités dans “Quai des Belges”, pour aborder cette partie-là de la scène artistique belge. Je l’ai contacté et, contre toutes attentes, il a accepté tout de suite. Habituellement, son travail d’écrivain est plutôt solitaire et cela lui plaisait de s’impliquer dans un projet d’équipe.”

Un essai de présentation commune et croisée (chacun des intervenants parlant dans sa langue avec sous-titres à l’écran) a même été fait lors du dernier “Quai des Belges” de la saison dernière, sur Rik Wouters. “On s’est rendu compte que cela se passait de façon très facile et naturelle. Nous nous comprenions bien, la communication passait sans difficulté. J’ai des beaux restes de mes cours de néerlandais, sourit Hadja Lahbib. La complicité s’est donc installée très naturellement entre nous, et le résultat a très vite séduit toute l’équipe. Cela a simplement entraîné une transformation de la forme de l’émission. On ne fait plus d’intro classique, on part directement du terrain et de la discussion. Pour la première, je suis arrivée pour visiter l’atelier de David, situé dans le fin fond d’Anderlecht. On filme donc une rencontre telle qu’elle s’est déroulée dans ce quartier de Cureghem extrêmement cosmopolite. On a évoqué son dernier bouquin, je lui ai dit que j’attendrais la traduction en français et puis nous avons embrayé sur Lieve Joris, notre artiste du jour”, dont les ouvrages sont également traduits en français.

L’idée n’est pas de proposer une présentation bilingue mais bien “un véritable échange de vues sur le documentaire de la soirée, avec une vraie rencontre. Je suis ravie car le documentaire que l’on présente mercredi est exceptionnel et aborde une écrivaine que j’adore, une ancienne journaliste qui a le goût des reportages au long cours. Une reporter qui prend son temps pour découvrir les pays et les hommes : le rêve de tout journaliste qui travaille dans un rythme quotidien, quoi !” Un parcours qui fait certainement écho au documentaire et au livre réalisés par Hadja Lahbib en Afghanistan (*).

Egalement au menu de cette première émission : Kamagurka (alias Luc Zeebroeck), ex-invité de “QdB”, “un homme beau et intéressant, s’enflamme-t-elle à nouveau, un véritable homme-orchestre : peinture, dessin, théâtre, télévision, etc.” En guise de touche finale : quelques notes de musique d’un groupe néerlandophone “qui chante en anglais et cartonne en Flandre, mais dont je n’avais jamais entendu parler, comme beaucoup de téléspectateurs, j’imagine : Admiral Freebee. A la fin du premier tournage, on était tellement contents qu’on s’est félicités. On ne savait pas que la caméra tournait toujours. L’équipe a trouvé cela chouette et a décidé de le garder au montage”. Elle rit.

Deux émissions par mois au lieu d’une, cela implique forcément davantage de travail. “J’essaie que cela n’ait pas d’impact sur mon travail au Journal télévisé, mais cela va sans doute entraîner du retard dans mes projets personnels (documentaires, etc.). Comme le plaisir est là et est partagé par l’équipe, ça va. En plus, je découvre plein de choses nouvelles; ce sont de belles rencontres. C’est pour cela qu’on fait ce métier, n’est-ce pas ?

(*) “Afghanistan, le choix des femmes”, Ed. Racine.


Ph.: M. Leroy/rtbf

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