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24/09/2011

La Camargue au mistral gagnant

la libre,momento,escapade,camargueEnlacée par les deux bras du Rhône, la Camargue vogue entre terres sauvages et cités antiques. Un charme sans nul autre pareil, pur et brut.

Découverte: Fanny Leroy


SUR LA PLAGE ABANDONNÉE, coquillages et crustacés, version humide et salée. Alors que la destination vacancière de prédilection de Brigitte Bardot n’est qu’à quelques kilomètres à l’Est, la Camargue offre une alternative tout aussi ensoleillée à la touristique Côte d’Azur. A cheval sur les départements du Gard et des Bouches du Rhône, près de 150 000 hectares de marais, de réserve naturelle, de flore luxuriante et de faune abondante se préservent encore comme un véritable écrin naturel. Un réel plaisir pour les gourmets baladeurs.

Fruit de la rencontre des eaux du Rhône, le delta a longtemps été perçu comme une porte ouverte aux influences étrangères. Un certain Hésiode, poète grec du VIIIe siècle avant J.-C., l’a d’ailleurs surnommé l’une des trois bouches de l’Enfer, au même titre que ces voisins du Rhin et du Pô. Une zone d’invasion aujourd’hui reconnue et classée presque entièrement comme réserve naturelle nationale. Un titre mérité pour l’une des plus grandes zones humides d’Europe.

De sa géographie, la Camargue en a largement tiré parti. Grâce à son territoire au climat privilégié où les écarts de température restent faibles, où la luminosité est intense et où le mistral est bienfaisant, la région s’illustre depuis des siècles dans la riziculture. Atout économique majeur de l’endroit qui brasse aujourd’hui près de 61 millions d’euros par an, ce n’est pourtant que dans les années 40 que le secteur a connu un réel essor. L’interruption du trafic maritime pendant les conflits guerriers et la pénurie de denrées alimentaires durant l’Occupation ont incité les producteurs à donner une place de choix à la culture du riz. La spécialité française : le riz rouge. Résultat d’une mutation naturelle, cette espèce complète est toujours récoltée à pleine maturité pour que son goût subtil et sa texture particulière soient entièrement préservés. Une céréale sacrée, séchée ensuite naturellement sous les effets conjugués du soleil et du mistral.

Un vrai délice… à accompagner, par exemple, d’un steak de taureau, autre mets typique de la région. En saucisson, en morceaux de viande, mais aussi – et surtout – sur pattes, le taureau camarguais est un emblème. Plus petit que son homologue espagnol, il est aussi plus vif et plus rapide. Des qualités qui l’élèvent au rang de star de l’arène lors des fameuses courses camarguaises. Une sorte de corrida, le côté morbide et sanglant en moins. Heureux sont les touristes qui dégotent les semaines dédiées entièrement à cet art du pays. Si les imposantes arènes, comme celles d’Arles, en organisent régulièrement, rien ne vaut le spectacle 100 % pur jus de terroir que l’on trouve dans les petits villages, comme à Le Cailar.

la libre,momento,escapade,camargueSelon un rituel bien rodé et toujours convivial, les enfants du pays organisent littéralement leurs festivités autour du taureau. Dès le matin, les vachettes qui concourent l’après-midi dans l’arène sont sélectionnées au sein de la manade, le “ranch” à bovidés. Munis du bâton à trident, les hommes du village montent les célèbres chevaux blancs de Camargue avec savoir-faire et dextérité. Une technique qui se doit d’être parfaite afin d’encercler les taureaux pour les mener dans les box en attente des courses. A toute allure, le convoi se faufile dans les ruelles afin de déjà en jeter plein la vue aux spectateurs d’une journée ou d’une semaine. Une fois l’arène envahie d’amateurs, la vachette ou le taureau, c’est selon, entre en piste. Aux cornes de l’animal, une cocarde, un gland et une ficelle que les raseteurs vont tenter d’attraper durant la partie. Véritables athlètes aux bonds télescopiques, les participants à la course se risquent à affronter l’ire de la bête excitée par leurs allées et venues. Et les anciens le concèdent, nombreux sont les raseteurs à avoir été transpercés par une corne.

S’il est d’autres animaux vigoureux de la Camargue, ce sont les moustiques. Pas moins de huit variétés se sont accommodées au climat humide de la zone marécageuse. Pour se prévenir de leurs attaques les plus vigoureuses, le mois de septembre est d’ailleurs à éviter… Un pantalon long dès la nuit tombée ou lors d’une visite de réserve naturelle bordée d’étangs fait cependant l’affaire. Que cela n’empêche pas de profiter du paysage qui accueille souvent des flamants roses si élégants dans ce décor sauvage. Dans cet écosystème particulier, la végétation aime à se composer de salicornes ou autres plantes halophiles comme la lavande des mers. Sur les sentiers, s’enchevêtrent roseaux, chardons et autres variétés de lavande. Une plante qui se retrouve sous toutes sortes de formes dans les différentes échoppes des villes alentour. A Aigues-Mortes, par exemple, cette charmante ville entourée de remparts et dominée par la tour de Constance. Aux Saintes-Marie-de-la-Mer aussi, la ville touristico-balnéaire par excellence, aussi reconnue comme la capitale de la Camargue.

Mais s’il ne fallait retenir qu’une ville, ce serait Arles, sans hésiter. Toutes les ruelles de la cité respirent le farniente et le soleil. Entre le théâtre antique et les imposantes arènes, la ville regorge de beautés à savourer au détour d’une balade. Et puis, ne l’associe-t-on pas au peintre à la gloire posthume, Vincent Van Goght ? A partir de 1888, l’artiste y séjourna et écrit une nouvelle page de son histoire, communément appelée la période arlésienne. “La maison jaune” ou encore la série de tournesols sont autant de chefs-d’œuvre qui ont éclos entre les remparts de la vieille ville. Une partie de ce centre névralgique est d’ailleurs reconnue pour sa qualité et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, tout comme les monuments romains et romans de la ville. Une période architecturale à admirer également à Nîmes, à quelques kilomètres d’Arles. Si les arènes sont tout aussi imposantes, la Maison Carrée est l’un des seuls temples antiques entièrement conservés. Un joyau comme la Camargue en regorge de tant d’autres.


Ph.: Fanny Leroy

14:30 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, camargue | |

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