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01/10/2011

Herbes folles

la libre,momento,dehors,mauvaises herbesLes plantes sont un peu comme les gens. Il y a les célébrités que nous connaissons tous, belles et attrayantes, viennent ensuite les seconds rôles plus ordinaires.

Réhabilitation: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


TOUT EN BAS DE L’ÉCHELLE SE TROUVENT les mal-aimées, ces herbes auxquelles nous joignons le qualificatif de mauvaises. Pour la raison tout simple qu’elles nous ennuient, nous envahissent, nous fatiguent. Bref, ces herbes folles nous rendent fous. Jamais, elles ne passent inaperçues quand elles colonisent notre environnement policé. Qu’on les appelle poétiquement visiteuses du ciel, belles inconnues ou, plus hargneusement, intruses et “incrustes”, leurs graines légères ne connaissent pas les frontières. Elles poussent là où nous ne le désirons pas. Pour elles, tout est habitable. Ces espèces très mobiles représentent pour le jardinier une dépense d’énergie considérable. Depuis toujours, il leur a déclaré une guerre sans merci. En vain.

Aujourd’hui, la culpabilité s’ajoute à la frustration. L’avènement de l’écologie et le politiquement correct nous interdisent l’usage de tout produit polluant le sol et mettant en danger notre santé et celle de la planète. Que faire ? Faut-il revenir aux longues et laborieuses séances de désherbage ? Combien de bonnes volontés enfantines ont-elles été ainsi découragées ? Les choses ont un peu évolué; une paire d’écouteurs sur les oreilles, la tâche paraît plus légère. Ce n’est donc pas toujours l’abominable corvée que certains imaginent et peut même s’avérer propice à la réflexion. Avouons toutefois que les jardiniers les plus heureux sont probablement ceux qui y consacrent le moins de temps.

En outre, une indulgence nouvelle pour ces herbes spontanées a vu le jour ces dernières années. Beaucoup sont charmantes et quelques-unes ont des vertus insoupçonnées.

Le problème est sans doute moins aigu qu’autrefois grâce au paillage et aux plantes couvre-sol. Il reste néanmoins quelques endroits où leur apparition fâche voire énerve. Les chemins, les allées, les pavés et les terrasses. Notre seuil de tolérance varie certes, mais la tentation est grande de se précipiter sur le pulvérisateur. C’est pourtant là qu’il faut éviter plus particulièrement tout traitement. Sur ces surfaces “dures” ou perméables comme le gravier, le produit peut être facilement entraîné vers les égouts ou “lessivé” vers les nappes souterraines.

Sur les terrasses, pratiquez un brossage vigoureux et régulier avec à la rigueur quelques cuillères de cristaux de soude dilués dans de l’eau chaude. Les résultats sont inégaux. Favorisez un désherbage sélectif à la main et laissez se ressemer vos préférées. Versez sur les adventices récalcitrantes de l’eau bouillante ou l’eau de cuisson des pommes de terre. Une pincée de sel placée au cœur d’un chardon ou d’un pissenlit fait dépérir ceux-ci sans risque pour le jardinier et l’environnement. En revanche, l’utilisation de sel sur tout un terrain rendrait celui-ci impropre à toute culture. Ceci dit, des désherbants de contact 100 % naturel sont apparus sur le marché. Chez Ecostyle, il est à base d’acides gras végétaux et d’huile de coton. Il dissout les membranes cellulaires des feuilles et, par conséquent, dessèche la plante. Une deuxième vaporisation peut être nécessaire. Chez Neudorff, il est à base d’acide pélargonique, un acide gras présent dans la nature, notamment dans les géraniums, couplé à un régulateur de croissance.

Le désherbeur thermique rend bien des services. Vous trouverez en magasin spécialisé ces sortes de lance fonctionnant au gaz ou à l’électricité qui, par la chaleur dégagée, cuiront les plants envahissants. En fonction de l’envahissement, plusieurs passages à intervalles plus au moins rapprochés sont parfois indispensables. Les étés pluvieux encouragent les repousses. Les plantes s’épuiseront à la longue.

Reste les purins et les dilutions. Quelques végétaux, comme le noyer et l’armoise et plus particulièrement l’Artemisia absinthium, ont la réputation de maintenir à distance toute végétation. Ils contiennent des substances qui bloquent la germination des graines ou limitent leur croissance. A tester.


la libre,momento,dehors,mauvaises herbesDe l'utilité des mauvaises herbes
En effet, les mauvaises herbes constituent un moyen mis en place par la nature pour éviter la destruction de la terre par différents facteurs climatiques, érosion, pluie, sécheresse. Elles recouvrent le sol d’un tapis végétal qui, en se décomposant, apportera de l’humus. Chaque type de terre a sa flore sauvage spécifique et, tant que tout va bien, il n’y a pas de pullulement de l’une ou l’autre espèce. La terre se porte bien. Si une espèce devient envahissante, c’est qu’il existe un déséquilibre. Prenons l’exemple du mouron, petite plante annuelle de la famille des Caryophyllacées. Lorsqu’il se développe de manière exagérée dans une parcelle de votre terrain cela signifie qu’elle est déséquilibrée par un excès d’azote (N). Il faudra corriger par un apport potassique (K). La prolifération des pâquerettes dans votre pelouse est généralement le signe d’une acidification du sol.


Ph.: MNC & MPV

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