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08/10/2011

Roberto Burle Marx, paysagiste du XXe siècle

la libre,momento,dehors,roberto burle marxBrésilien, maître du jardin moderne, il transforme le paysage de son pays et conçoit les jardins de la nouvelle capitale Brasilia.

Portrait: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


NON, AU BRÉSIL, IL N’Y A PAS QUE le roi Pelé ou le carnaval de Rio. Copacabana, cela vous dit quelque chose ? Une des plages les plus célèbres de la planète coincée entre mer et montagne au sud de Rio de Janeiro. Mais aussi une promenade mythique rythmée de petits pavés de granit noir et blanc qui ondulent à souhait, de quoi vous donner l’envie d’entamer une samba. Signée Burle Marx. Une de ses œuvres légendaires.

Roberto Burle Marx, né en 1904 et décédé en 1994, appartient à l’Histoire de l’architecture paysagère du XXe siècle. De père allemand et de mère brésilienne, il vit au Brésil. Attaché à son pays natal, il désire y travailler et modeler ce paysage qu’il aime tant. Depuis son plus jeune âge, il s’intéresse à l’art, la musique et la littérature. Il étudie la peinture, puis l’architecture et le paysagisme. Peintre avant toute chose, il se considère à la fois comme un artiste et comme un paysagiste. Toujours à la recherche de l’esthétique. “Un bon jardin doit être une œuvre d’art. Il faut maîtriser les principes élémentaires de contrastes, de textures, de dimensions et de proportions. Mais il faut aussi des idées.” (Jardins et parcs du futur de Guy Cooper et Gordon Taylor, Octopus 2003.)

A cette époque, les créations paysagères ne suivent plus les modèles antérieurs à la lettre. Dorénavant, les concepts se modernisent. Ils s’inspirent de l’architecture, le Bauhaus, et de l’art, du cubisme au minimalisme. Les lignes sont multiples, les diagonales foisonnent et les espaces deviennent asymétriques. La conception d’un jardin est étroitement liée à l’art abstrait. Burle Marx travaille comme un sculpteur en trois dimensions et dessine ses plans selon une grille géométrique précise, imprégnée des œuvres de Picasso et de Miro.

Les rencontres avec les architectes Le Corbusier et Oscar Niemeyer sont déterminantes. Ce dernier lui confie la création des jardins de la nouvelle capitale Brasilia, inaugurée en 1960. Le résultat est une étonnante ville de béton, dans un style dépouillé et minimaliste, modelée par la lumière et baignée d’eau. L’eau, élément incontournable, tranche avec l’environnement aride et joue avec le reflet des grandes façades modernistes. Chez Burle Marx, une deuxième constance, le mariage des végétaux et des matériaux durs. Sols, murs, meubles de jardin, constructions, mosaïques. Dans le minéral, il insère de larges groupes de plantes aux formes arrondies, des massifs irréguliers de plantations monochromes. Ses jardins ressemblent alors à des tableaux abstraits posés sur le sol, mais conçus pour être vus du dessus. N’oublions pas que c’est l’époque du triomphe des gratte-ciel.

Ses jardins privés regorgent de végétation. Indigène de préférence. Les couleurs chaudes des plantes tropicales le fascinent, ainsi que leur forme graphique. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il a découvert la flore exotique brésilienne dans les serres du jardin botanique de Dahlem, lors d’un long séjour à Berlin. En botaniste averti, il participe à des expéditions, devient collectionneur invétéré et protecteur des écosystèmes. Dans son domaine de Santo Antonio da Bica, il installe même une immense pépinière.


la libre,momento,dehors,roberto burle marxLes Devallée
Christian Devallée et ses enfants, Nathalie et Régis, sont belges, architectes paysagistes de père en fils et en fille. Admirateurs de l’œuvre de Burle Marx, ils l’ont découverte in situ. En 2002, ils réalisent le jardin du patio de l’extension de la clinique Saint-Jean à Bruxelles. A la manière du maître. On y retrouve les contrastes géométriques, les ondulations et les formes arrondies. Mais aussi les couleurs, le noir et le blanc. Petit clin d’œil au tracé bicolore et sinueux de la promenade de Copacabana. Rochers et murets complètent la composition végétale. Ce jardin est à contempler d’en haut, de la passerelle, des chambres. Jardin clos en apparence, il s’ouvre pourtant aux rêves. Ceux des visiteurs et du personnel de la clinique. Les Devallée l’appellent le jardin de l’Imaginaire.


Ph.: Devallée et MNC & MPV

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