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08/10/2011

Tête et jambes en l'air, c'est un peu ça, la capoeira

la libre,momento,bien-être,capoeiraAlliant acrobaties, musique, danse et chant, cette discipline qui relève de l’art martial afro-brésilien est aujourd’hui pratiquée dans divers cadres, en Belgique. Point d’aptitude requise. Juste un zeste d’audace.

En duo: Laurence Dardenne et Raphaël Meulders


MEIA-LUA DE COMPASSO : coup de pied donné en positionnant les deux mains au sol entre les jambes (une main devant et une main derrière les jambes), et en lançant la jambe inverse du bras en avant tel le mouvement d’un compas. Comprendo ? Si pas, sachez qu’il s’agit là de l’une des “figures” de la capoeira, cette discipline qui connaît un succès croissant en Europe.

Drôle de destin que celui de cet art martial brésilien qui s’apparente plus a une danse qu’à une véritable discipline de combat. Les origines de la capoeira sont incertaines, mais d’aucuns affirment qu’elle est née au sein de l’énorme communauté d’esclaves africains débarquée en masse sur les côtes brésiliennes dès le XVIe siècle. A l’époque, la capoeira exprimait une forme de rébellion contre la société esclavagiste.

Le but des premiers capoeiristes était de continuer à s’entraîner à la lutte, interdite par les colons portugais. Il fallait donc cacher leur art martial sous l’apparence d’un jeu pour éviter les représailles. Un stratagème avait été mis au point : quand les maîtres approchaient, le caractère martial de la capoiera était déguisé par la musique et les chants… Les Portugais n’y voyaient que du feu en pensant que leurs esclaves s’amusaient dans des concours de danse et d’agilité.

Ces origines expliquent le peu de contact qui existe dans cette discipline et l’omniprésence des instruments, dont l’indispensable berimbau qui rythme le pas de ceux qu’on appelle joueurs, plutôt que lutteurs. Le spectacle est assuré autour de la “roda” (ronde) où prennent place les capoeiristes.

Si, au Brésil, cet art martial, très populaire se donne encore régulièrement en spectacle dans la rue, il se pratique aussi à plusieurs endroits en Belgique, depuis le début des années 90. Débarquant de son Brésil natal, en 1992 plus exactement, dans notre capitale, Venceslau Augusto de Oliveira tente depuis lors de faire partager sa passion. “Nous avons commencé avec des micro-projets dans des écoles de danse et de cirque, nous explique Braz, son surnom ou totem, comme traditionnellement donné par les adeptes de capoeira, puis cela s’est étendu aux milieux sociaux, socio-culturels, aux écoles… Nous utilisons la capoiera comme outil pédagogique par exemple dans le cadre d’IPPJ. Tout le monde peut pratiquer la capoeira, les enfants dès trois ans, pour lesquels nous adaptons l’enseignement, aussi bien que les adultes, filles ou garçons, les personnes handicapées mentales, les jeunes qui doivent canaliser leur énergie. Nous organisons aussi bien des formations ponctuelles, que des cours hebdomadaires ou des stages”.

A ce jour, une quinzaine de moniteurs ont ainsi été formés par le biais de la fédération belge et l’on estime de 300 à 400 le nombre d’adeptes réguliers dans notre pays.

Les qualités requises pour cette discipline qui s’apparente tant à un art qu’à un sport, mêlant ludique, chant et acrobaties ? “Aucune, nous affirme Braz, toute personne en bonne santé peut s’y mettre. Nous travaillons l’échauffement, l’endurance, la souplesse, en fonction du type d’enseignement et du public. Il ne faut ni être particulièrement souple ni fort. Il faut juste être ouvert à quelque chose de nouveau, avoir envie de découvrir et oser”.


Ph.: Reporters / PhotoNonstop

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