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15/10/2011

Feuilleter Bruxelles

la libre,momento,papilles,livres,bruxellesQuatre ouvrages foodies partent à la recherche des meilleures adresses de Bruxelles… Un Bruxelles des bistros et des petits commerces plutôt que des grandes maisons.

Mise en bouche: Hubert Heyrendt et Laura Centrella


PARU AVANT LES VACANCES, Mange Bruxelles est l’ouvrage le plus original de cette moisson de livres consacrés à Bruxelles côté cuisines. Sous la plume du journaliste René Sépul (“La Libre Essentielle”) et l’œil de la photographe Cici Olsson (qui avaient déjà signé le très beau “La Belgique, le vin”, récompensé par de nombreux prix), l’objet est en effet séduisant en diable ! Par la forme tout d’abord, avec de superbes clichés qui font réellement vivre les 22 adresses choisies, qui se succèdent sans jamais lasser. On a même hâte de tourner les pages pour découvrir les trouvailles de la photographe, des photos tantôt rétro, tantôt insolites, et toujours de magnifiques portraits. On adore aussi la mise en page à l’ancienne mais très dynamique.

Côté contenu, on ne s’ennuie pas non plus. On aime l’idée de faire parler des habitués de chaque table, venus de tous horizons : pipoles (Axelle Red ou Eric-Emmanuel Schmitt), chefs d’entreprises, journalistes et autres gastronomes anonymes, dont les avis, voire les délires, viennent éclairer les textes jubilatoires de l’auteur. Vrai connaisseur, amoureux des bons produits, Sépul n’a jamais été avare de bonnes adresses; il sélectionne ici les tables bruxelloises (du bistro à l’étoilé) qu’il préfère et qu’il fréquente assidûment. On ne s’étonnera donc pas de lire des avis emprunts de sympathie pour ces vrais passionnés de bonne bouffe.

On prend également plaisir à parcourir les 200 recettes offertes par les chefs, dont les fameuses croquettes aux crevettes de chez “François”, l’osso bucco senza l’osso de Giovanni Bruno du “Senza Nome” ou le cassoulet du “Coin des artistes”. Sympathiques aussi, les petits conseils de pros qui ponctuent çà et là le livre : clarifier un consommé, cuire un risotto, maîtriser l’art des grillades…

Porté par Sandrine Mossiat, critique gastronomique bien connue (“Elle” ou “Ambiance culinaire”) et Malika Hamza, à la tête du Convivium bruxellois Karikol, Bruxelles Slow Food s’inscrit dans la logique du mouvement créé par Carlo Petrini en 1986 pour lutter contre l’emprise de l’industrie agroalimentaire et de la malbouffe. En intro, on trouvera donc en guise de piqûre de rappel un rapide survol des principes de bons sens qui président au Slow Food, qui milite pour une alimentation “bonne”, “propre” et “juste”. Comment ? En revenant à une agriculture plus respectueuse de l’environnement, de la santé, des saisons mais aussi de la dignité des producteurs. A vocation internationale (le mouvement compte 100 000 membres à travers le monde), le Slow Food met l’accent sur les circuits courts et les produits frais, locaux et de saison. On réfléchira en effet à deux fois avant de glisser dans son caddie un ananas du Ghana acheminé par avion : 1 kg représentant une émission de 5 kg de CO2! Tandis que l’on préférera des kiwis italiens plutôt que néo-zélandais, qui permettent d’épargner 20 kg de COé à la tonne… Se clôturant par un très utile calendrier de la saisonnalité des fruits et légumes, cet indispensable guide pratique propose, on l’aura compris, de nombreux et précieux conseils pour mieux consommer. Quel poisson et quelle viande acheter ? Où se faire livrer des paniers de légumes ? Quid du bio ? Quid des additifs alimentaires dans les plats préparés ? Sans parler d’un long chapitre nutritionnel.

Mais “Bruxelles Slow Food” mise évidemment aussi sur la dimension locale, en recensant quelque 150 adresses qui s’inscrivent de près ou de plus loin dans la démarche Slow Food mais qui, toutes, misent sur des produits de qualité. Boulangeries, pâtisseries, boucheries, poissonneries, charcuteries, fromagers, épiceries, vinothèques, marchés, primeurs… : rien ne manque à l’appel ! De quoi donner envie à tous d’avoir une approche conscientisée du plaisir culinaire en dénichant des produits artisanaux de qualité. Sans oublier une courte sélection de jolies tables s’inscrivant dans la logique Slow Food. A noter que l’ouvrage porte la mention “Edition 2012”. Les deux auteurs préparent en effet déjà un second tome, qui reprendra de nouvelles adresses qui ne manqueront pas de surfer sur une lame de fond déjà bien implantée dans la capitale. On ne peut que s’en réjouir !

Les Editions Oriane du Laurent (ODL) se sont fait une spécialité de petits guides de la vie quotidienne à Bruxelles. Après “Un an de brunch” et “Un an de loisirs en famille”, le temps était venu d’un ouvrage consacré aux délices de la capitale. Comme pour l’ensemble des ouvrages évoqués ici, l’idée d’Un an gourmand à Bruxelles n’est pas de faire dans la haute gastronomie mais bien de mettre en valeur les petites adresses de quartier. Pas de restaurants ici mais une très belle sélection de commerces de bouche immanquables, dont beaucoup recoupent d’ailleurs ceux de “Bruxelles Slow Food”. Ravachol (qui tire son pseudo d’un célèbre anarchiste de la fin du XIXe siècle), a donc sélectionné 52 de ses meilleures adresses où s’approvisionner en produits de qualité, artisanaux, bio… On pourra toujours pinailler sur certaines d’entre elles mais on trouvera son bonheur.

De la magnifique herboristerie “Desmecht” au glacier “Comus & Gastera”, de la formidable boucherie “Jack O’Shea”, à la très pointue pâtisserie portugaise “Le Petit Forcado”, de l’épicerie kasher “Shoresh” à la poissonnerie “Baleine”, la promenade est riche ! Que du bonheur pour les foodies, qui trouveront également dans ce petit ouvrage de nombreuses idées de recettes, souvent proposées par les artisans mis ici en valeur.

Notons pour finir la parution d’un mini-guide à glisser en poche. Journaliste gastronomique au “Vif/L’Express”, Michel Verlinden fait part dansLes meilleurs restos de Bruxelles de son carnet d’adresses personnelles (plus de 150 !) en toute subjectivité. Un peu foutraque sans doute, mais pas dénué de charme. Ici encore, pas question d’un énième guide gastronomique mais un recensement de petits endroits bons et pas chers.

Accouchant d’un bottin gourmand plus que d’un guide critique, Verlinden fait part ici de toutes ses expériences. Et si certaines adresses ne valent honnêtement pas toujours le détour, l’auteur décerne également quelques coups de cœur, comme le “Kokob” éthiopien du centre-ville, la “Friture René” à Anderlecht ou encore le magique “Neptune” près de la place Flagey. Renonçant aux classiques bruxellois et aux grandes tables, ce livre de poche donnera des idées même aux plus connaisseurs ! Verlinden donne aussi plein de conseils pour aller se rincer le gosier (entre cafés branchés et bars à vins) et pour manger sur le pouce (fritkots et cantines du midi). Sans oublier l’une ou l’autre boulangerie-pâtisserie, crémerie, épicerie, poissonnerie. Et, enfin, un glossaire des spécialités bruxelloises.

Dommage cette mise en page un peu simpliste et qui manque de clarté, ne distinguant qu’à peine la sélection de restos, classés par quartiers, des “encadrés” thématiques, dont certains intéressants, comme les Frenchies à Bruxelles.


Ph.: Cici Olsson

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