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22/10/2011

La Serbie entrouvre la porte

la libre,momento,escapade,serbieIls ne sont que 5 300 Belges à avoir passé des vacances en Serbie en 2010. Et, parmi eux, probablement bien peu qui se soient aventurés en dehors de Belgrade. La Serbie est pile dans le creux touristique des pays où la situation est totalement normalisée, mais où cela ne se sait pas encore : c’est le moment d’y aller.

Découverte: Pierre Gilissen


DES PROBLÈMES, IL Y EN A EU : LE PAYS traîne encore une épouvantable image d’Etat voyou, même s’il a fait amende honorable et qu’il vient de demander officiellement son adhésion à l’UE. Et puis, dans l’ancienne Yougoslavie, les principales zones touristiques étaient surtout en Croatie (la côte dalmate). Les Serbes avaient de beaux coins, mais ceux-ci n’ont jamais été très bien équipés : un handicap, mais aussi un atout.

L’argument numéro un du pays est et reste sa capitale, Belgrade. Détruite des dizaines de fois au cours de son Histoire, cette “ville blanche” qui porte mal son nom n’est pas une beauté étincelante qui vous éblouira au premier coup d’œil, mais plutôt une métropole grouillante de vie et pleine de ressources cachées. La capitale serbe vient même d’être classée à la toute première place pour sa vie nocturne par un site de voyages, devant Montréal et Buenos Aires. C’est vrai qu’il y a les innombrables terrasses des cafés et restaurants – et pas seulement dans les rues pavées de Skadarska, le Montmartre local. Mais il y a aussi les bars dissimulés dans des caves ou au fond d’appartements depuis l’époque de Milosevic, les clubs où les DJ accourent de toute l’Europe et les péniches amarrées sur la Save ou le Danube, où l’on danse toute la nuit, à des prix défiant toute concurrence, mais (provisoirement ?) sans la faune de Benidorm.

Le jour, c’est l’énorme citadelle de Kalemegdan qui constitue le principal point d’attraction de la ville. On passera facilement quelques heures dans ce vaste complexe de jardins et de fortifications qui occupent tout le coin nord-ouest de la vieille ville, en surplomb du confluent de la Save et du Danube. La vieille ville commence immédiatement au sud du parc, alors que le centre de la ville, avec plusieurs bâtiments Art nouveau ou néo-Renaissance, s’étend au-delà de la place de la République. Bien plus au sud, la massive Sveti Sava, la plus grande église orthodoxe du monde, mérite également un coup d’œil.

Toutefois, pour voir un quartier ancien intact d’un seul tenant avec ses monuments, mieux vaudra pousser jusqu’à Novi Sad, à 80 kilomètres au nord-ouest de Belgrade. Avec ses anciennes façades, ses rues piétonnes et une autre forteresse, la deuxième ville du pays est une étape très agréable, qui évoque plus l’Europe centrale que les Balkans. C’est qu’on est ici en Voïvodine, un coin à part du pays, où les Turcs n’ont guère mis les pieds et où les Habsbourg ont fait la pluie et le beau temps dès le XVIIe siècle.

Juste à l’extérieur de Novi Sad, la petite cité baroque de Sremski Karlovci mérite une visite, ne fût-ce que pour sa splendide cathédrale baroque. De là, on pourra aussi explorer la Fruška Gora, une région de collines boisées et parsemées de monastères, qui dominent cette région ailleurs plate comme la main.

la libre,momento,escapade,serbieMais, pour retrouver les paysages du sceptre d’Ottokar, c’est clairement au sud de la capitale qu’il faut aller. Le relief s’élève au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Belgrade et, vers la Bosnie et le Monténégro, les collines font peu à peu place aux montagnes. Si l’on cherche un lieu unique de séjour dans ce coin sud-ouest du pays, c’est probablement la station moderne de Zlatibor, de loin la plus fournie en restaurants et en lieux de séjour, qui fera le mieux l’affaire. Mais mieux vaudra être motorisé dans tous les cas. Les centres d’intérêt ne manquent pas. Le magnifique chemin de fer à vapeur de Mokra Gora, tronçon restauré de l’ancienne ligne Belgrade-Sarajevo. Juste à côté, le vrai faux village du cinéaste Emir Kusturica, baptisé Küstendorf, décor du film “Life is a miracle”. Le faux vrai village de Sirogojno, musée en plein air où des dizaines d’authentiques maisons de village en bois ont été rassemblées. Les grottes de Stovica en contrebas. Et enfin, le magnifique parc national de Tara à la frontière bosniaque avec ses gorges et ses forêts primaires. Tant qu’à faire, d’ailleurs, les amateurs de nature pourront pousser jusqu’en Bosnie-Herzégovine ou au Monténégro, les routes locales ayant tendance, pour des raisons historiques évidentes, à franchir allégrement les frontières.


Serbie, année zéro
Mettre en place une industrie touristique dans un pays comme la Serbie n’est pas une mince affaire. Il y a le poids de l’Histoire récente, l’absence de tradition touristique, et il reste aussi des réflexes bureaucratiques de la période socialiste. La responsable d’une chambre de commerce résume les problèmes du moment : “La promotion part dans tous les sens. Chaque office de tourisme local vante ses mérites sans qu’il y ait de coordination au niveau national. Il est très difficile de trouver du personnel qui parle anglais. Et il nous manque aussi un bon site Internet reprenant tous les moyens de transport.
A quoi on peut encore ajouter l’état de certaines petites infrastructures (certaines petites routes par exemple, les grands axes sont relativement en bon état) et un certain manque d’initiative. Mais à côté de cela, la direction prise est la bonne : pour les années à venir, la Serbie mise sur l’ethnotourisme, le tourisme vert et rural et non sur des projets pharaoniques. Dans l’ouest du pays, le potentiel est énorme pour du VTT, de la randonnée, de l’escalade, du kayak ou du rafting.


Ph.: P. Gilissen

16:26 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, serbie | |

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