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22/10/2011

Les secrets de Prague dévoilés de A à Z

la libre,momento,escapade,prague,république tchèqueAu cœur de l’Europe, Prague se tient forte et droite, bravant les siècles. Rien ni personne ne peut en effriter la beauté légendaire. Pas même la sévérité et l’intolérance des totalitarismes. La “capitale magique”, comme l’appelait André Breton, emporte le voyageur à travers l’Histoire, au gré de ses ruelles.

Abécédaire: Frédérique Masquelier


Architecture : la Prague moderne est l’héritière d’une Histoire longue et tumultueuse. Laquelle a légué à la postérité un important patrimoine de briques et de pierres, dont les plus anciennes sont préromanes. Çà et là, en levant le nez, on admire des édifices romans, gothiques, baroques, rococo, Art nouveau et même… cubistes !

Bière : elle fait la fierté de la République tchèque, se déclinant en plus de 450 variétés brassées sur place. Pâle, limpide et légèrement amère, la pivo se déguste sans compter, à coup de 50 cl. Et est meilleur marché que… l’eau. La plus répandue est certainement la Pilsner Urquell, tandis que la Budejovický Budvar (Budweiser) a une réputation internationale.

Château de Prague : plus long (570 m) que large (130 m), cet immense château fort, dominant la rive gauche de la Vltava, est presque aussi vieux que la ville qu’il protège. Tour à tour demeure royale, princière, impériale ou ducale – et transformé en conséquence –, il est aujourd’hui le siège de la présidence.

Destination touristique : il n’est pas si lointain le temps où la ville était repliée sur elle-même, chasse gardée du régime communiste pendant plus de 40 ans. Depuis 1989, le tourisme s’y est développé jusqu’à placer la ville parmi les destinations de premier choix en Europe. Bilan : entre 3,5 et 4,5 millions de visiteurs par an.

Europe : la République tchèque est membre de l’Union européenne depuis le 1er mai 2004. Trois ans plus tard, elle intègre l’Espace Schengen et, en 2009, assure la présidence du Conseil entre le 1er janvier et le 30 juin.

Festivals : de tout temps, Prague est assidûment fréquentée par les intellectuels, les artistes, les musiciens et les écrivains. Aujourd’hui, son aura culturelle se manifeste sous la forme de nombreux festivals. Parmi eux, l’incontournable Printemps de Prague (musique classique), mais aussi nombre d’événements faisant la part belle au cinéma (Febiofest), au théâtre alternatif (Fringe Festival), à la littérature (Festival de Prague des Ecrivains), au spectacle vivant et à la scénographie (Quadriennale de Prague), etc.

Ginger et Fred : également surnommé la “Maison Dansante”, l’immeuble (1996) est l’œuvre conjointe des architectes Vlado Milunic (Rép. tchèque) et Franck Gehry (USA). Deux cylindres contorsionnés en forment la proue et rappellent un couple de danseurs s’élançant sur la piste. Celui de droite va en s’élargissant, à l’image des pectoraux masculins (Fred), tandis que celui de gauche, tel un sablier aux courbes de verre vêtues, semble tourner sur lui-même (Ginger).

Horloge astronomique : l’incroyable cadran médiéval orne le mur sud de l’hôtel de ville. Et indique non seulement l’heure, mais aussi les mouvements du soleil et de la lune. La légende raconte que les conseillers municipaux ont mutilé les yeux de l’horloger qui l’a pensée, afin qu’il ne puisse pas reproduire son chef-d’œuvre ailleurs.

Ibrahim ibn Ya’qub : du nom du voyageur et marchand juif d’origine hispano-arabe qui a produit la première trace écrite de l’existence de Prague, en 965. Il y décrit la ville comme un “centre de commerce animé”.

Josefov : il s’agit du quartier juif, ancien ghetto dont le statut est revu en 1850, sous l’impulsion de l’empereur Joseph II. Plus tard, l’occupant Nazi choisit de l’épargner en vue d’en faire un musée du peuple disparu, y rassemblant le butin de ses pillages.

Kafka : l’écrivain vécut et écrivit à Prague la majeure partie de sa vie. Plusieurs cafés s’enorgueillissent de l’avoir compté parmi leurs habitués et les marches menant au château résonnent encore de ses pas. Il est enterré au cimetière juif.

La Bohême : la Prague médiévale est au cœur du royaume de Bohême, dont elle fut la capitale. L’âge d’or de la Bohême marque la ville de son empreinte à travers la construction du pont Charles, de la cathédrale Saint-Guy, de l’université Charles et du quartier de la Nouvelle-Ville.

Musique : “Co Cech, to muzikant” (tel Tchèque, tel musicien), dit le dicton. La musique est indissociable de la culture tchèque, bénéficiant d’une place de choix dans l’éducation. Par ailleurs, Prague est le berceau de grands noms de la musique classique tels que les compositeurs Smetana, Dvorak ou Janacek.

Noces de Figaro : mal reçues à Vienne, elles sont acclamées à Prague en 1787, en présence de Mozart qui en dirige personnellement la représentation. “Mes Praguois me comprennent”, dira le compositeur, dont le faible pour la ville y conduisit ses pas de nombreuses fois.

Opéra : véritable institution de la vie culturelle praguoise, l’opéra est considéré depuis toujours comme un art populaire majeur. D’où son accessibilité, appuyée par la variété de sa programmation et de ses mises en scène.

Pont Charles : construit en 1357, sous le règne de Charles IV, roi de Bohême et empereur romain germanique, il enjambe la Vltava, reliant la Vieille-Ville à la Nouvelle. S’y pressent, outre les touristes, 30 groupes de statues baroques sculptées entre le XVIIe et le XVIIIe siècles.

Quartiers : quatre quartiers forment le cœur de Prague : Malá Strana, le quartier baroque, sur lequel la noblesse impériale a autrefois jeté son dévolu, y élevant nombre d’hôtels particuliers; Hradcany, le quartier du château, surplombant la ville du haut de ses palais et autres parcs; Staré Mesto, la Vieille-Ville, sa longue Histoire se lisant sur les murs de ses édifices; et Nové Mesto, la Nouvelle-Ville, dont le nom induit le visiteur en erreur, désignant paradoxalement un des quartiers les plus anciens.

Réforme : aux XIVe et XVe siècles, Prague est un centre religieux de première importance. Elle est le réceptacle des balbutiements de la Réforme et des prédications de Jean Hus, recteur de l’université Charles et théologien. Son combat contre les abus de la hiérarchie catholique et le trafic des indulgences le mènera au bûcher.

Socialisme à visage humain : le 5 janvier 1968, Aleksander Dubcek accède au pouvoir et se lance dans un programme d’assouplissement du régime communiste, par l’affirmation des droits et des libertés fondamentales. C’est le Printemps de Prague, contesté par l’URSS dont les troupes envahissent le pays le 21 août suivant.

Théâtre noir : bien que n’ayant pas été inventé sur place, le théâtre noir y est si populaire qu’il est souvent associé à Prague. Il s’agit d’un spectacle muet, dans lequel la salle et la scène sont plongées dans l’obscurité. Seuls les artistes, en costume lumineux, se détachent de la toile de fond, comme s’ils défiaient la gravité.

Unesco : depuis 1992, le centre historique de Prague est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Vltava : les méandres de la Vltava traversent la ville avant de se jeter dans l’Elbe. Bedrich Smetana lui rend hommage sous son nom allemand – la Moldau – dans un des six poèmes symphoniques qu’il compose pour sa patrie (Má Vlast).

Wenceslas : saint Wenceslas (ou Venceslas) est le saint patron du pays, comme des fabricants de bière. Il fut un souverain de Bohême. La place praguoise qui porte son nom est une des plus importantes de la ville et est ornée d’une statue en son honneur.

XVIIIe siècle : c’est l’apogée du baroque praguois. S’élèvent alors des coupoles, des clochers et des colonnes qui, avec les clochers à pointes dorées hérités du Moyen Age, font de Prague la “ville aux cent tours”.

Y manger : végétariens, s’abstenir ! Les Praguois aiment la viande, sous toutes ses formes. En soupe (polévky), panée (schnitzel), sur toast (chlebickys), le plus souvent accompagnée de chou et de pommes de terre. Les influences sont allemandes, slaves et autrichiennes, le résultat étant fort gras et parfois un peu grossier.

Zlatá Ulicka : la “Ruelle d’Or”, au pied du château, est bordée de 16 maisonnettes aux couleurs vives. La légende veut qu’elles aient appartenu à des alchimistes y cherchant la formule de fabrication de l’or.


Ph.: F. Masquelier

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