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22/10/2011

Pas gai, de bégayer !

la libre,momento,bien-être,bégaiement,bègueComment expliquer et, surtout, comment surmonter ce trouble qui affecte 1 % de la population adulte ? Deux ouvrages, dans des styles très différents, traitent du sujet en cette Journée mondiale du bégaiement.

Troublant: Laurence Dardenne


SI L’ON VOUS DEMANDE CE QU’ONT en commun Churchill, Darwin, Roosevelt, Virgile, Clémenceau, Aristote, François Bayrou, Bruce Willis, Albert II (prince de Monaco), Moïse, Lewis Carroll, Gérard Depardieu, Julia Roberts, Ben Johnson, Marylin Monroe ou Tiger Woods… peut-être aurez-vous du mal à trouver. Si l’on vous dit George VI ou “Le discours d’un roi”, sans doute, la réponse fusera-t-elle. Mais c’est bien sûr : le bégaiement ! Toutes ces célébrités ont, en effet, souffert ou souffrent toujours, de manière transitoire ou permanente, de bégaiement, dont la Journée mondiale est précisément célébrée ce samedi 22 octobre.

Comment donc définir ce trouble qui affecte, à des degrés divers, 1 % de la population adulte ? D’après le dictionnaire Larousse, il s’agit d’“une perturbation de l’élocution caractérisée par l’hésitation, la répétition saccadée, la suspension pénible et même l’empêchement complet de la faculté d’articuler” ?

Plus proche de la définition médicale, l’ouvrage intitulé “Les bégaiements de l’adulte”, sous la direction de Bernadette Piérart (1), évoque le diagnostic. “Il repose sur le trépied symptomatique : spasmes et blocages des mouvements présidant à l’émission de la parole, répétitions involontaires, qu’elles soient audibles ou silencieuses, et allongements de certaines unités brèves de la parole, tels les syllabes et les mots monosyllabiques”, peut-on lire dans ce très dense ouvrage. Ces “accidents” de la parole, de la fluence plus exactement, surviennent souvent “en rafale” et échappent au contrôle du patient”.

Multiforme, la symptomatologie du bégaiement est variable selon les moments et l’interlocuteur, précise encore l’auteur, dont l’ouvrage a été initié par un colloque qui a eu lieu à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université catholique de Louvain. Il s’est donné pour objectif de faire le point sur les découvertes récentes dans les domaines de la neurologie et la génétique du bégaiement en dégageant leurs retombées cliniques. Synthèse scientifique de haut vol de nos connaissances sur le bégaiement, il présente les découvertes récentes qui révèlent des causes neurologiques et ouvrent des perspectives thérapeutiques nouvelles. Il s’adresse plus particulièrement aux logopèdes/orthophonistes ainsi qu’aux étudiants en logopédie/orthophonie, aux chercheurs en neurosciences, et plus précisément dans le domaine des troubles du langage, aux médecins, et en particulier aux neurologues, aux psychologues, ainsi qu’aux personnes qui bégaient et, plus largement, à toute personne concernée à titre personnel ou professionnel par les causes du bégaiement et les pistes thérapeutiques.

D’un accès nettement plus aisé, “Le bégaiement, comment le surmonter” (2) s’adresse plus simplement aux personnes bègues, aux parents d’enfants qui bégaient ou toute autre personne de l’entourage d’une personne bègue. Comme l’intitulé de ce “Guide pour s’aider soi-même” l’indique, il y est question de comprendre le trouble pour tenter de le surmonter ensuite. Ainsi, les auteurs, psychologue clinicienne et orthophoniste, décortiquent-elles les étapes successives du changement. A commencer par la phase de motivation et d’engagement, suivie de la phase d’identification, puis d’acceptation, de désensibilisation, de modification.

Définissez vos objectifs, suggèrent les auteurs, “ne plus bégayer” est un objectif trop vaste pour lequel, vous l’avez compris, il n’y a pas la solution ! Votre but doit être plus grand que “je veux bien parler”; ce doit être un but qui décentre la pression sur l’acte de parole : prenez un but de communication qui inclut les autres dans votre vie. Il vous faudra décomposer, avoir des outils qui faciliteront la fluence et changer d’objectif, ne plus viser la parole parfaite mais retrouver l’estime et l’amour de soi, le plaisir de parler et celui d’avoir un relationnel de bonne qualité”.

(1) Les bégaiements de l’adulte, sous la direction de Bernadette Piérart, Ed. Mardaga, Collection Psy, 35 €.
(2) Le bégaiement, comment le surmonter, Mireille Gauraud-Andel et Marie-Pierre Poulat, Odile Jacob, Guide pour s’aider soi-même, 17 €.


Ph.: Reporters/Capital Pictures

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