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29/10/2011

Au coeur des Hautes-Alpes, Orcières-Merlette

la libre,momento,escapade,hautes-alpes,orcières-merletteOrcières, Ecrins, Merlette, Ancelle,… toponymie chantante de la vallée du Champsaur, entre haute montagne – les Ecrins et son parc naturel – et Haute Provence. Tours de pistes hivernales…

Découverte: Astrid t'Serstevens


À UN GROS SAUT DE PUCE DE Sisteron, un jet de pierre de Gap, Orcières-Merlette est la station chérie des Marseillais. Ces veinards l’atteignent en deux heures d’autoroute. Cirque de fond de vallée, exposition sud-ouest offrant de théâtraux couchers de soleil, la station est légèrement enclavée dans le parc naturel des Ecrins, ce qui garantit aux chamois une paix totale, et aux contemplatifs/sportifs, des sommets à couper le souffle. Le domaine de 80 km s’étend sur différents versants, offrant des pistes impeccablement entretenues par les dameurs, souvent les bergers ou les éleveurs qui viendront avec leurs troupeaux arpenter les mêmes paysages quand la neige aura fondu. Merlette est le nom du hameau devenu en trois ou quatre décennies une grosse station à qui son altitude (1 850 m) garantit de la neige – y compris de culture –, et les Hautes-Alpes, un beau ciel bleu. Mais le ski n’est plus le seul sport; l’hiver se décline aujourd’hui dans une grande diversité d’occupations. De jeunes entrepreneurs rivalisent de créativité et lancent des activités pour amateurs d’éclats de rire et/ou de sensations fortes. Petit tour parmi ces créatifs locaux.

Le ski joëring, pour commencer, se pratique skis aux pieds, attelé derrière un poney, sur une piste fermée pour l’écolage, puis sur une grande boucle damée. D’abord au petit trot, on essaie de rester sagement en file derrière le moniteur, puis, prenant quelque assurance, grand galop et… rire garanti !

Ou la patinoire pour voitures, qui ne saurait laisser de glace le Fangio qui sommeille n’importe où, si! si!… A tous les tournants, dérapages plus ou moins, surtout moins, contrôlés procurent une griserie toute empreinte d’une juvénile insouciance.

Ou plus technique, le chien de traîneau. Un musher a installé sa meute sur un champ de neige au bord des pistes à 2 300 m, un paradis glacé pour huskys. Il confie ses précieux chiens – dont certains sont des athlètes de haut niveau, participant à des courses internationales – pour des randos en solo ou comme passager d’un grand traîneau. Huskys, malamuts, alaskans font tout pour plaire à leur chef adoré : “Moi, moi, prends-moi !”, aboient-ils, bondissant au moment où le maître passe pour choisir les compagnons d’attelage. C’est le pôle Nord là-haut : des igloos, assez grands pour y dormir confortablement à une dizaine, sont à la disposition des collectionneurs de souvenirs inédits et exotiques. A pareille altitude, le froid est intense, alors le souper et le petit-déjeuner autour du feu, dans la hutte laponne, toute ronde et déposée sur le manteau de neige, seraient-ils bienvenus ? On s’en doute. Se trouver seuls dans la haute montagne, la nuit, sous les étoiles, avec le vent qui soulève des embruns de poudreuse au-dehors, procure les sensations d’une aventure extrême…

Autre jeune “sport” en vogue : le snake-gliss, descente d’un long serpent de luges attelées entre elles, sur les pistes de ski débarrassées des skieurs. Un moniteur pilote le “snake”,  juste après la dernière remontée mécanique et avant le départ des dameuses. Rires et hurlements garantis.

Enfin, on ne peut passer sous silence l’installation ici de la plus grrrrande tyrolienne d’Europe, un câble de près de 1 900 m de long, au-dessous duquel on glisse à 130 km/h. Fonctionne l’été, mais aussi l’hiver, auquel cas, les skis seront du voyage aussi. Qui résiste à pareille tentation d’adrénaline ?

Cocktail de sensations, Orcières domine par sa taille et ses ambitions l’offre hivernale du Champsaur. Mais la vallée, c’est aussi plein de petits villages-stations dans les alentours. Comme Ancelle et son immense paysage sculpté par un ancien lac glaciaire, idéal pour la balade. Un quart d’heure de route pour changer de village, d’horizon, d’ambiance; pour découvrir si on le veut de vrais habitants, ceux qui ont un projet commun, celui de vivre là. On les comprend.


Ph.: Gerald Lucas

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