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29/10/2011

Chaplin ressuscité

la libre,momento,derrière l'écran,programmes télé,jeunesseCharlot, Le Petit Prince, les Bisounours : les nouveaux héros proposés à la jeunesse sont de plus en plus souvent issus de l’enfance de leurs parents ou… grands-parents. Un mouvement “revival” 3D qui ne doit pas faire oublier la tendance “manga”, ni les héros canadiens, français et américains toujours très prisés.

Exploration cannoise: Karin Tshidimba


PLUS QUE JAMAIS, QUE L’ON VIENNE de Hong Kong, Londres ou Moscou, il ne s’agit plus seulement de suivre la vague mais bien de l’amplifier et même, mieux, de l’anticiper. Et si possible de créer la demande plutôt que de tenter d’y répondre. On l’a vu récemment avec les stratégies développées autour des Schtroumpfs, Tintin, Harry Potter et autres blockbusters déclinés aussi bien en télé que dans les rayons des supermarchés.

Le maître-mot reste “diversifier” et offrir, à côté des CDs et DVDs somme toute assez classiques, les peluches, jeux vidéo ou figurines articulées qui permettront aux jeunes fans d’assouvir leur soif de jouets. L’édition (de livres) et les licences (jeux et gadgets) représentent d’ailleurs des segments de plus en plus importants du marché de la jeunesse.

Cette réalité, on a pu la “mesurer” lors du dernier Mip Junior, qui a affiché un taux de fréquentation record, preuve que la recherche du bon programme pour le jeune public est une préoccupation majeure pour le secteur. Malgré un soleil étincelant, ils ont été un millier à s’enfermer durant le week-end des 1er et 2 octobre, dans les salons de l’Hôtel Martinez afin de visionner quelques-uns des 1 092 titres mis à la disposition des 600 acheteurs qui avaient fait le déplacement à Cannes (un chiffre en hausse de 25 % par rapport à 2010). “Une progression significative qui reflète l’évolution de l’industrie dans le domaine des divertissements pour enfants”, souligne Laurine Garaude, directrice de la division télévision de Reed Midem, organisatrice du Marché international des programmes audiovisuels (Mipcom) cannois.

Dans cet univers, les Européens sont loin d’avoir perdu la main. Ainsi, au Mip Junior, France et Canada ont fait jeu égal, représentant ensemble 8 des 10 programmes les plus visionnés par les acheteurs venus du monde entier. Avec, notamment, côté français, la série “Chaplin & co” (PGS Entertainment) très demandée… Coproduite par Method animation, la série propose 104 épisodes de 6 minutes ou 24 épisodes en 26 minutes. Une adaptation ou une “remise au goût du jour” qui n’est pas sans rappeler le travail effectué sur l’univers du Petit Prince, également présenté au Mip à Cannes, en octobre 2010.

Annoncé en amont du Mip Junior, “Chaplin & co” a déjà trouvé un grand nombre d’acquéreurs : la RAI (Italy), Télé-Québec (Canada), DR (Danemark), RTP (Portugal) et Rustavi (Géorgie). La série est produite par Nathanel Karmitz (MK2 TV) et Aton Soumache (Method Animation) et coproduite par les Indiens de DQ Entertainment et les Luxembourgeois de “Fabrique d’Image” en collaboration avec France Televisions. Une nouveauté attendue à Noël sur France 3 et un hommage à l’univers de Chaplin (entièrement “muet” mais en couleurs) qui renvoie aussi au travail réalisé sur le film “The artist” avec Jean Dujardin.

A côté de cette importante tendance “héros de nos parents” , s’est développé depuis de nombreuses années, un filon très “manga”. En France, des productions comme “Galactik Football” (Gulli), “Wakfu” (France 3) et “Rekkit” (TF1) ont ainsi adapté avec succès les codes du manga japonais. Parallèlement, les productions nippones ne baissent pas pavillon avec des titres comme “BeybladeMetal Fusion” (France), “Detective Conan” (Italie) ou “Pokemon” (Espagne) plébiscités partout en Europe. Ceci, sans oublier les Américains qui, avec “Les Simpson” (Royaume-Uni et Italie), “Les pingouins de Madagascar” (Espagne) ou “Bob l’éponge” enregistrent des cartons mondiaux.

Des jeunes de plus en plus accros à leurs ordinateurs et aux jeux vidéo et un public télé vieillissant : voilà le spectre qui, il n’y a pas si longtemps, hantait les concepteurs et diffuseurs de programmes télé. Or, une récente étude (LLB du 19/10) a démontré que si la tranche d’âge 15-24 ans restait problématique en terme de volatilité, les autres étaient même plus fidèles que la génération précédente au même âge. Les plus jeunes (4-14 ans) étant même de plus en plus réceptifs au média télé. C’est ce que constate Médiamétrie dans son “Kids TV report” publié en septembre : “Si les nouveaux modes de visionnage des programmes TV sont en pleine expansion, notamment auprès des jeunes, les chaînes jeunesse continuent à gagner des parts de marché.”

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