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05/11/2011

Peut-on boire autre chose que de l’eau ?

La Libre, Momento, Bien-être, nutrition, boire, eauLe café, le thé et la tisane peuvent remplacer en partie l’eau, mais ils ne sont pas dénués de principes actifs. L’eau ne doit donc pas être négligée.

Dossier: Michèle Dryepondt, diététicienne-nutritionniste


PASSER UN MOIS SANS MANGER, ce n’est pas un problème, mais nous ne tenons pas plus de quelques jours sans boire. L’eau est nécessaire aux fonctions vitales. Elle assure le maintien des structures cellulaires, la régulation du transit intestinal, l’élimination des déchets métaboliques, la température corporelle, la régulation de la tension artérielle et de la fonction cardio-vasculaire, le fonctionnement cérébral, musculaire et osseux. Le sang mis à part, ce sont le cerveau et le cœur qui sont les plus riches en eau.

Or, nous perdons continuellement de l’eau par l’évacuation des déchets, la sueur et la respiration (nous éliminons de l’eau en expirant !). Les recherches ont montré que la sensation de soif est induite par l’organisme lorsqu’il est déjà déshydraté à 2 %. Une déshydratation, même légère, peut déjà s’accompagner de troubles, tels une baisse de la vigilance, des maux de tête, une augmentation de la fréquence cardiaque, et peut mener jusqu’à des états de confusion.

Les besoins en liquide sont différents selon les individus, le climat, l’activité physique. Les enfants sont très sensibles à la déshydratation. Les recommandations nutritionnelles pour la population belge suggèrent une consommation de 1 l à 1,5 l d’eau entre 1 et 6 ans, 1,5 à 2 l entre 6 et 14 ans. Par ailleurs, la soif est un mécanisme qui s’altère avec l’âge. Ainsi, les personnes âgées – dont la fonction rénale est, de plus, diminuée – doivent veiller à boire sans soif tout au long de la journée.

Si l’eau, de préférence peu minéralisée (et celle du robinet est, en principe, tout à fait valable en Belgique), reste le liquide de prédilection de notre organisme, elle peut être partiellement remplacée par d’autres boissons. Le café, le thé et la tisane trouvent leur place à ce niveau. Mais ils ne sont pas dénués de principes actifs. La caféine, présente dans le café et le thé (dans ce cas, appelée aussi “théine”), est diurétique et cet effet est renforcé dans le thé par la présence de théobromine et de théophylline. Des effets pervers de la caféine (si ce n’est l’accoutumance) ne sont pas scientifiquement démontrés pour une consommation maximale de 300 mg/jour. Le thé vert est plus riche en antioxydants que le thé noir, parce qu’il n’est pas fermenté. Il contient moins de caféine et est plus tonifiant.

Les tisanes, en infusion ou décoction, ne contiennent pas ces substances, et peuvent, en fonction de la plante, prodiguer des effets particuliers. Par exemple, la menthe poivrée est digestive, la passiflore apaisante, le thym désinfectant, tandis que la vigne rouge active la circulation sanguine.

Bref, si en hiver notre préférence va plus à la boisson chaude qu’à l’eau, celle-ci doit néanmoins rester la source liquide la plus importante.


Les boissons pour sportifs, vigilance

La bonne hydratation est aussi un aspect important lors de la pratique d’un sport. La sueur est un mélange d’eau et de sels minéraux dont le sodium (le sel). Les athlètes qui fournissent un gros effort peuvent exsuder de 1 à 2,5 l par heure en fonction de la température ambiante, et subir ainsi une perte importante de sodium. Or, ce dernier stimule le mécanisme de la soif, il améliore la vitesse d’absorption de l’eau et des glucides (sucres) dans l’intestin. La déshydratation dans le sport altère les performances musculaires et est souvent source de traumatismes et  de blessures. Une perte de 1 % du poids corporel en eau diminue le rendement musculaire de 10 % et une perte de 4 % réduit les capacités de 40 à 60 %. On observe alors une grande fatigue, une lourdeur des jambes, des essoufflements, voire de la confusion. Les boissons du sport sont efficaces lorsqu’elles contiennent des glucides (sucres), environ 5 à 7 g pour 100 ml, de la vitamine B1 qui joue un rôle dans le métabolisme des glucides et dans la limitation de la production d’acide lactique et du sodium à raison de 40 à 45 mg par 100 ml. L’importance de la supplémentation en protéines pour les sportifs est un mythe et un argument marketing. Le substrat principal du muscle est le glucose. Une alimentation bien équilibrée suffit à apporter au sportif la quantité de protéines dont il a besoin.


Boissons énergisantes, pas innocentes

Leur but est de stimuler l’énergie mentale ou physique du consommateur. A cet effet, elles contiennent généralement de la caféine, de la taurine et du glucuronalactone. On peut aussi y trouver des vitamines du groupe B et des extraits végétaux comme le guarana (qui contient aussi de la caféine) ou le ginseng. La taurine et le D-glucuronalactone ont fait l’objet d’investigations au niveau européen, et si les résultats sont plutôt rassurants par rapport à l’innocuité de ces deux composants, il est stipulé qu’une consommation moyenne quotidienne de 125 ml à 350 ml de ces breuvages ne devrait pas être dépassée. Il n’en reste pas moins que ces boissons contiennent de la caféine dont la surconsommation peut entraîner des insomnies, de l’anxiété, des maux de tête ou encore de la tachycardie et une accoutumance. Ce qui inquiète surtout, c’est l’alcool que les jeunes ne manquent pas d’y ajouter, compromettant ainsi leurs comportements. Le couple caféine et alcool réduit la perception d’alcoolisation, mais certainement pas la réalité des effets. Ainsi, l’ajout d’alcool à ces boissons énergétiques multiplierait par trois le risque d’ivresse et par quatre la confiance en soi.


Ph.: Reporters / Photononstop

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