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12/11/2011

Netflix à la conquête de l'Europe

la libre,momento,derrière l'écran,netflixNetflix, leader de la VOD par abonnement et de la location de DVD par courrier aux Etats-Unis, poursuit son expansion en Europe (au Royaume-Uni et en Irlande). L’offre légale de contenus en streaming – large et exclusive – pour 5 € par mois  sur une seule et même plateforme – inquiète les câblo-opérateurs payants.

Aurélie Moreau


DEPUIS QUELQUES MOIS, l’entreprise nord-américaine Netflix (spécialiste de la location de DVD par courrier et du streaming légal sur Internet) ambitionne d’étendre ses activités au-delà de ses frontières. Une politique d’expansion qui a débuté au Canada en 2010, où un million d’abonnés ont aujourd’hui rejoint les 25 millions de fidèles américains. Elle s’est ensuite poursuivie en septembre 2011 en Amérique latine. Enfin, en 2012, la Grande-Bretagne et l’Irlande seront les premiers pays européens à bénéficier des services du géant américain. L’Espagne sera probablement la suivante.

Quant à la France, l’organisation rapide de la concurrence (sous l’égide de Canal + et Dailymotion), le manque de coopération des fournisseurs d’accès à Internet et la réglementation contraignante ont franchement retardé l’implantation du géant californien sur le territoire hexagonal. Car, outre-Quiévrain, la diffusion de films et de séries en VOD par abonnement est soumise à un délai de 36 mois après leur sortie en salle. Toujours est-il que Netflix prévoit des investissements chiffrés entre 40 et 70 millions d’euros selon les pays.

Une expansion qui risque sérieusement de bousculer les câblo-opérateurs payants, comme c’est d’ailleurs déjà le cas aux Etats-Unis et au Canada. Son offre vient clairement grappiller les parts de marché et une partie des téléspectateurs de la télévision payante. La raison est simple. D’une part, son catalogue en streaming est non seulement disponible sur écran d’ordinateur, mais également sur les tablettes, les smartphones et les téléviseurs connectés à Internet et aux consoles de jeu (de la Playstation 3 à la Wii, en passant par la Xbox 360). Netflix a ainsi brillamment réussi à mobiliser les nouvelles technologies au service d’un public soucieux de souscrire à une offre légale en streaming (un abonnement mensuel de 5 €) répondant à ses nouveaux modes de consommation. D’autre part, sa capacité à négocier de juteux contrats lui a permis d’asseoir sa position de leader dans le secteur de la VOD par abonnement et de la location de DVD par courrier.

Par conséquent, le catalogue du géant américain ne cesse de s’étoffer de contenus exclusifs. Ses accords (chiffrés à plusieurs millions de dollars et prévus pour plusieurs années) avec Dreamworks Animation, Discovery et ses chaînes documentaires, NBC Universal, Time Warner et CBS lui ont permis d’obtenir les droits exclusifs de poids lourds du grand et du petit écran tels que “Vampire Diaries”, “Gossip Girls”, “Desperate Housewives”, “Shrek”, “Kung Fu Panda”, etc. Une acquisition groupée chiffrée à plus de 805 millions de dollars (590 millions d’euros).

Aujourd’hui, Netflix représente 30 % du trafic Internet aux Etats-Unis, le soir entre 20 et 22 h. Or, il s’agit très exactement de la tranche horaire générant la plus grande part d’investissements publicitaires sur les chaînes de télévision payantes (ou non). Les chaînes du câble, belges ou françaises (RTL-TVI, RTBF, TF1 ou France Télévision), ne sont pas à l’abri, puisqu’elles diffusent également les séries proposées par le leader américain, à savoir “The mentalist”, “NCIS”, “Les experts”, “Castle”, etc. Or, ces séries leur permettent souvent de générer de larges audiences et d’importantes recettes publicitaires. Une offre prévoyant une gamme de contenus exclusifs sur une seule et même plateforme de diffusion ne devrait donc pas seulement inquiéter les câblo-opérateurs payants. Sans oublier la récente politique de redéploiement éditorial. Netflix propose, par exemple, depuis le 16 août, “Just for Kids”, un portail de programmes destiné aux moins de 12 ans, alors que son intégration à Facebook, au Canada et en Amérique latine, le 22 septembre, vient compléter et renforcer des modes de distribution déjà multiples.

En revanche, d’autres études ont récemment prouvé que la multiplication des plateformes de diffusion avait pour effet de renforcer le premier écran, la télévision. En effet, l’accès à la télévision est en forte croissance par Internet et par le téléphone mobile. Une fragmentation qui accroît la consommation audiovisuelle. D’autant plus que la télé reste l’activité média préférée des Belges.


Ph.: Reporters

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