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19/11/2011

Geluck reçoit chez lui

La Libre, Momento, Derrière l'écran, Livrés à domicile, Philippe Geluck, coulisses, tournageLundi, “Livrés à domicile” s’installe dans l’atelier et la bibliothèque de Philippe Geluck (La deux, 22h50) Chaque changement de cadre insuffle un vent frais dans l’émission littéraire de la RTBF, devenue nomade depuis la rentrée. Coup d’œil sur le travail, hors caméras, de Thierry Bellefroid et toute son équipe.

Invitée en coulisses: Karin Tshidimba


EN GÉNÉRAL, NOUS INVESTISSONS les lieux dès 9h pour installer tout le matériel, les éclairages, etc. Et le tournage se déroule en deux phases : de 11h à 13h et de 14 à 18h.” Si l’émission terminée a des allures d’agréable promenade de santé, l’organisation en amont s’apparente à une véritable campagne, aucun détail n’étant laissé de côté par une équipe se déplaçant avec force armes et bagages.

Étape 1 : choix de l’auteur et du lecteur

Si le premier est choisi en fonction de son actualité, le second est “soumis” à d’autres critères. Son attitude face à la caméra n’étant pas le moins déterminant.

Je suis une ancienne de l’Écran témoin et je sens très vite si cela passe ou pas. Nous avons trouvé beaucoup de nos témoins par le bouche à oreille, parfois certains lecteurs en renseignent d’autres et quelques-uns commencent à postuler via le site internet de la RTBF. Sophie Gardier est une lectrice qui avait émergé lors d’un précédent prix Première” pour sa pertinence et sa capacité à communiquer son enthousiasme pour un livre. “Jusqu’ici, nous n’avons eu que trois ou quatre hommes volontaires mais j’en ai rencontré un ce matin (lundi 24 octobre, NdlR) et il est policier. Un flic qui lit, c’est rare. En fait, il travaille aux ressources humaines, nous le verrons bientôt à l’écran”, assure Isabelle Franchimont.

Si le téléspectateur lambda a pu être impressionné par le bagout et la culture de la première lectrice (animatrice d’ateliers d’écriture par ailleurs), Isabelle Franchimont ne tarit pas d’éloge sur sa “candidate” du jour. “C’est l’une de nos meilleures participantes. C’est intéressant parce qu’elle voit tout au travers de la médecine, puisqu’elle était médecin généraliste, et comme elle s’appelle Sophie Gardier, elle a reçu plein de Docteur G.” Un clin d’œil qui n’est pas pour déplaire à l’équipe. Aujourd’hui, c’est pourtant l’album “Le chat est content” qu’elle fait dédicacer pour son fils de 11 ans, également fan de Geluck.

Habitant relativement loin (Heusy, près de Verviers) c’est exceptionnellement Sophie qui s’est déplacée pour rencontrer Philippe Geluck dans son repaire bruxellois. L’occasion pour l’émission “de montrer son intérieur, sans tout dévoiler.” Effectivement, le rendez-vous littéraire se tournera essentiellement dans les coins biblio, cuisine et salon de l’appartement situé au-dessus des bureaux où s’activent, d’ordinaire, Philippe Geluck, ses deux proches collaborateurs et son coloriste. Une découverte qui passionne tellement Sophie Gardier qu’elle prendra parfois l’équipe de court posant ses questions avant même que l’on commence à tourner.

Étape 2:  mise en valeur des lieux

Il s’agit de repérer les éléments de décor à mettre en lumière (au sens propre comme au figuré), ceux, au contraire, trop fragiles qu’il faudra déplacer hors du champ de manœuvre et noter soigneusement tout le matériel nécessaire (câbles, projecteurs, réflecteurs, occultants, etc.) en fonction de l’architecture et de la luminosité des lieux. Pour l’harmonie du “rendu à l’écran”, Philippe Geluck se verra même demander de déplacer certains éléments de mobilier (tableaux, sculptures) pour qu’ils apparaissent mieux dans le cadre.

Étape 3:  mettre la réalité en scène

Il est passé 14h, l’équipe revient d’un resto thaï tout proche, tandis que Philippe Geluck finit de montrer à notre photographe Johanna quelques croquis et souvenirs abrités dans son atelier. C’est l’heure de filmer l’entrée en scène de Sophie Gardier qui, dans les faits, est là depuis le matin. La réalisatrice Kita Bauchet leur indique la place des caméras et la façon de procéder. En vrai, tout s’est déjà passé comme cela, mais la caméra n’était pas en place pour le filmer. C’est aussi le moment où l’on détermine quelles questions seront posées dès l’entrée. “Bonjour Sophie, soyez la bienvenue” répète avec entrain Philippe Geluck qui connaît la musique. La “scène” est parfois rejouée, en partie ou en entier, selon qu’un détail clochait ou qu’un meilleur angle ait été trouvé. Un tournage est affaire de patience.

Étape 4: nourrir la bête

Bonbons, boissons, chocolat... ne manquent que les marrons glacés. Entre deux prises, pendant que les techniciens et électros ajustent pour la enième fois l’éclairage en fonction du jour déclinant, les échanges très informels se succèdent tandis que certains (Laurent Dehossey, Michel Dufranne) se concentrent sur leur prochaine chronique. Pour permettre à tous de rester d’attaque et concentrés, eaux, thé, café et fruits sont mis à la disposition des amateurs dans la cuisine toute proche. La maquilleuse reste en embuscade tandis que la scripte consigne soigneusement les plans déjà tournés.

Étape 5: Dompter le temps qui file

Au fil des heures, on sent la concentration de certains s’émousser (on ne donnera pas de nom) tandis que d’autres continuent à se focaliser sur des détails de tournage. La lumière qui décline pousse toute la troupe à tenter d’en finir au plus tôt, avant qu’un nouveau changement d’éclairage ne soit rendu nécessaire. Appelé à proposer un ultime conseil de lecture, Philippe Geluck file chercher le livre qui trône sur sa table de chevet: “La couleur des sentiments”. Il se lance dans un intéressant plaidoyer qu’il reprendra en partie face caméra. Sur le qui-vive le cameraman capture un autre échange entre Geluck et Thierry Bellefroid adossés au bar. Cela servira pour les images de coupe entre deux séquences. Le tournage reprend avec les “derniers pour la route” séquence qu’il faudra recommencer à cause d’une sonnerie intempestive. Thierry Bellefroid, fautif, rougit, et promet la tournée générale à laquelle ce type d’incident expose...


La Libre, Momento, Derrière l'écran, Livrés à domicile, Philippe Geluck, coulisses, tournagePhilippe Geluck, un hôte empressé

Enthousiaste et empressé, Philippe Geluck se déplace d’un point à l’autre de son atelier bruxellois afin de montrer sa table à dessin, son bureau, ses outils et la façon dont d’ordinaire, il travaille. Il est comme un enfant montrant ses plus beaux joujoux aux visiteurs de passage, prêt à recommencer à chaque fois qu’un nouveau visage se présente.

Pour l’heure, c’est son iphone et son mac qui lui apportent le plus de satisfaction et il passe de l’un à l’autre, montrant ses récentes applications pour la mise en couleurs ou l’animation, et la facilité avec laquelle il peut crayonner sur l’un ou envoyer un croquis vers l’autre, et vice-versa.

Depuis un an, j’ai développé une application qui permet à l’abonné de recevoir chaque jour un dessin inédit du Chat, plus des commentaires, de l’actu, de la musique, etc.” Le dessinateur-humoriste insiste doigt et sourcils levés : “pour la somme dérisoire de 75 cents”. Infatigable créateur, Geluck est aussi un redoutable bâteleur, aussi efficace que lorsqu’il s’agit de ciseler des jeux de mots ou de détourner des images d’Epinal…

Ce matin, on a tourné une première séquence dans ma bibliothèque de travail à l’étage. C’est une petite bibliothèque, puisque d’ordinaire je travaille plutôt dans ma maison à Bousval. Enfin, ça dépend de la saison. Quand il fait beau, c’est vrai que j’ai plus envie d’être en pleine verdure, même si il y a aussi une très belle luminosité, ici.”


Ph.: Johanna de Tessières

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