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19/11/2011

Un troisième poumon

La Libre, Momento, Autoportrait, Emmanuel Verstraeten, Rouge TomateEmmanuel Verstraeten est le créateur de Rouge Tomate, une enseigne qui propose un concept de cuisine santé. Implantée à Bruxelles depuis presque 10 ans, Rouge Tomate a vu naître une grande sœur, à New York, il y a 2 ans. Même concept, avec des produits locaux et de saison.


EMMANUEL VERSTRAETEN EN 6 DATES

29 juin 1967 : année de ma naissance.

Octobre 1988 : rencontre avec celle qui deviendra ma femme, Daria Nabokov. J’ai su d’emblée que c’était elle.

11 décembre 2001 : ouverture de Rouge Tomate à Bruxelles, la concrétisation d’un rêve.

15 septembre 2008 : réception des travaux d’aménagement du restaurant de New York… et faillite de Lehman Brothers. Prise de conscience aiguë de la précarité des choses.

5 octobre 2009 : obtention d’une étoile au Guide Michelin New York, la consécration de notre credo qui consiste à réconcilier gastronomie et santé.

Janvier 2012 : lancement d’une activité de conseil et de certification culinaires et nutritionnels (SPE) à l’intention des restaurants aux USA.


UN EVENEMENT DE MA VIE

Lorsque mon épouse m'a annoncé que j’allais être papa en avril dernier. Cela m’a rendu fou de joie. Cela m’a également donné une énergie incroyable, mis en route un troisième poumon 
Professionnellement, j’ai développé une organisation dans mon travail à faire pâlir de jalousie le plus fervent des tayloristes !
Naissance prévue aux alentours de Noël. Que du bonheur !


UNE PHRASE
“De minimis non curat praetor.”
Auteur inconnu, bien que certains attribuent cette citation à Jules César.
Cela signifie que le préteur (magistrat romain chargé d’organiser la tenue des procès) ne doit pas s’occuper des causes insignifiantes. Perfectionniste et soucieux des détails par nature, cette citation, utilisée comme mantra, m’a aidé à déléguer davantage à mes collaborateurs et à me concentrer principalement sur le “big picture”. Libératoire.


TROIS LIVRES

“L’alternative du diable”, de Frederick Forsyth
Ce roman haletant décrit la situation complexe d’un président des Etats-Unis fictif mis devant un dilemme effroyable, les deux solutions pour en sortir étant aussi inconcevables l’une que l’autre. J’y ai été sensible, parce qu’il arrive parfois qu’un chef d’entreprise soit confronté à ce genre de contexte délicat.

“Bel-Ami”, de Guy de Maupassant
Une plongée passionnante dans les coulisses du 4e pouvoir, dépeint ici comme une puissance qui légitime le politique et manipule l’opinion publique. Le pouvoir de la presse – un véritable levier à la fois créateur et destructeur – décortiqué par un écrivain qui en connaissait parfaitement les rouages. Cette force, je l’ai ressentie lorsque le prestigieux “New York Times” nous a réservé un accueil mitigé lors de l’ouverture de notre restaurant de New York. Le préjudice a été lourd, mais il nous a permis de rebondir et de décrocher une étoile au Michelin seulement 11 mois après l’ouverture.

“L’économie est une science morale”, d’Amartya Sen
Cet essai – signé par un ancien prix Nobel – a changé ma perception de l’économie. Dès les années 70, Sen a montré qu’il était possible de réconcilier économie de marché, profit, environnement et dimension sociale. C’est l’idéal que je m’efforce de suivre au jour le jour dans les entreprises que je dirige.


TROIS FILMS

“The Remains of the day”, de James Ivory
J’ai adoré la fidélité absolue de ce majordome – interprété avec une justesse totale par Anthony Hopkins – à son maître, peu importe la valeur morale de celui-ci. Nourri à l’“understatement” britannique, le film évoque également une histoire d’amour naissante qui n’aboutit jamais… pour cause de devoir.

“Shawshank Redemption”, de Frank Darabont
Bouleversant, intense et terriblement humain, ce film fait place à un duo de choc, Tim Robbins et Morgan Freeman. J’en retiens une extraordinaire histoire d’amitié dans laquelle deux êtres humains se bonifient l’un l’autre.

“Ratatouille”, de Brad Bird (Pixar)
Il s’agit de l’un des plus grands films gastronomiques de l’Histoire du cinéma ! Chaque chef aura la possibilité de se reconnaître dans le personnage de Rémy, le jeune rat qui rêve de devenir un grand cuisinier. Derrière son aspect caricatural, il s’agit d’un hommage à tous ceux qui dédient leur vie à la cuisine. A déguster sans modération…


TROIS LIEUX

New York, of course !
Ma seconde résidence. Sa lumière, son énergie, son homogénéité dans sa diversité, son odeur particulière, sa poésie, ses climats extrêmes… Cette ville donne autant qu’elle ne prend. C’est le lieu de tous les possibles. Aujourd’hui, New York est en passe de devenir la capitale de l’innovation culinaire. Bref, I love New York.

San Blas Islands, Panama, côte Atlantique
Il s’agit d’un archipel de 378 îles, entre récifs de corail et sable blanc, dont moins de cinquante seulement sont habitées. Elles abritent une ethnie de bout de monde, préservée du tourisme de masse : celle des Indiens Kuna qui vivent sur des pirogues et dont la culture est restée intacte. Un vrai rêve de Robinson aux allures d’eden retrouvé.

Val d’Anniviers, Suisse
Vissoie, Saint-Luc, Grimentz… des noms qui ont bercé mon enfance. Mon grand-père a été le premier étranger à acquérir un chalet dans ce coin montagneux. Je me souviens avec beaucoup de nostalgie des repas d’été pris à l’ombre du cerisier. J’y retourne chaque année, c’est presque un devoir de mémoire.


UNE DATE

15 septembre 2008
La faillite de Lehman Brothers et la crise financière subséquente… à moins d’un mois de l’ouverture du restaurant new-yorkais !


Ph.: Johanna de Tessières

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